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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 19:08

proust-contre-la-decheance.jpgRésumé de l'éditeur

"Cet essai sur Proust fut dicté l'hiver 1940-1941 dans un froid réfectoire de notre camp de prisonniers à Griazowietz, en URSS. Le manque de précision, le subjectivisme de ces pages s'explique en partie par le fait que je ne possédais aucune bibliothèque, aucun livre concernant mon thème. Ce n'est pas un essai littéraire dans le vrai sens du mot, plutôt des souvenirs sur une oeuvre à laquelle je devais beaucoup et que je n'étais pas sûr de revoir encore dans ma vie.

Dans une petite salle bondée, chacun de nous parlait de ce dont il se souvenait le mieux. Je vois encore mes camarades entassés sous les portraits de Marx, Engels et Lénine. Je pensais alors avec émotion à Proust, dans sa chambre surchauffée, aux murs de liège, qui serait bien étonné et touché peut-être de savoir que vingt ans après sa mort des prisonniers polonais, après une journée entière passée dans la neige et le froid, écoutaient avec un intérêt intense l'histoire de la duchesse de Guermantes, la mort de Bergotte et tout ce dont je pouvais me souvenir de ce monde de découvertes psychologiques précieuses et de beauté littéraire."

Joseph Czapski (extrait de l'introduction, 1944)

 

Né à Prague en 1896, Joseph Czapski passa son enfance en Biélorussie. Il étudia le droit à Saint-Pétersbourg puis la peinture aux Beaux-Arts de Cracovie. Czapski fut parmi les rares officiers de l'armée polonaise qui échappèrent au massacre de Katyn en 1940. Son livre Souvenirs de Starobielsk retrace ses efforts pour faire connaître la vérité à propos de ce crime. Comme peintre, Czapski fut le principal animateur du mouvement kapiste, pendant son séjour à Paris (1924-1933). Après la guerre, il vécut en exil à Maisons-Laffitte, où il collabora au mensuel polonais Kultura. Il y est mort en 1993.

 

En quelques mots

il s'agit du texte des conférences sur Marcel Proust, données par le peintre Josepk Czapski en 1940-1941 pour ses codétenus du camp soviétique de Crazovietz. Il sont entassés là, dans un ancien couvent , 79  prisonniers déportés comme lui de Starobielzk. Ils tentent de reprendre un certain travail intellectuel pour "surmonter leur abattement" et ils évoquent ensemble, à l'occasion de conférences autorisées mais contrôlées par les autorités, l'histoire du livre, de l'Angleterre, des migrations des peuples, de l'architecture, l'alpinisme, la peinture française et polonaise, la littérature française.

 

En l'absence de livres et de documents, l'auteur évoque des souvenirs sur l'oeuvre de Proust qu'il a découvert en 1924 et 1925 et dont il a lu l'oeuvre entière, créee entre 1904 et 1923. Josepk Czapski est alors malade du typhus et passe sa convalescence à Londres. Il restitue dans ce livre les mouvements artistiques et littéraires en France, le mouvement anti-naturaliste, l'impressionisme, le goût pour les primitifs italiens, le wagnérisme, la révélation de Debussy, l'apogée de Sarah Bernardt, les ballets russes de Diaghilev, le naturalisme de Degas et bientôt en 1907, le cubisme. 

 

Il resitue l'oeuvre de Proust qui, dans ce mouvement,  parait déroutant et il fait apparaître la transposition de la vie de Proust dans son oeuvre. Josepk Czapski choisit des scènes fixées dans sa mémoire. Proust cultivait la bonne forme dans le moindre détail, l'auteur parle même de "naturalisme par microscope", et avait une connaissance interne du monde aristocratique et du snobisme dans toutes ses formes. Il montre combien la sensibilité décalée de Proust, son admirable lucidité et sa minutiosité a apporté au développement d'un monde d'idées. Il lie Proust avec les idées de Pascal, bafouant tous les sens. L'oeuvre de Proust contient des milliers de pages vouées au contraire à leur étude, lui qui ne désire que jouir dans la vie des joies de l'amour et dont l'oeuvre est dépourvue de toute recherche d'absolu. Il dépeint les derniers jours de la vie de Proust à travers le personnage de Bergotte dans Albertine et Albertine disparue.

 

Je n'ai pas encore lu Proust et j'ai trouvé que ce livre était une bonne entrée en matière. Le texte est court, des pages du manuscrit des conférences y figurent. Les souvenirs de l'auteur sont précis, le texte de ces conférences est riche et founi malgré les conditions dans lesquelles elles ont été données. Ce contexte participe à l'émotion que l'on ressent à la lecture du texte  et de son introduction par l'auteur qui remercie ses amis en ces termes : "C'est à eux que j'ai dicté cet essai dans notre froide et puante salle à manger du camp de Griazowietz. La joie de participer à un effort intellectuel qui nous donnait une preuve que nous sommes encore capables de penser et de réagir à des choses de l'esprit n'ayant rien de commun avec notre réalité d'alors, nous colorait en rose ces heures passées dans la grande salle à manger de l'ex-couvent, cette étrange école buissonnière où nous revivions un monde qui nous semblait alors perdu pour nous pour toujours."

 

Je remercie Keisha qui en a fait un livre voyageur et qui m'a permis de conserver ce livre au delà des délais habituels de restitution. livre voyageur

 

Les éditions Noir et Blanc, 93 p., 2011

 

 

Pour connaître la peinture de Josepk Czapski c'est ici

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 02:41

Chopin

Soleils couchants

 

I

J’aime les soirs sereins et beaux, j’aime les soirs,
Soit qu’ils dorent le front des antiques manoirs
Ensevelis dans les feuillages ;
Soit que la brume au loin s’allonge en bancs de feu ;
Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu
A des archipels de nuages.

