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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 19:03

Franz Liszt

 

 

clarkaffiche.jpgJe me suis rendue aujourd'hui à l'exposition du Musée des impressionnismes à Giverny, organisée par le Sterling et Francine Clark Art Institute. Elle rassemble 73 peintures européennes du XIXème siècle de la collection Clark.

 

L'exposition présente des oeuvres de Camille Corot (1796-1875) dont Le chateau Saint Ange, Rome (1835-1840), Louise Hardouin (1831), La route au bord de l'eau (1865-1870) avec sa lumière douce et son ambiance paisible. Les baigneuses des Iles Borromées (1865-1870), est caractéristique de ses souvenirs tardifs imprégnés de rêves.

 

Sont également présentées une oeuvre de Jean-François Millet (1814-1875) La Bergère : les plaines de Barbizon (avant 1862), une oeuvre de Constant Troyon (1810-1865), Le troupeau d'oies. L'artiste était peintre de paysages et d'animaux et pouvait terminer un tableau par jour.

 

L' oeuvre de Théodore Rousseau, (1812-1867) La ferme dans les landes, (1844-1867), montre le sud-ouest de la France. De grands chênes dominent une ferme ensoleillée, au bout d'un chemin de terre. L'artiste a travaillé vingt ans sur ce tableau.  L'oeuvre de Johan Barthold Jonkind (1819-1891), Frégates (1852-1853), révèle un tracés précis des détails et des gréements, caractéristique des marines de cette époque. L'oeuvre d'Eugène Boudin (1824-1898) Trouville, la rentrée des barques (1894) dépeint la mer et les bateaux. Au centre du tableau se trouve un voilier, suivi par d'autres. A droite, un bateau à vapeur brave les vagues furieuses. Les nuages menacent.

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La ferme dans les Landes, Théodore Rousseau

 

Plusieurs oeuvres de Claude Monet (1840-1926) sont exposées : Marine:  tempête (1866-1867) est d'une tonalité très sombre, le ciel est chargé d'ombres, le bateau semble en péril sur des des eaux agitées. Rue à Sainte-Adresse, (1867) représente une rue descendante et des habitants du village,des murs de pierre et des toits en ardoise, l'église et son clocher. Un arbre immense encadre la scène. Les oies dans le ruisseau (1874) est une scène automnale dominée par les orangers et les jaunes des feuillages qui se reflètent dans les ondulations de l'eau. L'ambiance intime et retirée est typique des tableaux de Monet. Les falaises à Etretat (1885) : reflètent la lumière du matin d'un jour de beau temps qui met en valeur le sommet de l'aiguille de pierre. Les ombres et les reflets dans l'eau sont omniprésents. Le site est vu depuis une petite plage du sud ouest des rochers. A Sassenheim près de Haarlem, champ de tulipe (1886)  est l'un des cinq tableaux que Monet a consacré à ses champs de tulipes. Les couleurs sont intenses, les nuances sont vives. Printemps à Giverny (1890) dépeint une ligne d'arbres et un champ figuré par une bande continue de couleurs tachetées. Une maison est suggérée dans le lointain. Les couleurs claires sont splendides.

750px-Claude_Monet_The_Cliffs_at_Etretat.jpgLes falaises à Etretat, Claude Monet

 

L'exposition présente aussi un tableau de Gustave Caillebotte (1848-1894) impressionniste urbain : La Seine à Argenteuil (1892) et quatre tableaux d'Alfred Sisley (1839-1899) : La Tamise à Hampton Court, (1874), Pommes et raisins dans un panier (1880-1881), Les bords de la Seine à By (1880-1881), Le Loing et les moulins de Moret - effet de Neige (1891).Ce tableau représente le Loing près de la ville de Moret dans le froid.

Camille Pissaro ( 1830-1903) est largement exposé. La route de Versailles à Louveciennes (1870), représente une route bordée d'arbres et de maisons. Un paysan marche à coté de sa charrette. La route, effet de pluie (1870),a également été peint à Louveciennes. La route humide capte des reflets colorés. L'Oise aux environs de Pontoise, (1873), dépeint une usine et ses cheminées dont les fumées rejoignent le ciel et se fondent discrètement aux nuages. La Maison de Piette à Montfoucault (1874), a été réalisée au cours de l'hiver qui suit la première exposition impressionniste en 1874. La toile est couverte des blancs et des gris bleus des paysages d'hiver. Elle a été réalisée en plein air.

