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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 21:50

je-t-appelerai-Baina.gifRésumé de l'éditeur

Petite-Fille et Dalaan sont nés en Mongolie, le même jour. Amis à la vie, amis pour toujours, vient le temps où Dalaan doit partir à cheval avec les hommes. Mais Petite-Fille est prête à bousculer les traditions pour le rejoindre, mériter la confiance de son père...et se gagner un vrai prénom.

 

En quelques mots

Khanty a déja trois filles et espère la naissance d'un garçon. Lorsque sa quatrième fille nait, il refuse de l'appeler autrement  que Petite-Fille. Tchemek, l'ami de Khanty,  a trois fils. Il appelle son quatrième garçon Dalaan. Les deux enfants grandissent ensemblent dans la steppe. Dalaan appelle Petite Fille Baïna, ce qui signifie "il y en a", après avoir assisté  au rassemblement d'un troupeau. Bientôt, Dalaan a l'âge de partir avec ses frères rassembler les chevaux. Au cours d'un cérémonial, son père décide de lui couper les cheveux. Il revêt alors une tunique neuve brodée par sa mère. Lorsqu'entre hommes, ils partent tôt le matin, Baïna les suit et leur apporte le déjeuner oublié par Dalaan puis retourne à la maison. Elle les rejoint le soir et leur apporte les couvertures de pluie. Quand l'orage s'abat sur la steppe, les hommes n'ont plus le temps de rentrer et Baïna s'endort près de son père, épuisée. Le lendemain, les adultes mènent le troupeau. Dailaan et Baïna capturent un poulain vif et agile et Baïna rend son père si fier que le soir, sous la tente, il la revêt d'une belle tunique brodée.

 

C'est une histoire poétique, qui fait voyager le jeune lecteur à travers la steppe Mongole. C'est une histoire d'amitié, un exposé sur les traditions que Baïna est prête à braver pour impressionner son père et gagner sa confiance. Les dessins sont splendides, en particulier les broderies, les couleurs, vert, violet, or, jaune ou grenat agréementent l'album.

 

Editions Sarbacane, 2003

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 17:06

la-prehistoire.gifRésumé de l'éditeur


Quand la vie est-elle apparue sur Terre ? Combien de temps les dinosaures ont-ils vécu ? Quel insecte était aussi gros qu'un oiseau ? Qui étaient les homo sapiens ?

 

En quelques mots


L'album définit la préhistoire, de la naissance de la Terre jusqu'à l'invention de l'écriture il y a 5500 ans. Les outils les armes, les squelettes et les fossiles, étudiés à la fin du XVIIès donnent des informations sur les hommes préhistoriques, les plantes, les animaux. Il retrace l'évolution des êtres vivants, cellules, vers méduses, anémones de mer. Les poissons apparus il y a 500 millions d'années, sans machoires ni nageoires, se nourissaient de minuscules animaux. Il y a 400 millions d'années, de féroces requins parcouraient les océans. Les scorpions de mer pouvaient atteindre 2 m de long. Les plantes fossilisées (420 millions d'années) ont permis aux animaux de se développer. Lorsqu'elles ont poussé sur les continents, certaines espèces de poisson ont commencé à avoir des poumons pour respirer et se sont transformés en animaux terrestres, à quatre pattes. Du charbon s'est formé à partir des débris des forêts préhistoriques. Vers la fin de cette période carbonifère, des reptiles sont apparus dans les régions sèches. Les archosaures, ancêtres des dinosaures sont apparus il y a 240 millions d'années. les derniers dinosaures se sont éteints il y a 65 millions d'années. Ils n'avaient pas d'ailes contrairement aux preptosaures. Les plantes à fleurs sont apparues il y a 140 millions d'années, magnolias, figuiers. Les premiers mammifères sont apparus il y a 220 millions d'années, insectivores à fourrure. Les premiers d'entre eux pondaient des oeufs puis donnèrent naissance à des petits, vivant dans la poche de leur mère. Les dinosaures auraient disparu après la chute d'une météorite de la taille d'une ville sur la Terre, créant d'immenses nuages de poussière et masquant le soleil. Les mammifères ont continué de se développer, chauves souris, baleine, anancus, chevaux, félins à dents de sabre.