Oh ! regardez le ciel ! cent nuages mouvants,
Amoncelés là-haut sous le souffle des vents,
Groupent leurs formes inconnues ;
Sous leurs flots par moments flamboie un pâle éclair.
Comme si tout à coup quelque géant de l’air
Tirait son glaive dans les nues.

Le soleil, à travers leurs ombres, brille encor ;
Tantôt fait, à l’égal des larges dômes d’or,
Luire le toit d’une chaumière ;
Ou dispute aux brouillards les vagues horizons ;
Ou découpe, en tombant sur les sombres gazons,
Comme de grands lacs de lumière.

Puis voilà qu’on croit voir, dans le ciel balayé,
Pendre un grand crocodile au dos large et rayé,
Aux trois rangs de dents acérées ;
Sous son ventre plombé glisse un rayon du soir ;
Cent nuages ardents luisent sous son flanc noir
Comme des écailles dorées.

Puis se dresse un palais. Puis l’air tremble, et tout fuit.
L’édifice effrayant des nuages détruit
S’écroule en ruines pressées ;
Il jonche au loin le ciel, et ses cônes vermeils
Pendent, la pointe en bas, sur nos têtes, pareils
A des montagnes renversées.

Ces nuages de plomb, d’or, de cuivre, de fer,
Où l’ouragan, la trombe, et la foudre, et l’enfer
Dorment avec de sourds murmures,
C’est Dieu qui les suspend en foule aux cieux profonds,
Comme un guerrier qui pend aux poutres des plafonds
Ses retentissantes armures.

Tout s’en va ! Le soleil, d’en haut précipité,
Comme un globe d’airain qui, rouge, est rejeté
Dans les fournaises remuées,
En tombant sur leurs flots que son choc désunit
Fait en flocons de feu jaillir jusqu’au zénith
L’ardente écume des nuées.

Oh ! contemplez le ciel ! et dès qu’a fui le jour,
En tout temps, en tout lieu, d’un ineffable amour,
Regardez à travers ses voiles ;
Un mystère est au fond de leur grave beauté,
L’hiver, quand ils sont noirs comme un linceul, l’été,
Quand la nuit les brode d’étoiles.

 

Il

Le jour s'enfuit des cieux : sous leur transparent voile
De moments en moments se hasarde une étoile;
La nuit, pas à pas, monte au trône obscur des soirs;
Un coin du ciel est brun, l'autre lutte avec l'ombre;
Et déjà, succédant au couchant rouge et sombre,
Le crépuscule gris meurt sur les coteaux noirs.

Et là-bas, allumant ses vitres étoilées,
Avec sa cathédrale aux flèches dentelées,
Les tours de son palais, les tours de sa prison,
Avec ses hauts clochers, sa bastille obscurcie,
Posée au bord du ciel comme une longue scie,
La ville aux mille toits découpe l'horizon.

Oh ! qui m'emportera sur quelque tour sublime
D'où la cité sous moi s'ouvre comme un abîme !
Que j'entende, écoutant la ville où nous rampons,
Mourir sa vaste voix, qui semble un cri de veuve,
Et qui, le jour, gémit plus haut que le grand fleuve,
Le grand fleuve irrité, luttant contre vingt ponts !

Que je voie, à mes yeux en fuyant apparues,
Les étoiles des chars se croiser dans les rues,
Et serpenter le peuple en l'étroit carrefour,
Et tarir la fumée au bout des cheminées,
Et, glissant sur le front des maisons blasonnées,
Cent clartés naître, luire et passer tour à tour !

Que la vieille cité, devant moi, sur sa couche
S'étende, qu'un soupir s'échappe de sa bouche,
Comme si de fatigue on l'entendait gémir !
Que, veillant seul, debout sur son front que je foule,
Avec mille bruits sourds d'océan et de foule,
Je regarde à mes pieds la géante dormir !

 

III

Plus loin ! allons plus loin ! - Aux feux du couchant sombre,
J'aime à voir dans les champs croître et marcher mon ombre.
Et puis, la ville est là ! je l'entends, je la vois
Pour que j'écoute en paix ce que dit ma pensée,
Ce Paris, à la voix cassée,
Bourdonne encor trop prés de moi.

Je veux fuir assez loin pour qu'un buisson me cache
Ce brouillard, que son front porte comme un panache,
Ce nuage éternel sur ses tours arrêté;
Pour que du moucheron, qui bruit et qui passe,
L'humble et grêle murmure efface
La grande voix de la cité !

 

IV

Oh ! sur des ailes dans les nues
Laissez-moi fuir ! laissez-moi fuir !
Loin des régions inconnues
C'est assez rêver et languir !
Laissez-moi fuir vers d'autres mondes.
C'est assez, dans les nuits profondes,
Suivre un phare, chercher un mot.
C'est assez de songe et de doute.
Cette voix que d'en bas j'écoute,
Peut-être on l'entend mieux là-haut.
Allons ! des ailes ou des voiles !
Allons ! un vaisseau tout armé !
Je veux voir les autres étoiles
Et la croix du sud enflammé.
Peut-être dans cette autre terre
Trouve-t-on la clef du mystère
Caché sous l'ordre universel;
Et peut-être aux fils de la lyre
Est-il plus facile de lire
Dans cette autre page du ciel !