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Saint Charles Eragny, Camille Pissaro

 

Saint Charles Eragny (1891) est une oeuvre pointilliste, une des plus belles toiles de l'exposition. L'artiste a utilisé une gamme de traits, de petites touches et de coups de pinceau orientés qui créent comme un tissage. Le port de Rouen, déchargement du bois (1898) fait partie des nombreuses scènes urbaines de Pissaro. Le Louvre vu du Pont Neuf met en valeur l'ancien Palais royal. Les couleurs sont tendres.C'est une oeuvre splendide.

Une oeuvre d'Honoré Daumier (1808-1879) est également exposée : Amateurs d'Estampes, portrait de quatre connaisseurs plongés dans l'examen d'un feillet que tient le personnage central. L'oeuvre de Mary cassat : Offrant le panal au torero, est l'un des quatres grands tableaux peints par l'artiste à Séville. Il représente un entretien galant entre un torero et une jeune femme qui lui offre un verre d'eau pour qu'il y trempe un rayon de miel au retour de l'arène. Deux oeuvres d' Edouard Manet (1832-1883) sont exposées. Intérieur à Arcachon (1871) et Roses mousseuses dans un vase (1882), peint vers la fin de sa vie. Le vase est imposant et  la lumières'y reflète. Les fleurs semblent fichées dans le goulot, sans prétention, de manière désinvolte.

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Roses mousseuses dans un vase, Edouard Manet

 

Une oeuvre d'Henri Fantin Latour (1836-1904), Roses de toutes les couleurs (1885) est également exposée.L'oeuvre de Carolus Durand (1837-1917) Mon jardinier (1893) représente un ouvrier, vétu d'un pardessus froissé. Trois oeuvres d'Edgar Degas, (1834-1917) Autoportrait (1857-1858), Portrait d'un homme (1877), Danseuses au foyer (1880) et Avant la course (1882)sont également exposées.

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Avant la course, Edgard Degas

 

De magnifiques toiles de Jean Léon Gérôme (1824-1904) d'inspiration classique sont exposées : Marché d'esclaves (1866), Femmes fellah puisant de l'eau (1870 ou 1875) et surtout Charmeur de serpent (1879)Un piton est enroulé sur le corps d'un garçon nu. Un homme à droite est assis et joue de la flute. En face du jeune homme, des spectateurs assistent au spectacle du piton, adossés à un mur de mosaïques en arches. C'est une icône de l'imagerie orientaliste. Les couleurs sont splendides.

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Charmeur de serpents, Jean-Léon Gérôme

 

Le tableau de William Bouguereau (1825-1905) Nu assis (1884), côtoie ceux d'Alfred Stevens (1823-1906) Duchesse en robe bleue (1866) et Souvenirs et regrets. Deux tableaux de Giovani Boldini (1842-1931) En traversant la rue (1873-1875) et Jeune femme faisant du crochet (1875) sont exposés. Un tableau de James Tissot, (1836-1902) Chrysantème (1874-1876) donne une image de la vie domestique d'une femme contemporaine du peintre.

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L'Ingénue, Auguste Renoir

 

De nombreux tableaux d'Auguste Renoir (1841-1919) sont exposés. Un Autoportrait (1875), L'ingénue (1874). Sur ce tableau, le vert domine. Une jeune fille à la chevelure blonde peinte dans une large gamme de nuances, porte une écharpe bleu. Il s'agit d'Henriette Henriot. La douceur de son visage et de ses gestes est remarquable. Portrait de Madame Monet (1874) représente la première épouse de Claude Monet assise dans un divan confortable et coloré. Elle lit un livre. Elle porte un caftan bleu, orné de nombreux motifs. Jeune femme au crochet (1875) représente une jeune femme assise qui fixe son attention sur son ouvrage. Ses cheveux sont longs et blonds dorés ; sa chemise a glissé sur son épaule. Il s'agit de Nini Lopez. Le Pont de Chatou (1875), a été peint du restaurant Fournaise. Les couleurs sont vives, les bleus et les jaunes sont intenses. Père Fournaise (1875) représente Alphonse Fournaise, propriétaire d'un restaurant et d'une affaire de location de bateaux sur une île de la seine à Chatou, une bière devant lui et une pipe à la bouche. Femme à l'éventail (1879) représente Jeanne Samary coiffée d'un chapeau à la mode,  tenant un éventail japonais devant un bouquet de chrysanthèmes et un papier peint rayé.