 

Il y a 4,5 millions d'années, des êtres vivants ressemblant à l'homme les australopithèques sont apparus. Le squelette de Lucy a été découvert en Afrique en 1974. Les Homo habilis furent les premiers à utiliser des outils. Homo erectus est apparu il y a environ 1,9 millions d'années. Il s'est déplacé hors de l'Afrique vers le Nord, l'Europe et l'Asie. Les Homo sapiens, homme sage, sont apparus en Afrique il y a environ 200.000 ans. L'ère glaciaire a débuté il y a environ 2 millions d'années. la Terre a commencé à se réchauffer il y a 12.000 ans. Les hommes vivaient dans une caverne, des huttes. L'agriculture est apparue il y a environ 10.000 ans. Les hommes ont construit des villages puis des villes. La préhistoire se termine avec l'invention de l'écriture.

 

Cet album qui s'adresse aux enfants entre 6 et 9 ans est riche d'informations, d'exemples et d'illustrations variées, plus ou moins réalistes, parfois humouristiques. Il se présente sous la forme de réponses aux questions que l'on peut se poser sur la période à cet âge. Il est assez complet et prépare bien les enfants à aborder cette période en classe de CE2.

 

 

Je participe au challenge histoire organisé par Jelydragon

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 10:43

les-chevaux-copie-1.gifRésumé de l'éditeur

Reconnais les différentes races, découvre les secrets d'un bon harnachement. Apprends à soigner et monter "la plus noble conquête de l'homme". Découvre les chevaux de légende : Pégase, odin, le cheval à huit pattes... Et visite une écurie en pleine effervescence grâce à un spéctaculaire dépliant de quatre pages.

 

En quelques mots

Cet album présente la famille, les instincts, la morphologie, les allures et les différentes robes du cheval. Un chapitre est consacré à l'équitation, de l'équipement aux soins. Il retrace l'histoire du cheval dans la mythologie, la guerre, les transports et le travail et présente son utilité contemporaine. Enfin, il donne quelques repères sur les races.

 

On y apprend que l'histoire du cheval remonte à des millions d'années, de l'état sauvage, mustangs, chevaux de camargue jusqu'à leur domestication depuis le IVè millénaire. Appartenant à la famille des équidés, comme les zèbres, les ânes ou les mulets, ils viennent d'Amérique et ont migré vers l'Asie et l'Afrique. Des chevaux de taille inférieure se sont répandus à travers l'Europe. L'album présente les instincts du cheval et ses émotions, notamment la peur ainsi que ses comportements, ses expressions, sa morphologie, ses quatres allures naturelles : le pas, le trot, le galop rassemblé, le galop allongé, ses robes qui lui servait de camouflage.

 

On y apprend à s'équiper, gants, bottes, tenue de loisir et de sortie, jodhpurs, bombe, autrement qu'au XVIIIè siècle. On y découvre les accessoires de harnachement, rênes, selle, mors, martingale empêchant le cheval de lever la tête, étriers. Le mode de vie du cheval et les soins à lui apporter sont aussi présentés, son environnement, porte, clôture, abri, eau, compagnie, herbe et plantes toxiques, écurie, taille du box, ventilation, sol, têches quotidiennes de nettoyage, tonte, nattage et couverture, pansage. L'auteure donne de nombreux conseils sur le matériel, étrille, brosse, graisse à sabot, peigne, cure pieds et sur la façon de l'utiliser. Le régime alimentaire est également développé. L'auteure donne des repères sur les principales maladies et les signes de santé que le cheval doit présenter.

 

De tous temps, les chevaux ont occupé une place privilégiée auprès de l'homme, il a souvent été objet de sa vénération, symbole de richesse, de puissance. Les chevaux ont modifié la façon de faire la guerre. L'auteur présente la cavalerie, la guerre de Secession, la guerre de 1914. Signe d'appartenance à un rang social élevé ils furent utilisés dans les transport jusqu'à l'apparition de l'automobile. Ils ont aussi aidé l'homme à retourner la terre ou à faire tourner les moulins, à acheminer les matières premières. Aujourd'hui, la compétition est un monde exigeant.