 

V

Quelquefois, sous les plis des nuages trompeurs,
Loin dans l'air, à travers les brèches des vapeurs
Par le vent du soir remuées,
Derrière les derniers brouillards, plus loin encor,
Apparaissent soudain les mille étages d'or
D'un édifice de nuées;

Et l'œil épouvanté, par delà tous nos cieux,
Sur une île de l'air au vol audacieux,
Dans l'éther libre aventurée,
L'œil croit voir jusqu'au ciel monter, monter toujours,
Avec ses escaliers, ses ponts, ses grandes tours,
Quelque Babel démesurée.


VI

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées.
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !

 

Victor Hugo, Les feuilles d'automne(1831)

 

l'ebook gratuit des Feuilles d'automne est ici 

 

Une idée originale de Celsmoon

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 08:16

 

Milan-Kundera.jpg"La mémoire, elle non plus, n’est pas compréhensible sans une approche mathématique. La donnée fondamentale, c’est le rapport numérique entre le temps de la vie vécue et le temps de la vie stockée dans la mémoire. On n’a jamais essayé de calculer ce rapport et il n’existe d’ailleurs aucun moyen technique de le faire ; pourtant, sans grand risque de me tromper, je peux supposer que la mémoire ne garde qu’un millionième, bref, une parcelle tout à fait infime de la vie vécue. Cela aussi fait partie de l’essence de l’homme. Si quelqu’un pouvait détenir dans sa mémoire tout ce qu’il a vécu, s’il pouvait à n’importe quel moment évoquer n’importe quel fragment de son passé, il n’aurait rien à voir avec les humains : ni ses amours, ni ses amitiés, ni ses colères, ni sa faculté de pardonner ou de se venger ne ressembleraient aux nôtres.

On n’en finira jamais de critiquer ceux qui déforment le passé, le réécrivent, le falsifient, qui amplifient l’importance d’un événement, en taisent un autre ; ces critiques sont justes (elles ne peuvent pas ne pas l’être) mais elles n’ont pas grande importance si une critique plus élémentaire ne les précède : la critique de la mémoire humaine en tant que telle. Car que peut-elle vraiment, la pauvre ? Elle n’est capable de retenir du passé qu’une misérable petite parcellette sans que personne ne sache pourquoi justement celle-ci et non pas une autre, ce choix, chez chacun de nous, se faisant mystérieusement, hors de notre volonté et de nos intérêts. On ne comprendra rien à la vie humaine si on persiste à escamoter la première de toutes les évidences : une réalité telle qu’elle était quand elle était n’est plus ; sa restitution est impossible.

 

Même les archives les plus abondantes n’y peuvent rien. Considérons le vieux journal de Josef comme une pièce d’archive conservant les notes du témoin authentique d’un passé ; les notes parlent des événements que leur auteur n’a pas de raisons de nier mais que sa mémoire ne peut confirmer non plus. De tout ce que le journal raconte, un seul détail a allumé un souvenir net et, certainement, précis : il s’est vu sur un chemin de forêt racontant à une lycéenne le mensonge de son déménagement à Prague ; cette petite scène, plus exactement cette ombre de scène (car il ne se rappelle que le sens général de son propos et le fait d’avoir menti), est la seule parcelle de vie qui, ensommeillée, est restée stockée dans sa mémoire. Mais elle est isolée de ce qui l’a précédée et de ce qui l’a suivie : par quel propos, par quel acte la lycéenne l’a-t-elle incité à inventer ce bobard ? Et que s’est-il passé les jours suivants ? Combien de temps a-t-il persisté dans sa tromperie ? Et comment s’en est-il sorti ?

 

Voudrait-il raconter ce souvenir comme une petite anecdote qui ait un sens, il serait obligé de l’insérer dans une suite causale d’autres événements, d’autres actes et d’autres paroles ; et puisqu’il les a oubliés, il ne lui resterait qu’à les inventer ; non pas pour tricher, mais pour rendre le souvenir intelligible ; ce que d’ailleurs il a fait spontanément pour lui-même quand il était encore penché sur les lignes du journal :

 

Le morveux était désespéré de ne trouver dans l’amour de sa lycéenne aucune marque d’extase ; quand il lui touchait la croupe, elle lui enlevait la main : pour la punir, il lui dit qu’il allait déménager à Prague ; chagrinée, elle se laissa peloter et déclara qu’elle comprenait les poètes qui jusqu’à la mort restaient fidèles ; tout se passa donc pour son plus grand bonheur, sauf qu’après une semaine ou deux la fille déduisit du déménagement programmé de son ami qu’il lui fallait le remplacer à temps par un autre ; elle se mit à le chercher, le morveux le devina et ne put dompter sa jalousie ; sous le prétexte d’un séjour à la montagne où elle devait se rendre sans lui, il lui fit une scène d’hystérie ; il se ridiculisa ; elle le lâcha.


Quoiqu’il ait voulu être au plus proche de la vérité, Josef ne pouvait pas prétendre que son anecdote était identique à ce qu’il avait vraiment vécu ; il savait que ce n’était que du vraisemblable plaqué sur de l’oublié.

J’imagine l’émotion de deux êtres qui se revoient après des années. Jadis, ils se sont fréquentés et pensent donc être liés par la même expérience, par les mêmes souvenirs. Les mêmes souvenirs ? C’est là que le malentendu commence : ils n’ont pas les mêmes souvenirs ; tous deux gardent de leurs rencontres deux ou trois petites situations, mais chacun a les siennes : les souvenirs ne se ressemblent pas ; ne se recoupent pas ; et même quantitativement, ils ne sont pas comparables : l’un se souvient de l’autre plus que celui-ci ne se souvient de lui ; d’abord parce que la capacité de la mémoire diffère d’un individu à l’autre (ce qui serait encore une explication acceptable pour chacun d’eux) mais aussi (et cela est plus pénible à admettre) parce qu’ils n’ont pas, l’un pour l’autre, la même importance. Quand Irena vit Josef à l’aéroport, elle se rappelait chaque détail de leur aventure passée ; Josef ne se rappelait rien. Dès la première seconde, leur rencontre reposait sur une inégalité injuste et révoltante.


