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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 10:47

Paroles-de-poilus.jpgRésumé de l'éditeur

Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans. Se prénommaient Gaston, Louis, René. Ils étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, ouvriers ou bourgeois. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers... Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures... Des mots écrits dans la boue et qui n'ont pas vieilli d'un jour. Des dessins chargés d'émotion qui marqueront les esprits. Des témoignages déchirants qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire, au devoir de vigilance comme au devoir d'humanité... Agrémenté d'une nouvelle préface de Jean-Pierre Guéno et de six pages de fictions inédites, ce docu-réalité en couleurs nous transporte au coeur des tranchées pour découvrir de l'intérieur l'horreur de la guerre, mais aussi et surtout la lucidité de ses principales victimes.

 

En quelques mots

 

Ce recueil de lettres illustrées, traite de l'incompétence de la haute hiérarchie militaire française pendant les premières années de la guerre, de son manque d'humanisme, révélé par la parole individuelle des Poilus disant le vrai poids de leurs souffrances. Une vingtaine de dessinateurs de bande dessinée contemporains ont adaptés l'une des vingt plus belles lettres  de Paroles de Poilus, décrivant les scènes de son martyre. Les lettres sont classées de façon thématique. Premier été, saison du départ et du baptème du feu, automnes, saisons ensanglantées, saisons de la mort et du pourissement. Hivers, saisons des tracas de la nature, des maladies, des problèmes d'intendance, de la vermine, des brimades hiérarchiques. Printemps, saisons du cafard et de la nostalgie. Etés, saisons des amours à distance, des aveux contrariés. Dernier automne, saison des ultimes boucheries et de la paix qui revient.


Henri aimé Gauthé fait de lui un autoportrait, Maurice Drans décrit l'éparpillement macabre du cimetière sans croix, sans couverture, les gisements épars de cadavres inombrables, sans sépulture et sa vie dans l'horreur et le froid. Désiré Edmond Renault, le 22 aout 1914 décrit les balles qui pleuvent et les blessures, les fusillades au beau milieu de la nuit, l'odeur du sang, l'intervention de la croix rouge et le soin des blessés sous les bombardements, Il est fait prisonnier, installé dans un wagon à bestiaux et doit quitter la France. Jacques Ambrosini, le 19 mai 1915 fait état des bléssés que l'on achève sur place, des desertions. René Jacob parle des cadavres qu'on recouvre de chaux, de leurs figures grimaçantes, de leurs attitudes contorsionnées, du pillage des maisons. Henri Aimé Gauthé décrit les permissions, le repos du guerrier, vautré dans la fange. Marcel Garrigue parle d'exécution et de peloton. Raymond Rollinat décrit un bal dans la buvette d'une gare avant l'ultime départ des poilus. Martin Vaillagou écrit à son fils et renonce à lui envoyer des trophées de guerre leur substituant de petites fleurs de primevère. Maurice Drans se montre nostalgique et pense à son bonheur familial passé. Louis Bloch conteste une facture de compteur à gaz.. 

 

A la lecture de la correspondance des Poilus, Pétain a changé de stratégie et a choisi un soldat inconnu pour l'immortaliser en hommage à tous les Poilus, inhumé sous l'Arc de Triomphe.

 

C'est un recueil remarquable à lire absolument. L'émotion passe, à la fois pudique et humaine, l'essentiel est dit. Ce collectif ne laisse pas indifférent. Les dessins illustrent remarquablement les horreurs décrites.

 

Editions Librio, 2006, 78 p.

 

challenge histoireJe participe au challenge Histoire organisé par Jelydragon

 

 

 

 


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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 21:04

verdunRésumé de l'éditeur

"La guerre 1914-1918 a été gagnée à Verdun", disait le général de Castelnau. Quoiqu’il en soit, pendant 300 jours et 300 nuits, Verdun a tutoyé l’histoire de France, d’Allemagne et, au-delà, de l’Europe et du monde, une histoire faite de grandeur et d’abjection, de beauté et d’horreur, d’héroïsme et d’abnégation, mais aussi de boue, de sécheresse, de chaleur, de froid, de faim, de soif, d’odeurs insoutenables. Tout y a été démesuré : les méthodes employées, les moyens utilisés, tant humains que matériels, les bilans. Jamais jusque-là deux camps ennemis s’étaient combattus avec autant de pugnacité, de hargne, de volonté, de conviction, de peur, d’angoisse, sur si peu d’espace, aussi longtemps, dans de telles conditions, pour si peu de résultats, du moins en apparence. Les objectifs allemands étaient de réduire le saillant de Verdun et prendre la ville. Les Poilus, individuellement et collectivement, par leur héroïsme, conscient ou non, fruit de sacrifice, de volonté têtue, d’intelligence, d’imagination, d’adaptation, en ont fait le tremplin du sursaut de l’armée et, au-delà, de la France qui devait les conduire à la victoire. Les causes, la nature, l’expression de cette confrontation expliquent que, à l’heure actuelle dans les consciences allemandes et françaises, Verdun ait ce statut si particulier et soit resté "la bataille" de la Première Guerre mondiale.