Là encore, les illustrations sont nombreuses et variées.

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 09:48

les-chiens.JPG 

Résumé de l'éditeur

Découvre les ancêtres des chiens domestiques et leur histoire. Distingue les différentes races, leurs caractéristiques et les grands types de chiens, de chasse, de garde... Apprends aussi comment choisir et élever ton chien, avec des conseils pratiques. Suis-le dans sa vie quotidienne pour comprendre ses attitudes, son langage. Retrouve les chiens célèbres au fil des siècles.

 

En quelques mots

Cet album présente les canidés et leur évolution, les différentes races de l'espèce, les modalités de choix, de soins et d'éducation, les mythes et légendes et donne quelques points de repère sur les chiens célèbres et les races.

 

On y apprend en particulier que les races sont adaptées à des rôles précis. L'origine des canidés remonte à 60 millions d'années et  leurs descendants sont devenus de véritables canidés il y a 7 à 5 millions d'années. La famille des canidés est divisée en 35 espèces, les cousins sauvages du chien domestique, le loup, le renard polaire, ou le chacal par exemple occupent presque toutes les régions du monde.Le chien est le plus vieux compagnon de l'homme, utilisé pour ses talents de chasseur. Le loup, son ancêtre apprivoisé a évolué dans son caractère et son aspect. L'auteur présente l'anatomie de ce chasseur et la diversité des pelages, des oreilles et des queues. Les sens sont explicités.

 

Les caractéristiques physiques des races ont été fixées au XIXème siècle et développées selon l'usage et les fonctions, chasse, sauvetage, arrêt, garde de troupeau, protection de la famille, attelage, guide d'aveugle et assistance, agréement.

 

L'album donne aussi quelques conseils pour prendre soin de son chien, l'emmener chez le vétérinaire, le choisir, le nourrir, l'exercer, le toiletter, le comprendre, l'éduquer, le faire concourir. Les légendes autour du chien et sa place dans l'imaginaire est également abordé, dans l'art, en littérature, au cinéma.

C'est un album assez complet très bien illustré par de nombreux dessins.

 

Editeur : Nathan, 1999, 63 p.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 13:19

les-contes-du-poulailler.gifRésumé de l'éditeur

Irma bec-en-l'air est la poulette la plus drôle du poulailler. Avec ses amis, le canard bleu, Nestor le coq blanc, et Plume de carotte, son poussin, irma va vivre des aventures, et lutter contre les commérages, les moqueries et les injustices.

Trois petits contes joyeux et tendres pour dire joliment le droit à la différence.

 

En quelques mots

 

Les contes du poulailler regroupe trois contes, Irma-bec-en-l'air, le poulailler blanc, plume de carotte. Ils traitent de l'exclusion, de l'amitié, du droit à la différence, de l'exil et du retour.

 

Irma n'est pas une poule comme les autres, elle n'a pas les mêmes intérêts, elle ne respecte pas les mêmes codes que les autres mais elle n'est pas provocante et les colères dressées contre elle la peine. Nestor est son ami. Il la suit et la console lorsqu' elle est exilée et rejettée par le nouveau groupe de volailles qu'elle tente d'approcher. Elle est pourtant très douée et Nestor en est fou. Lorsqu'elle pond son premier oeuf, elle défend son petit des commérages et des méchancetés et, convaincue de ne pouvoir s'épanouir en famille à la campagne, elle rejoint la ville. Elle  y triomphe avec Nestor et son petit Plume de carotte avant de revenir au poulailler d'origine, accueillie en famille.

 

Ce petit recueil qui s'adresse aux enfants à partir de 3 ans est joliment illustré. Les couleurs sont le roux, le bleu, le jaune, le vert ou le blanc. Les dessins sont vivants.