Si deux êtres vivent dans le même appartement, se voient tous les jours et, en plus s’aiment, leurs conversations quotidiennes accordent leurs deux mémoires, : par consentement tacite et inconscient, ils lâchent dans l’oubli de vastes zones de leur vie et parlent et reparlent des quelques mêmes événements dont ils tissent le même récit qui, telle une brise dans les ramures, murmure au-dessus de leurs têtes et leur rappelle constamment qu’ils ont vécu ensemble."

 

 

 

L'ignorance, Milan Kundera, 1ère parution : 2000 . Extrait : La mémoire...

 

 

 

  le jeudi c'est citation-copie-1

Une idée originale de Chiffonnette


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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 18:50

kosaburo.jpgRésumé de l'éditeur

j'avais ouvert le cockpit, l'air marin montait jusqu'à mes narines, je fermai les yeux. Je voyais les autres, mes compagnons, ceux qui étaient morts avant moi, ceux qui avaient quitté leurs hautes écoles, leurs universités pour ceindre leur front du bandeau du kamikaze. J'entendais leurs voix, leurs rires, et maintenant ce silence. Je les revoyais sur une photographie prise avant leur départ. Casques d'aviateur, lunettes ramenées sur le front, aucun d'eux ne souriait. Ils allaient mourir. Ils le savaient. Certains semblaient farouchement déterminés, d'autres, songeurs, portaient encore sur leur visage la marque de l'enfance. Leurs fantômes me rejoignaient et me demandaient des comptes. Il fallait que je meure.

 

En quelques mots

Akira est un collégien japonais. En pleine deuxième guerre mondiale, il se forme aux études traditionnelles et s'initie à la littérature française. Mais il redoute la mobilisation générale. En ville, la tension est vive et les raids d'avions sont fréquents. On y exalte le  patriotisme et le dévouement absolu à l'empereur. Mitsuko, la narratrice, est sa soeur. Elle a pour ami Kosaburo, qui mène sa vie selon le code d'honneur des samouraïs du Japon médiéval fondé sur la bravoure, l'abnégation, la fidélité et la loyauté. Pour sauver l'honneur de sa famille, Mitsuko prend la place de son frère deserteur, en fuite dans un monastère et entreprend de devenir kamikaze. Elle apprend à piloter un avion et à fortifier son esprit. Après son enrolement, elle subit sur la base d'entrainement tous les mauvais traitements, les humilations avant d'être promue pilote de chasse. Embrigadée, exaltée et surentrainée, elle est prête à mourir pour sauver le peuple japonais. Les décollages et les combats se succèdent et elle finit par renoncer à faire la connaissance de nouveaux pilotes, tous voués à disparaitre, certains plus tôt que d'autres...

 

L'histoire est assez sobre et courte. Elle s'inspire du visage d’un pilote japonais entrevu sur la page du journal. C'est un roman sombre et tragique, autour de la spiritualité, des valeurs et des codes, de l'honneur, des traditions, des sacrifices, des missions suicides et de la mort à laquelle Mitsuko se prépare peu à peu. C'est un  bon roman qui décrit l'état d'esprit des kamikazes et les ressorts de leur conduite.

 

Ce livre a reçu le Prix Première 2011. C 'est le premier roman de Nicole Roland, professeur de lettres et animatrice d’un théâtre universitaire.

 

Editions Actes Sud, 2011, 148 p.

challenge litterature belge

 

je participe au challenge littérature belge organisé par Réka

 

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 08:49

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Un homme dit:" Parle-nous de la Connaissance de soi"
Il répondit:
" Vos coeurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits.
Mais vos oreilles se languissent d'entendre la voix de la connaissance en vos coeurs.
Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.
Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.

Et il est bon qu'il en soit ainsi.
La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,
Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.
Mais qu'il n'y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu,
Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,
Car le soi est une mer sans limites ni mesures.

Ne dites pas: "J'ai trouvé la vérité", mais plutôt: "J'ai trouvé une vérité".
Ne dites pas: "J'ai trouvé le chemin de l'âme". Dites plutôt: "J'ai rencontre l'âme marchant sur mon chemin".
Car l'âme marche sur tous les chemins.
L'âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu'elle ne croît tel un roseau.
L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables. "

 

 

Khalil Gibran De la connaissance de soi.

 

Khalil Gibran, poète libanais, était aussi peintre. A droite, Le prophète, dessin au fusain (1920) de Khalil Gibran

 

 

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Le monde divin

 

Près de cent cinquante oeuvres, toiles et dessins, sont exposées au « Musée Gibran » à Bcharré, au Nord du Liban, d'autres se trouvent aux Etats Unis. Il serait l'auteur de six cents oeuvres.

Sobhi Habchi « Gibran entre poésie et peinture », Revue de littérature comparée 2/2003 (n o 306), p. 209-224.

Pour de plus amples informations, c'est ici

 

Une idée originale de Celsmoon

La liste des participants est tenue par Bookworm

 

 

 

 

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 16:25

Sur les hauteurs de Prague, nous avons entrepris une promenade à pied du plateau de Letna au jardin royal. Après avoir traversé le pont Cechuv most, nous avons rejoint l'emplacement de l'ancien monument au dictateur Staline sur la colline Zizhov, dynamité en 1962 et remplacé par un surprenant métronome géant.