 

En quelques mots

Un mot d'abord sur l'introduction de cette BD que j'ai trouvée remarquable. Au delà des conséquences humaines désastreuses de la bataille de Verdun, qualifiée d'"incroyable bataille boucherie", ce texte analyse en effet la rupture entre deux conceptions philosophiques et stratégiques de la guerre, et aborde la bataille sous l'angle des moyens militaires utilisés, fantassin, côté français, artillerie côté allemand. Le combattant qui refuse dans un premier temps de cesser le combat, se veut "héritier de la patrie et fils de la nation". Le sacrifice consenti par tous parvient à réunir les deux Frances qui ne se parlent plus depuis la Révolution. Nombreux sont ceux qui dénoncent la folie de cette bataille et de la guerre. Mais pour le Poilu, l'essentiel est la résistance, volonté populaire sur laquelle le Haut commandement s'est appuyé.

 

Les trois premières planches rappellent les circonstances du déclenchement de la guerre,  à partir  du 28 juin 1914, date de l'attentat, à Sarajevo contre l'archiduc François-Ferdinand et sa femme. Les auteurs décrivent les étapes de la mondialisation du conflit, l'évolution des formes de la guerre, de la stratégie employée par les différentes forces en présence et l'adaptation de l'équipement des combattants à cette stratégie, sur terre et sur mer. Ils dépeignent l'effort des français sous le commandement du Général Joffre, qui tente en vain de percer les lignes allemandes, en Champagne, en Artois, dans les Vosges. Dessins et cartes illustrent les évènements, les situations et les manoeuvres décrites. La guerre de mouvement devient une guerre de position.

Puis le récit se concentre sur l'histoire de la ville de Verdun, ses origines, connues à la fin du IIIème siècle, sa situation routière et géographique et les étapes de son entrée dans l'Histoire : traité de Verdun en 843, rayonnement politique, artistique intellectuel et militaire au centre d'un dispositif de surveillance des frontières sous les capétiens, sa situation dans le Royaume de France sous Henri II et jusqu'à la Révolution Française. La ville est investie par les Prussiens en 1792 puis en 1870 et se retrouve sur la frontière allemande après la cession de l'Alsace Moselle par le traité de Francfort en 1871. Verdun est devenue "l'avant-garde de la France". Dès le début des conflits, elle joue un rôle de premier ordre.

  Le 21 février 1916 correspond à la première offensive allemande à Verdun. Les auteurs racontent le déroulement de la bataille, les bombardements intenses et méthodiques des allemands, destinés à désorganiser les lignes françaises, le rôle de l'aviation allemande, les destructions massives. Les troupes d'assaut avancent sur les lignes de front et les services de santé sont débordés. L'avancée allemande semble inéxorable ; les allemands prennent le fort de Douaumont. Pétain est alors convoqué par le Général Joffre. Il préconise l'usage de l'artillerie et de l'aviation. Les pilotes entrent dans la légende. Mais les pertes françaises sont énormes et les soldats doivent aussi subir les poux, les puces et les rats. La détérioration du moral des troupes est telle que Joffre se rend à Souilly. Attaques et contre-attaques se succèdent, les obus à gaz toxiques tombent toutes les cinq secondes. Les allemands prennent le fort de Vaux. Les desertions, abandons de poste, réditions, mutineries se multiplient. certains soldats sont fusillés pour l'exemple. La dernière offensive allemande se solde par un échec ; les troupes françaises progressent au prix de pertes énormes et reprennent Vaux. Le 18 décembre 1916, la bataille de Verdun est finie. Le bilan humain est désastreux : 163.000 morts côté français, 143.000 côté allemand.

 

Ce texte destiné aux enfants à partir de 11 ans est fidèle aux évenements historiques. Les dessins sont assez traditionnels, pas d'effet particulier, pas de fioriture. Les auteurs utilisent un style sobre et efficace qui retranscrit les données de manière intelligible et synthétique. Ils abordent la guerre sous différents aspects de la stratégie militaire aux costumes, en passant par les moyens d'armement et la vie quotidienne du Poilu. Cet aspect aurait  toutefois pu être davantage exploré, il n'est que survolé. Je suis ravie de cet achat effectué au salon du livre qui je l'espère aidera mon garçon à intégrer cette partie du programme d'Histoire de son année de 3ème.