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 12:55

A la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine

Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventure policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thieville et l'avenue des Ternes

 

Extrait de Zone-Appolinaire, Alcools (1912)

 

Appolinaire est un poète français, né russe à Rome. Il a rédigé de nombreux poèmes dont son recueil Alcools, de 1898 à 1912. Il a écrit quelques calligrames, ces textes prenant la forme d’un dessin généralement en rapport avec le sujet du texte et a été très influencé par le cubisme de Picasso. Il a participé à la première Guerre Mondiale durant laquelle il a été blessé par un obus. Il est décédé en 1918 de la grippe espagnole.

Zone est extrait du recueil Alccols, recueil de poèmes modernes. Il ouvre le recueil pour servir de prologue à l'oeuvre. La forme poétique est nouvelle, les vers sont libres, non réguliers, les rimes sont pauvres, certains sont détachés, le vocabulaire est familier, il n'y a pas de ponctuation ce qui assure le flux mélodique. Les repères sont brouillés, il n'y a pas d'ordre logique. Le poète s'exprime à la première personne et personnifie le christianisme qu'il tutoie.

Le poète fait l'éloge du changement, de la modernité, auxquels il oppose l'antiquité. Il évoque le machinisme, les automobiles et les avions et incite à écrire sur le présent et sur le quotidien.  Il évoque la rue et ce qui s'y lit, les affiches, les prospectus, la littérature moderne, la prose populaire, les inscriptions des enseignes et des murailles. Le paysage sonore est dissonant. Seul le christianisme évoque la continuité dans le temps, la perennité. L'Eglise guide les hommes à travers les époques. Mais il n'est pas très pratiquant et il exprime sa honte d'entrer dans une église, ses doutes, sa culpabilité. C'est une réflexion désabusée sur le poids des traditions. Le poète lui-même instable, en crise est en quête de renouveau. Le sacré et le profane sont mélés, le christianisme et la poésie.  La tour Eiffel, édifiée en 1889 pour célébrer le centenaire de la Révolution, allégorie de la Révolution industrielle, est le symbole de la modernité, d'une esthétique nouvelle.Le poème donne l'image d'une civilisation en train de se transformer.

 

Télécharger Alcools gratuitement en ebook

 

-Guillaume Apollinaire

Une idée originale de Celsmoon

La liste des participants est tenue par Bookworm

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 16:01


« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » François Rabelais

 

« Le rire est le propre de l'homme » 

 

François Rabelais

 

 

 

le jeudi c'est citation-copie-1

une idée de Chifonnette

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 09:42

gogol.jpg

En quelques mots

 

Le nez et Le manteau sont deux nouvelles fantastiques écrites en 1832 et 1840 et publiées en 1843 dand les Œuvres complètes de Gogol, parmi les nouvelles du recueil intitulé Les nouvelles de Petersbourg. Totalement invraisemblable, le déroulement de ces histoires est ponctué de rebondissements cocasses et incongrus

 

Le nez

 

Ivan Yakovlevitch, barbier et ivrogne broussailleux, peu précautionneux et d'allure douteuse, prend son petit déjeuner. Il découvre dans les petits pains cuits par sa femme, un nez qu'il reconnait comme étant celui de Kovaliov, assesseur du collège. Sa femme refuse qu'il le conserve chez lui et, craintif, il tente de s'en débarrasser en le jetant dans un trou de berne. Il se dirige vers le pont Isaac mais il est pris sur le fait.

 

L'assesseur du collège découvre quant à lui qu'il a perdu son nez et s'en plaint au maître de police. Il croise un homme en uniforme avec bicorne et galon de conseiller d'Etat et reconnait son propre nez ! Mais il le perd dans la foule et envisage de recourir à la presse et de publier une annonce descriptive. Ses démarches sont infructueuses comme celles qu'il entreprend chez le commissaire du quartier. Il est persuadé que Mme Podtotchine est responsable de sa mésaventure. Elle veut qu'il épouse sa fille et lui, ne veut pas d'engagement définitif. Son nez est finalement retrouvé. Il lui est remis enveloppé dans un papier mais il ne peut le remettre en place. Le médecin qu'il consulte lui recommande de le conserver dans un bocal et de le vendre. Désemparé, il écrit à Mme Podtotchine mais sa réponse lui fait abandonner ses accusations. Finalement, le nez se retrouve subitement à son ancienne place ce qui le réjouit et le motive à se montrer partout, à la promenade comme au théâtre.