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A partir de là, nous avons emprunté un sentier du parc Letna, et rejoint le pavillon Hanavsky, qui se compose d'éléments en verre et en fonte, et offre une superbe vue sur Prague. Ce batiment a été bati pour l'exposition universelle de 1891. C'est désormais un restaurant qui surplombe  un magnifique point de vue sur les ponts de Prague et un balcon auquel tous les promeneurs ont accés.

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En poursuivant dans le parc, nous avons traversé la passerelle qui donne accès au jardin Choteck, planté en 1830. Au centre, une grotte est dédiée à l'écrivain Julius Zeyer. Elle est décorée de statues. Au pied de la grotte sont installés des bancs et un petit plan d'eau, bordé de nombreux végétaux. A l'extrémité du parc, le palais kralovsky, Belveder ou palais d'été du XVIème siècle, donne accès au jardin royal. C'était le lieu de retraite d'Anna, l'épouse de Ferdinand Ier. Le toit est en cuivre. Au centre du jardin Renaissance, la fontaine chantante en bronze est bien agréable.

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Dans le jardin royal, des nombreux points de vue offrent une vue superbe sur le château et sur la Cathédrale Saint Guy. L'orangerie regroupe des citronniers. Les bases de ce jardins ont été posées au XVIème siècle comme le reste des jardins royaux, agrémentés de beaux arbres et de parterres floraux.

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La Maison du jeu de paume est décorée de sgraffites. A droite, on aperçoit les serres.

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A la sortie du parc on peut rejoindre le chateau par une passerelle. En contrebas, un chemin en sous bois mène au jardin du sénat.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 10:15

Je vous propose de lire l'article qui suit en musique, avec un extrait de la symphonie n°9 d'Antonin Dvorak (1841-1904)

 

 

Le Musée de la ville de Prague est excentré et nous avons eu quelques difficultés à nous y rendre à pied. Il est situé à proximité d'une autoroute urbaine et de la gare routière de Florenc. Il occupe un palais néo-Renaissance édifié entre 1895 et 1898. Le monument qui était en travaux lorsque nous y sommes allés, était entièrement recouvert d'une bâche et nous n'avons donc pas pu l'observer. Ses collections évoquent le passé de Prague, au travers de peintures, de dessins de sculptures, de maquettes et d'objets de toutes sortes.

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On y trouve le cadran d'origine de l'horloge astronomique du vieil hôtel de ville peint par Joseph Manes en 1865 qui représente les signes du Zodiaque et des scènes de la vie paysanne.

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Dans le musée, on peut trouver des expositions permanentes mais aussi des expositions temporaires.

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Les collections présentent la préhistoire de Prague et de ses environs et aussi le Moyen-Age.

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L'escalier intérieur présente une fresque panoramique de Prague. Au premier étage sont exposés  des anciens objets personnels, du mobilier ancien, des œuvres artisanales ou des objets réligieux datés du XVIe siècle jusqu’à fin du XVIIIe siècle.

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Au plafond, les poutres sont apparentes et les plâtres sont peints. Certains murs sont ornés de fresque.

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Une maquette de Prague représente le centre historique de Prague. Elle a été réalisée entre 1826 et 1837 par Antonín Langweil. 2000 bâtiments du cœur historique de Prague sont représentés. Certains n'existent plus aujourd'hui. La maquette occupe une surface d’environ vingt mètres carrés. Cette maquette représente la Vieille Ville avec le ghetto juif, Malá Strana, le Château de Prague et le Hradčany. Elle est faite à base de papier et carton et comprend des éléments en bois, (maisons et cheminées).

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La République Tchèque (Česká Republika) est une république à caractère mixte, présidentiel et parlementaire. Le président de la République tchèque est à la tête de l'État mais ses pouvoirs sont réduits à un rôle de représentation. Il s'agit de Vaclav Klaus, élu en 2003 pour 5 ans à la suite de Vaclav Havel et de Vladimir Spidla, président par interim durant le mois de février 2003.vaclav Klaus a été réélu en 2008. Né à Prague, dans le quartier de Vinohrady (« les vignobles »), il sort diplômé de l' Ecole supérieure d'économie de Prague en 1963 et poursuit ses études en Italie et aux Etats Unis. Il est soutenu par son parti, l'ODS.  Le Parti démocratique civique, conservateur libéral et eurosceptique. Le maire de Prague, Bohuslav Svoboda, (son nom signifie "Liberté") du parti ODS, a été élu en octobre 2010 avec le soutien de l’opposition social-démocrate, à la suite de Pavel Bém (ODS), médecin psychiatre. Il est gynécologue.

 

En Europe, Libertas est un groupe de pression qui a fait campagne avec succès pour le « non » lors du référendum irlandais de 2008 sur le traité de Lisbonne. Libertas se proclame également comme un parti politique européen de tendance souverainiste (ou « eurosceptique »), créé pour rassembler des candidatures aux  élections européennes de juin 2009. Le groupe de pression et le parti politique ont été tout deux fondés et dirigés par Declan Ganley, homme politique irlandais en 2008.