Albverdun1_14072009_163359.jpgEditions Reynald Seycher, 2008, 48 p.

 

challenge histoire-copie-1Je participe au challenge Histoire organisé par Jelydragon

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 08:21

le-ciel-au-dessus-du-louvre.JPGRésumé de l'éditeur

C'est l'histoire d'un tableau, au temps de la Révolution française. Celle du portrait de l'Etre suprême, commandé par Robespierre à David. Un tableau qui ne sera jamais peint. C'est aussi l'histoire d'une autre oeuvre, que le peintre laissera inachevée : le portrait de Bara, un jeune éphèbe de 13 ans, martyr de la République.

De l'inauguration du musée du Louvre à la fête de l'Etre suprême, d'aôut 1793 à la mort de Robespierre, c'est aussi l'évocation écrite et dessinée en vingt "tableaux" urgents, eux aussi inachevés, d'un face à face entre deux acteurs majeurs d'une Révolution trop pressée.

Jean-Claude Carrière avait déjà abordé le sujet de la Terreur sous la Révolution dans le film Danton de Wadja. Pourtant, son regard, confronté à celui de Bernard Yslaire, renouvelle le sujet. Robespierre apparait à la fois éclairé et perdu, tandis que David accomplit son destin : celui d'un peintre tiraillé entre engagement politique et ambition artistique.

Le Ciel au dessus du Louvre est une plongée fascinante dans la Révolution française sous l'angle, inédit, de sa représentation, au sein même d'un atelier d'artistes.

 

Mon avis

Ce livre est divisé en 20 chapîtres, comme autant de tableaux. Pendant la Révolution, après la mort de Marat, le peintre David propose à la Constitution de faire son portrait posthume, dans un élan patriotique. Avec  son ami Robespierre, il commente les détails de ce tableau et remarque que le ciel est vide.

Au début du mois d'août 1793, un jeune slave, Jules Stern, arrive à Paris et cherche David qu'il croise pour la première fois le 8 août 1793, lors de l'inauguration au Louvre du musée de la Nation. L'art de la République, patrimoine de la liberté, prend alors la place des chefs d'oeuvres de l'Ancien Régime. David, peintre officiel, siège aussi au comité de sûreté qui envoie les inculpés devant le tribunal révolutionnaire. Jules, ce garçon au visage angélique, vient y dénoncer sa mère, allégorie de la Nation.

De vives discutions aboutissent à la reconnaissance de la Raison comme sorte de divinité. Au cours de cette période troublée, la convention qui est menacée décrète aussi la Terreur. Dans son atelier au Louvre, David enseigne, reçoit ses modèles dans ce climat particulier de délation et crée des supports artistiques de l'idéologie révolutionnaire.

Au club des cordeliers, Danton et Robespierre débattent de la liberté de culte. Robespierre, pour mieux lutter contre le christianisme,  passe commande à David d'un portrait de l'Etre suprême, incarnation de l’aspiration à la spiritualité. A la convention nationale, David reçoit une nouvelle commande, celle du portrait du jeune Bara, martyr de la République. Pour mieux se recueillir, l'atelier de David est fermé au public et il recherche le modèle qui lui permettra de peindre ces tableaux.

Il recrute Jules et, peu à peu, une complicité s'installe entre eux. Progressivement, il élabore son tableau. Danton est arrêté puis Jules est dénoncé. David se précipite pour libérer son modèle au pied de l'échafaud et c'est le corps et la tête retrouvés dans la fosse commune que, recousus, il continuera de peindre. Le 08 juin 1794, a lieu la fête de l'Etre suprême mais le tableau n'est pas prêt. La convention vote la mise en accusation de Robespierre. La fête en l'honneur du jeune Bara n'a finalement pas lieu et son portrait reste inachevé. David, dénoncé et finalement amnestié, propose à Bonaparte de faire son portrait.

Ce livre retrace remarquablement le climat de précipitation, de terreur et de passion qui régnait alors, les déchirements de David entre Art et devoir politique. Le graphisme est beau, précis et sobre. Les couleurs, parcimonieusement utilisées, sont chaudes et chatoyantes. Les auteurs proposent un point de vue  artistique très original sur la Révolution française. Je remercie Alex mot-à-mots qui me l'a fait parvenir.livre voyageur

 

le-Ciel-au-dessus-du-LouvreExtrait02.jpg

Editeur : Musée du Louvre Editions et Futuropolis, 2009, 66 p.

 

Je participe au challenge ABC 2010

ABC challenge 2010

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