 

Le manteau

 

Dans un ministère, Alaki Akakievitch Bachmatckine est employé copiste, un homme sans distraction. Le froid piquant le fait s'interroger sur le piteux état de son manteau, qui prend à certains endroits la transparence de la gaze et déjà rapiécé. Le tailleur Petrovitch l'invite à en acheter un neuf. Akaki qui ne peut se résoudre à changer de manteau pense que cette proposition  est un effet de la mauvaise humeur du tailleur et il revient en vain le dimanche suivant. Il ne sait pas où trouver l'argent nécessaire et se résout à réduire ses dépenses pendant une année. Dés lors, il rêve de son manteau. Une fois la somme réunie, il achète avec Petrovitch un drap de premier choix, de la doublure en calicot. La confection prend deux semaines. La sensation du manteau neuf sur ses épaules le plonge dans un immense ravissement. Ses collègues le complimentent et le sous chef de bureau donne pour lui une soirée en l'honneur du manteau durant laquelle il parade et s'en réjouit. Mais lorsque tard dans la nuit, il rentre chez lui, il fait une mauvaise rencontre. Des individus moustachus le dépouillent de son manteau sous le regard absent d'un garde de ville qui lui recommande de s'en plaindre au commissaire. Cette affaire de vol émeut presque tous ses collègues. Il se résout à en parler à un personnage important, extérieur à son service, à qui l'on ne peut en principe s'adresser que par la voie hiérarchique. Il est alors "tancé vertement" et tombe malade. A sa mort, la rumeur du spectre d'un fonctionnaire apparaissant la nuit pour reprendre son manteau volé inquiète les passants qui se font dépouiller, jusqu'à ce que le haut fonctionnaire en fasse personnellement les frais.

 

Ces nouvelles seraient peut-être des récits de rêves. Une anecdote, entendue au début des années 1830 pourrait  aussi être une source du Manteau. Un fonctionnaire se serait en effet acheté un fusil, au prix de grandes économies et l'aurait accidentellement perdu en barque dès sa première partie de chasse. Il en serait tombé malade et n'aurait été sauvé que par la compassion de ses collègues qui se seraient cotisés pour le dédommager.

 

Gogol a composé ces nouvelles, Gogol malgré la censure. Parmi les passages supprimés il s'en trouve deux qui évoquent la corruption des personnes de l'administration. Le nez a connu aussi plusieurs versions. Dans Le Manteau, le narrateur évite de nommer le Ministère concerné.

 

L'absurde, l'insensé, le grotesque, sont preque omniprésents dans Le nez comme dans Le manteau, à travers le sujet, la description des scènes, le langage désopilant des personnages, leur rapport au travail ou à l'administration. Le nez qui parfois tient dans un mouchoir de poche, laisse la place à un vide énorme sur le visage de son propriétaire Il disparaît, réapparaît et tantôt porte les attributs du commandement supérieur, un bicorne à plumes blanche, un uniforme brodé d'or, un pantalon de chamois, une épée au côté. Le nez est isolé dans sa singularité, isolé du reste du visage. Les phrases sont courtes, exclamatives. Les descriptions des expressions du visage, des attitudes sont  fréquentes et visuelles. Les comportements du barbier sont grossiers : il fourre ses doigts dans le pain, se frotte les yeux ; il est confus, limité. Les personnages sont piteux, misérables, la critique sociale évidente, entre  alcoolisme, pauvreté, apparences, corruption, hiérarchie et pouvoirs écrasants de l'administration. 

 

 

Editions Gallimard, 2010, 168 p.

 

AnneeRussie2011

 

Je participe au challenge une année en russie édition 2011 organisé par pimpi 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 07:56

"Je hais les gens nuls et impuissants ; ils me gênent. Ils ont brûlé mon sang et brisé mes nerfs. je ne sais rien de plus irritants que ces brutes qui se dandident sur leurs deux pieds, comme des oies, avec leurs yeux ronds et leur bouche béante. Je n'ai pu faire deux pas dans la vie sans rencontrer trois imbéciles, et c'est pourquoi je suis triste. La grande route en est pleine, la foule est faite de sots qui vous arrêtent au passage pour vous baver leur médiocrité à la face. Ils marchent, ils parlent et toute leur personne, gestes et voix, me blesse à ce point que je préfère comme Stendhal, un scélérat à un crétin. Je le demande. Que pouvons nous faire de ces gens là ?"