Le mouvement a présenté des candidats aux élections européennes de 2009 et a reçu le soutien du président de la République tchèque

En France, à l'occasion des élections européennes de 2009, le mouvement était dirigé par Philippe de Villiers et Frédéric Nihous qui ont constitué des listes communes pour les européennes de juin 2009.  Leur campagne était dirigée par Jérôme Rivière, ancien député UMP, tête de liste dans la circonscription d' Ile de France. Il ne faut pas confondre ce mouvement avec « LIBERTAS - Institut européen », un think-tank allemand pro-européen, qui existe depuis 1992 (date d'enregistrement au registre commercial en Allemagne), et qui a commencé en 1976 avec la publication de Libertas - Revue européenne. Plusieurs fois, ce think-tank a déclaré ne pas être en accord avec l'action politique du mouvement du même nom, et qu'il ne souhaitait pas être confondu. (source wikipedia)

 

La ville est jumelée avec une quinzaine de villes dans le monde dont Drancy, en Seine Saint Denis, depuis 1963, connue pour avoir été de 1941 à 1944 le site du camp d'internement de Drancy, principal lieu de déportation des juifs parisiens vers les camps d'extermination nazis, pour la majorité des convois vers Auschwitz. La ville a également signé des accords de coopération avec Paris depuis 1997, ainsi qu'avec Nimes depuis 1967, foyer actif du calvinisme dès le XVIème siècle. Les actes du colloque" Est-ouest. Regards croisés et coopération en Europe au XXème siècle ont été réunis en 1993 par Elisabeth Du Réau. Une partie concerne les relations Paris-Prague, de 1918 à 1938, .

 

Le site France Diplomatie du Ministère des affaires étrangères et européennes propose une carte de la coopération décentralisée entre la République Tchèque et la France. Un répertoire des partenariats de coopération décentralisée franco tchèque a été établi en 2007.

Plusieurs régions mènent des actions de coopération en Tchécoslovaquie, dont la Franche comté ,   la Champagne Ardennesla Région Centre , ....

 

 

 

Le premier Institut français de Prague a été inauguré en 1920 par Ernest Denis, historien français de la Bohême, fondateur de l’Institut des Etudes Slaves à Paris, et artisan déterminant de la création de la Tchécoslovaquie en 1918.

Il succédait à une Alliance Française, présente à Prague dès 1886. Dans l’entre-deux-guerres, l’Institut Français de Prague devient une université avec sections littéraires, juridiques et scientifiques. Parmi ses professeurs les plus illustres figurent Hubert Beuve-Méry enseignant le droit international, Vladémir Jankélévitch la philosophie. Au printemps 1935, André Breton, accompagné de Paul Eluard, y prononce une conférence évoquant les « séductions légendaires » de Prague. Les accords de Munich, l’occupation allemande puis le Coup de Prague interrompent net cet engouement. Dénoncé en 1949 comme centre d’espionnage, l’Institut doit fermer ses portes le 1er mai 1951. C’est avec la révolution de velours que l’Institut ouvre à nouveau officiellement ses portes. Il a pour mission de renforcer la participation de la France à la formation des étudiants tchèques (mobilité vers la France, cursus franco-tchèque en république tchèque) et de développer les échanges scientifiques et technologiques entre les deux pays, de promouvoir la langue française dans la société tchèque et conduire des coopérations spécifiques dans le secteur de l’éducation, de promouvoir la production éditoriale française en république tchèque, en particulier les œuvres et les auteurs français dans le champ de la littérature et des sciences sociales, de promouvoir  l’audiovisuel français en République tchèque,  dans le domaine du cinéma, de la télévision, de la radio et du journalisme.

 

Les Alliances françaises de République tchèque complètent l’action de l’Institut français de Prague, concentrée sur la capitale, dans 6 autres villes tchèques et celle du Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France. Elles ont pour mission de participer à la diffusion de la langue et de la culture françaises.

Les Alliances Françaises de République tchèque donnent des cours de français adaptés à tous les publics : enfants, lycéens, étudiants, adultes, retraités… Elles sont toutes centres d’examen du DELF-DALF, et assurent une préparation à ces 6 diplômes correspondant aux 6 niveaux du Cadre européen commun de référence pour les langues.

Elles disposent également de médiathèques . L’organisation de manifestations culturelles constitue une part très importante de l’activité des Alliances, en partenariat avec les institutions culturelles, les collectivités territoriales et certaines entreprises (concerts, pièces de théâtre, spectacles de danse, expositions, conférences, Cinéclub…)

 

En matière de recherche, le CEFRES(centre français de recherche en sciences sociales) est un institut de recherche dépendant de la sous-direction de la Coopération scientifique universitaire et de la Recherche du ministère des Affaires étrangères et europénnes français. Il a pour mission principale le développement des réseaux scientifiques en République tchèque et en Europe centrale et joue un rôle de médiateur entre les milieux universitaires et de recherche français et centre-européens dans le domaine des sciences humaines et sociales. Le CEFRES fait partie du réseau des Instituts français de recherche à l’étranger. Le CEFRES est devenu en 2007 une unité de service et de recherche du Centre national de la recherche scientifique (USR 3138)

 

Fondé en 1991, le Centre français de recherche en sciences sociales  est une Unité mixte des instituts français à l’étranger (UMIFRE). Cette unité associe une structure opérationnelle du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), actuellement l’Unité de service et de recherche (USR) 3138, et un Institut français de recherche à l’étranger (IFRE) relevant de la Direction générale de la mondialisation du ministère des Affaires étrangères et européennes représentée localement par le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France en République tchèque. Il a pour mission principale le développement des réseaux scientifiques en République tchèque et en Europe centrale et joue un rôle de médiateur entre les milieux universitaires et de recherche français et centre-européens dans le domaine des sciences humaines et sociales.

 

  photos  Bénédicte Baret Appareil Pentax Optio M50

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 10:22

Musique : Symphonie n° 40 Mozart

 

 

 

Sur les hauteurs de Prague, le château est presque une ville à part entière, une ville dans la ville, le plus grand château fort au monde d'après le Guiness book. C'est là que siège le Président de la République. Au delà de la grande porte on découvre des cours, des églises, des palais, des musées, des rues et la  cathédrale gothique saint Guy.