Emile Zola, Mes haines, préface.

 

le jeudi c'est citation-copie-1

Une idée de Chiffonnette

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 22:10

les grandes viesRésumé de l'éditeur      


 

Grand manipulateur, figure trouble, Joseph Fouché (1759-1820) fut l'un des individus les plus riches et les plus mystérieux de son époque. Homme puissant aux multiples visages, il sert tour à tour une idéologie puis son contraire. face à ce parcours obscur, c'est toute une réflexion sur l'essence de la politique qui se dessine. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En quelques mots .

Fouché est une biographie de Stefan Zweig, parue en 1930. Sans être un document historique, - on sait avec quelle suspicion l'Histoire regarde ce genre - elle se situe au carrefour de l'Histoire, de la littérature, de la psychologie. Remarquablement documentée, cette biographie rend compte du personnage de Fouché de manière érudite et globale. On sent dans ce texte l'influence de la psychanalyse. C'est un texte rigoureux, sophistiqué et  dont l'écriture  efficace nous entraîne à la découverte de ce personnage froid et sans passion, multi millionnaire, amoral et redoutable.


 


 

 

A 20 ans, Joseph Fouché né à Nantes le 31 mai 1759, porte l'habit écclésiastique et la tonsure. Il partage la vie monacale des Oratoriens mais ne prononce pas de voeux. Il enseigne et apprend la technique du silence, l'art de la dissimulation, la maîtrise dans l'observation et la connaissance des âmes, la discipline et la domination de soi-même, ces instruments psychologiques qui seront caractéristiques de son comportement par la suite. A partir de 1778, il s'interesse aux grands débats sur les droits de l'Homme et aux sciences. Il entre en relation avec les milieux intellectuels et rencontre Maximilien de Robespierre, avocat ambitieux. Il quitte la soutane et fait des discours politiques ; il devient président des "Amis de la Constitution" à Nantes. Il épouse la fille d'un riche marchand et se présente aux élections à la Convention. En 1792, il est élu député. Il a 33 ans.





   

 

Stefan Zweig analyse les forces politiques en présence. Après la conquête de la Constitution, les bourgeois défendent les résultats acquis derrière Condorcet, Roland et les Girondins modérés, représentants des intellectuels et de la classe moyenne. Ceux de la "Montagne" veulent pousser plus loin la vague révolutionnaire,  renverser l'argent et la divinité derrière Marat, Danton et Robespierre, chefs du prolétariat.    Joseph Fouché prend parti auprès des Girondins modérés. Il refuse tout pouvoir public et acquiert dans l'ombre l'intelligence des choses et de l'influence sur les évenements. Le 16 janvier 1793, la Convention se prononce sur la vie ou la mort de Louis XVI. Sous l'influence de la pression des émeutes populaires, Fouché vote la mort. Puis il fait volte face. Se plaçant toujours du côté du vainqueur, il se rallie aux révolutionnaires et, au mépris des hommes, dépose de violentes motions contre les émigrés et les prêtres. La Convention, pour accélérer le rythme de la Révolution en province, choisit en son sein vingt députés chargés de représenter sa volonté. Fouché établit un programme socialiste révolutionnaire et lutte dans le département de la Loire inférieure contre les plus fortes puissances de la France, la propriété privée et l'Eglise.  Il supprime le célibat, ordonne aux prêtres de se marier ou d'adopter un enfant, il prononce des sermons athées et abolit les cérémonies chrétiennes des enterrements. Il introduit le baptême civil. Il envoie à Paris le produit de ses pillages d'églises.


       

A ce moment, la révolte de Lyon exige un homme résolu. Dans cette capitale industrielle de la France, le contraste social est tranchant. Les ouvriers forment une masse prolétarienne opposée à l'esprit royaliste et capitaliste des industriels. Chalier qui représente les Jacobins, la masse des ouvriers et des sans-travail, est exécuté de la manière la plus cruelle. Une proposition de la Convention vise à détruire la ville pour donner aux autres un avertissement. Couthon, partisan de la clémence est remplacé par Callot d'Herbois et Joseph Fouché qui n'a sur la conscience aucune exécution politique.  A Lyon, il pratique en série le massacre  par la mitraille par peur de déplaire comme modéré. Chalier est honoré comme un martyr de la liberté dont le supplice doit être vengé. Joseph Fouché organise une cérémonie blasphématoire. Un tribunal révolutionnaire est crée. Après les massacres, les cadavres précipités dans le Rhône sont un témoignage de l'implacable vengeance républicaine. Il procède à six cents exécutions en quelques semaines. Les familles habitant les maisons destinées à la destruction sont expulsées. Les plus beaux palais sont détruits, les maisons sont rançonnées, les prisons sont vidées par des exécutions. Puis pour rester du côté de la majorité, il ordonne d'arrêter les mitraillades.

 

A Paris, Robespierre ne lui pardonne pas d'avoir supplanté son homme de confiance, Couthon. Le 8 avril 1794  Fouché se rend à la Convention. Robespierre s'est débarrassé d'une centaine de ses adversaires de droite et plus personne n'ose s'élever contre sa volonté sauf Joseph Fouché qui justifie sa conduite à Lyon. Toutes les autorités sont soumises à Robespierre, l'armée, la police, le tribunal, les comités, la Convention, les Jacobins.  Joseph Fouché est quant à lui élu président du Club des Jacobins, à la surprise générale et surtout de Robespierre qui fera tout pour l'en chasser. Exclu et menacé de guillotine, il conspire dans l'ombre. Obligé de se cacher, il est éloigné de sa femme et de sa fille qui meurt alors. Robespierre est finalement mis hors la loi et conduit en prison avant d'être guillotiné. Les exécutions sont devenues impopulaires et Fouché reste fidèle à la gauche. Trop prudent pour tenir dans les faubourgs des discours révolutionnaires et enflammés, il se cache derrière François Babeuf, qu'il encourage à exciter le peuple.  Mais ce dernier est arrêté et fusillé. Joseph Fouché est accusé de terrorisme. Il parvient à sauver sa vie au cours d'une riposte.

 

Exilé pendant trois ans, il vit dans la misère. Il est espion pour le compte de Barras, puis devient l'intime des banquiers républicains. Barras est devenu le maître absolu du Conseil des cinq et du Directoire renouvelé. Fouché est envoyé en Italie puis dans la République Batave afin d'y mener des négociations secrètes. En 1799, il est nommé Ministre de la Police. Il combat l'anarchie, restreint la liberté de la presse. Il parvient à contrôler la rue, les autres ministres, le Directoire, les généraux, toute la politique. Il aide la femme de Bonaparte, Joséphine Beauharnais qui l'informe en retour des manoeuvres de son époux. Silencieux lors de la conspiration de Bonaparte, il devient son parfait serviteur. Il rétablit dans le pays une paix complète et évince Barras. Après l'attentat perpétré contre lui le 24 décembre 1880, Bonaparte lui reproche tous les assassinats des Jacobins et reste sourd à toute intervention de Joséphine en faveur de Fouché. Lorsque Bonaparte est choisi pour souverain à vie, la famille Bonaparte souhaite évincer Fouché dont la fonction est supprimée.


 

 

En 1802, il se retire à Ferrières et étend ses biens fonciers. En 1804, il est rappelé auprès de Bonaparte qui souhaite devenir empereur. Le climat entre eux n'est pas amical. Fouché connait tout de l'empereur, contrôle sa fortune particulière, ce qui lui confère une puissance unique. Une resistance secrète contre la passion meurtrière et le manque de mesure de Napoléon rapproche Fouché et Talleyrand, rivaux jusqu'alors. Lorsque Napoléon entre en lutte avec l'Espagne en 1808, les deux ministres désapprouvent cette guerre publiquement. Talleyrand est alors destitué de sa dignité de chambellan. Mais Fouché reste. Pendant la guerre contre l'Autriche en 1809, il repousse les anglais dans l'île de Walcheren et mobilise les hommes au nom de l'empereur qui ne sait rien de toutes ces mesures. Il nomme Bernadotte commandant en chef de l'armée qu'il improvise ainsi. Le 15 aôut 1809, Napoléon l'anoblit et l'autorise à s'appeler le duc d'Otrante.