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Toutes les heures, les gardes en uniforme bleu relèvent la garde. Les sculptures baroques représentent des géants au combat. La cour Druhe nadvori à laquelle on accède en second est bordée de façades sobres et rectlignes. La chapelle de la Sainte croix rompt cet univers tant par sa blancheur que par sa forme.

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Au centre de cette cour s'élève une fontaine baroque. Nous avons visité la galerie du château  avant de rejoindre la troisième cour, celle de la cathédrale Saint Guy, d'architecture gothique, construite entre 1344 (date de l'élévation de Prague en archevêché au XIV ème siècle) et 1929. Sa construction a été interrompue au XV ème par les guerres de religion (Les Guerres Hussites). Puis elle a été quasiment ininterrompue de la Renaissance au XX ème siècle. Mathieu d’Arras (1290-1352) est le premier architecte, sculpteur et maitre-maçon français de la Cathédrale Saint Guy. Il a rencontré l'empereur Charles IV à la cour du pape à Avignon. Il a commencé à travailler sur le projet en 1341, dans le style gothique méridional français. Peter Parler, un architecte allemand (souabe),  a repris le chantier de Mathieu d'Arras en 1956 et l'a modifié.

Saint Guy était un Saint sicilien martyrisé sous Dioclétien, vers 303. Son culte est devenu populaire à Prague et dans les pays slaves du fait du présent d’une de ses reliques par le roi allemand Henri 1er, en 925 à Wenceslaus, Duc de Bohème qui lui fit bâtir une rotonde qui allait devenir la cathédrale Saint Guy au XIV ème siècle. Au moyen âge, les populations du nord de l’Europe fêtaient ce saint en dansant autour de ses statues.  Les malades se rendaient en pélerinage dans l'une ou l'autre église qui lui était consacrée pour y danser afin, en théorie, de se libérer de leurs angoisses et de leur mal.. L'appellation danse de saint Guy semble dater du IXème siècle, après des guérisons miraculeuses lors du transfert des reliques de Saint Guy de Saint-Denis vers la Saxe. Le culte de saint Guy, en tant que protecteur des épileptiques et des malades atteints de chorée, s'est alors développé. Le terme de chorée vient d’un mot grec signifiant "danse". Saint Guy est aussi le patron… des danseurs et des acteurs. Les tours jumelles s'élèvent à 82 m de haut. La façade présente une rosace et de nombreux ornements et sculptures.

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En faisant le tour de l'édifice par l'extérieur, on découvre la façade sud fait qui fait face au palais. Quelle splendeur ! Une tour domine la cour à 92,50m de haut. La fenêtre est ornée d'une grille dorée Renaissance d'une grande finesse. Cette statue équestre montre Saint Georges terrassant le dragon.

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A droite de la tour, la porte d'or est constituée de trois arches décorées d'une  mosaïque vénitienne représentant le Jugement Dernier. Elle date du XIVème siècle (1367).

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A l'intérieur, la nef dont l'élévation est à trois niveaux, est éclairée par une série de vitraux signés de grands artistes tchèques du début du XXème siècle. Les murs sont ornés d'armoiries.

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La rosace est constituée de 27.000 morceaux de verre. A droite, le vitrail de la troisième chapelle, d'Alfons Mucha, illustre des scènes de la vie de Saint Cyrille et Méthode dans le style Art Nouveau. L'artiste a peint directement sur le verre.

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Les chapelles sont nombreuses, la chapelle Wallenstein, la chapelle de la Vierge Marie, la chapelle et le tombeau de Saint Jean Nepomucène, en argent massif, la chapelle du nouvel archevêque, la chapelle Venceslas que l'on peut admirer ici,. Elle est décorée avec des pierres semi précieuses et des peintures et renferme les joyaux de la Couronne de Bohême.

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L'ancien palais royal conserve une salle construite à la fin du XVème siècle, de 62 m de long et de 16 m de large avec un plafond vouté de style gothique, la salle Vladislav. Elle était utilisée pour les fêtes et les tournois. De là, on accède à la salle de la diete et à la salle du conseil, celle de la défénestration, où des échevins catholiques, des gouverneurs et un domestique furent jetés par une fenêtre en 1618, en réaction à la fermeture de deux temples protestants. Cet évenement va conduire l'Europe vers la guerre de Trente ans. Une délégation de protestants conduite par le comte de Thurn, reprochait aux représentants du roi Matthias d'avoir fermé deux temples protestants érigés en terrain épiscopal catholique, dans les villes de Broumov et Hrob. Le roi précédent, Rodolphe II de Habsbourg , avait garanti aux protestants en 1609 le droit de pratiquer leur religion. Mais le roi Matthias, malade et sans héritier direct, avait choisi son cousin Ferdinand, archiduc de Styrie, pour lui succéder à la tête du royaume de Bohême. Ferdinand était un catholique intransigeant, partisan de la Contre Réforme. La défenestration mit fin à la paix D'Augsbourg qui, le 29 septembre 1555, avait suspendu les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques en Allemagne. Les princes et les seigneurs étaient  libres de choisir, pour eux, leurs vassaux et leurs sujets, entre les deux confessions chrétiennes. Les sujets en désaccord avec la religion de leur suzerain avaient le droit d’émigrer. Elle permettait aux princes protestants de conserver les biens de l'Église qu'ils avaient sécularisés.

la défenestration de 1618 marqua le début de l'insurrection de la noblesse non catholique de Bohême contre leurs souverains Habsbourgeoi.