 

 

L'Angleterre est l'ennemi héréditaire de la France. Napoléon rompt les négociations de paix ouvertes par la voie de la Hollande ce qui ne convient pas à Fouché qui poursuit les négociations dans l'ombre au nom de l'empereur. Il est alors renvoyé et remplacé par Savary. Avant de partir, il saccage les archives puis envisage de rejoindre son poste d'ambassadeur à Rome. Mais il est congédié et banni et reste trois ans sans emploi.

 

  L'empereur est au sommet de sa puissance et prépare la guerre contre la Russie. Fouché perd sa femme tant aimée. Pendant la campagne, l'empereur cherche à éloigner Fouché de Paris et lui confie l'administration des territoires occupés en Prusse. Il perd l'Illyrie, cet Etat sans unité et se rend à Naples puis retourne en France. Le roi Louis XVIII le sollicite en vain et il est arreté comme suspect parce qu'il refuse de devenir ministre du roi. Il échappe aux policiers juste avant le retour de l'empereur.

 

 

Le 19 mars 1815, Napoléon revenu de l'île d'Elbe fait fuir le roi. Fouché redevient ministre de la Police. Autour de Napoléon le vide se fait. Durant la période des Cent Jours qui séparent le rétablissement de la chute de l'Empire, Fouché domine les évenements. Après la défaite de Waterloo, il se rapproche du duc de Wellington. L'empereur réclame la dictature. La Fayette poussé par Fouché demande l'abdication de Napoléon. Fouché propose alors d'élire un gouvernement provisoire dont il est le président. A 56 ans, il est au sommet de la puissance. Il négocie le retour au pouvoir de Louis XVIII qui consent à le prendre comme ministre dans le nouveau gouvernement royal. Le 28 juillet 1815, le roi Louis XVIII rentre à Paris. Les royalistes exigent de proscrire tous ceux qui pendant les Cent jours ont suivi Napoléon. A contre coeur, Fouché établit une liste de noms dont Carnot, le Maréchal Ney, les camarades de Fouché au gouvernement provisoire qu'il envoie à la mort ou en exil. Il épouse religieusement une comtesse de Castellane. Mais la duchesse d'Angoulême, fille de Louis XVI et de Marie Antoinette ne peut pardonner ces années de souffrance. Fouché, meurtier de son père est renvoyé et nommé ambassadeur à la cour de Dresde. La haine de tous les partis finit par se porter sur lui. Il se réfugie à Linz puis à Trieste. Avant de mourir en paix, il détruit tous les papiers compromettant qui auraient pu mettre ses anciens ennemis en danger et meurt  le 26 décembre 1820.



 

Outre le rappel des évènements historiques et des mouvements sociaux et politiques qui déterminent l'action de Joseph Fouché, Stefan Zweig fait un portrait psychologique de ce personnage à sang froid, intrigant inné, dieu des métamorphoses, traître consommé se plaçant toujours du côté du vainqueur, cynique audacieux et souvent dissimulé au sein des évènements, à l'intérieur des partis.

 

C'est un texte fulgurant. Les accélérations dans le récit lui confère une facilité de lecture extrêmement agréable et efficace. Zweig ponctue son texte d'exclamations, d'interrogations qui passionnent le récit et le rendent passionnant. Il n'y a aucune longueur. C'est un texte léger et très vivant, qui transporte le lecteur sans jamais le perdre dans cette période trouble de l'après-Révolution, de manière riche et précise. Cette biographie est très instructive sans jamais être ennuyeuse. Elle ne s'appesantit pas.


 



E

ditions



 

Grasset, 

    2009,

1242 p. 


 

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