Le plafond de la nouvelle cour d'appel de l'ancien palais royal est orné d'armoiries.

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Sur la place saint Georges, la basilique saint Georges, romane, fondée en 915-920, a été reconstruite au milieu du XIIème siècle. Sa façade rouge est un ajout baroque du XVIIème siècle. Elle est sombre, simple, avec des lignes pures. Elle a servi de lieu de sépultures pour les membres de la famille régnante des Přemyslides, sous le règne desquels Prague est devenue un centre politique, commercial et culturel de premier plan.

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Le palais Lobkowicz renferme des objets et des oeuvres d'art.

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La ruelle d'or, en référence aux orfèvres qui s'y établirent, est bordée de petites maisons colorées, abritant des boutiques de souvenirs, divers petits musées et galeries. Elles abritaient autrefois les archers défenseurs du château. Il est possible de les visiter. Franz Kafka a habité au numéro 22 quelques mois en 1916-1917. Prague est la ville de l'alchimie. Je vous recommande le site Prague ville alchimique.

 

Les photos de l'intérieur de la cathédrale Saint Guy sont d'Auriane Nourisson. Les autres photos sont de Bénédicte Baret Appareil Pentax Optio M50

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 11:30

En vacances, jaime bien visiter des musées. Equipée de mes guides et de mon appareil photo, j'y découvre des trésors cachés. Souvent j'y emmène mes ados et nous partageons nos émotions. Le couvent sainte Agnès, de style gothique, est situé à proximité des berges, à l'extrémité nord de la vieille ville ( Staré mèsto). Fondé au 13ème siècle, il présente une très riche exposition d'art médiéval de Bohême et d'Europe centrale. Aucun document en français n'est disponible à l'entrée ce que nous avons regretté. Sainte Agnès de Bohême, née à Prague en 1211 était est la fille du roi de Bohême Premysl Otakar I et de Constance de Hongrie et la sœur du roi de Bohême Venceslas Ier. Après avoir rompu ses fiancailles avec Henri, le fils de Frédéric II de Prusse, elle entra dans l'ordre des Clarisses fondée par Sainte Claire d'Assise sur les principes franciscains. Cette princesse de Bohème est une grande figure de l'histoire médiévale. Elle a crée l'ordre de chevalerie de Malte.  Elle fonda ce monastère en 1233. Il se trouve à proximité de la rue Benedikta. la bienheureuse Bénédicte succéda à Sainte Claire d'Assise.

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Le couvent expose de nombreuses sculptures, retables et tableaux moyenageux.

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A droite, la madone de Veveri (1350) Les photos ci-dessus sont de Bénédicte Baret Appareil Pentax Optio M50

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La crucifixion et la résurrection du Maitre du cycle de Vyssi Brod, un peintre tchèque sans doute originaire de Prague (1350), font partie d'une très belle série d'oeuvres peintes sur bois dans un style flamboyant  réunies dans une salle. C'est une des pièces les plus intéressantes du musée selon moi. Nous avons connu un moment très émouvant.

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Ci-dessus, du même Maitre, l'adoration des mages. ainsi qu'un détail de l'annonciation. Cet homme était un artiste de génie. Les photos sont d'Auriane Nourisson Appareil Pentax Optio M50

541px-Meister_Theoderich_von_Prag_001.jpgLe couvent présente aussi plusieurs tableaux de Maitre Théodoric dont Saint Grégoire (1370). Cette photo est extraite de wikipedia. Pour de plus amples informations sur cet artiste peintre, c'est ici

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La Crucifixion de l'église sainte Barbara, par le Maitre du retable de Trebon, est une oeuvre réalisée en 1390. A droite, la madone de Roudnice, du même Maitre.

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Ci-dessus, la madone de Svodjine (1410) et le Cycle capucin  (1410)à droite

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L'assomption de Destna (1450) est présentée ci-dessus. A droite, un détail du tryptique du Maitre de Saint George, La mort de la vierge Marie, (1470)

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La vierge Marie avec les anges gardiens (1480) et, à droite,  le christ, homme des douleurs (1475).

 

Les photos sont d'Auriane Nourisson Appareil Pentax Optio M50

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 20:00

 



Sur l'écran noir de mes nuits blanches,
Moi je me fais du cinéma
Sans pognon et sans caméra,
Bardot peut partir en vacances:
Ma vedette, c'est toujours toi.

Pour te dire que je t'aime, rien à faire, je flanche:
J'ai du coeur mais pas d'estomac
C'est pourquoi je prends ma revanche
Sur l'écran noir de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma.

D'abord un gros plan sur tes hanches
Puis un travelling-panorama
Sur ta poitrine en grand format,
Voilà comment mon film commence,
Souriant je m'avance vers toi.

Un mètre quatre-vingts, des biceps plein les manches,
Je crève l'écran de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma,
Te voilà déjà dans mes bras,
Le lit arrive en avalanche...

Sur l'écran noir de mes nuits blanches,
Où je me fais du cinéma,
Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois
Je recommence la séquence
Où tu me tombes dans les bras...

Je tourne tous les soirs, y compris le dimanche,
Parfois on sonne; j'ouvre: c'est toi!
Vais-je te prendre par les hanches
Comme sur l'écran de mes nuits blanches?
Non: je te dis "comment ça va?"
Et je t'emmène au cinéma...

 

 

Claude Nougaro, Le cinéma

 

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Bonnie and Clyde, 1967

 

Une idée originale de Celsmoon

La liste des participants est tenue par Bookworm

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