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L'enfant à l'oiseau, Auguste Renoir

 

Portrait de Thérèse Bérard ( 1879) représente la nièce d'un banquier, agée de 16 ans, ses longs cheveux tombent sur ses épaules. Elle baisse les yeux et porte une robe bleu et blanc avec un col en dentelle. Jeune fille endormie (1880) représente Angèle, une jeune fille du quartier de Montmartre, endormie dans un fauteuil rouge, vétue d'une robe bleue avec des bas à rayures, un chapeau à plumes. Est également exposé Une loge au Théâtre (1880),qui a servi à l'affiche de l'exposition.

 

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Jeune fille endormie, Auguste Renoir

 

Pivoines (1880) est un somptueux bouquet de fleurs rouge et rose éclatant qui se détachent sur un bleu profond de l'arrière plan. Coucher de soleil (1879 ou 1881) est une scène athmosphérique pleine d'effets de lumière spéctaculaires, Le Palais des Doges à Venise, (1881) est un tableau précis représentant les détails du palais et ses façades de couleur crème se détachant des bleus du ciel. Au premier plan, des gondoles animent le tableau. La Baie de Naples, le soir (1881) représente le Vésuve. D'autres tableaux de Renoir sont exposés : Oignons (1881), Baigneuse blonde (1881), L'enfant à l'oiseau (1882), représentant Melle Fleury, vétue d'un costume algérien, dans le décor d'une maison arabe et tenant un oiseau.  Marie-Thérèse Durand Ruel cousant (1882), Pommes dans un compotier (1883), La lettre (1895-1900),et un second Autoportrait (1899).

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Pivoines, Auguste Renoir

 

Deux tableaux de Berthes Morisot (1841-1895), Dahlias et Le bain (1885-1886), sont exposés. Isabelle Lambert, 17 ans, a posé à plusieurs reprises pour Berthe Morisot. On la voit ici en chemise blanche, attachant ses cheveux avec un ruban noir, sa brosse à cheveux sur les genoux. Elle a du rouge sur les lèvres et les joues. Deux tableaux de Toulouse Lautrec (1864-1901) font également partie de cette exposition : Carmen (1884) et L'attente (1888). Il s'agit de Carmen Gaudin, que Toulouse Lautrec rencontra sur l'avenue de Clichy et qu'il choisit comme modèle de douze tableaux. Un tableau de Pierre Bonnard (1867-1947) Femmes au chien, côtoie un tableau de Paul Gauguin (1848-1903) Jeune chrétienne (1894) peint lors d'un séjour en Bretagne, à Pont Aven. Le personnage porte une robe jaune vif et un chapeau noir. La culture tropicale dont paul Gauguin s'est imprégné en Polynésie a une influence significative sur sa peinture.

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Carmen, Toulouse Lautrec

 

L'exposition est proposée au musée des impressionnismes de Giverny, du 13 juillet au 31 octobre 2011 ; Elle sera  au CaixaForum de Barcelone  du 18 novembre au 12 février 2012. puis au Kimbell Art Museum de Fort Worth au Texas du 4 mars au 17 juin 2012, à la Royal Academy of Arts de Londres du 7 juillet au 23 septembre 2012 ; et au musée des Beaux-Arts de Montréal, du 8 octobre au 20 janvier 2013. La tournée se poursuivra au Japon et en Chine en 2013.

 

Bonne visite

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 16:08

catalogue

Présentation de l'éditeur

 

Cet ouvrage est consacré à un ensemble extraordinaire de peintures françaises extrait de la remarquable collection de tableaux européens du Sterling and Francine Clark Art Institute, de Williamstown, Massachusetts. Publié à l'occasion d'une exposition itinérante de l'essentiel du fonds impressionniste de l'institut, les Chefs-d'oeuvre de la peinture française du Sterling and Francine Clark Art Institute proposent plus de soixante-dix tableaux européens du XIXe siècle parmi les plus significatifs de la collection : chefs-d'oeuvre de Monet, Pissarro, Sisley, Morisot, Manet, Degas, Renoir et Gauguin, oeuvres fondatrices de Corot et de Millet, tableaux académiques d'artistes comme Gérôme et Bouguereau. Deux essais, rédigés par des spécialistes de l'art européen du XIXe siècle, sont illustrés par des images d'archives et des oeuvres d'autres artistes de la collection Clark : Dürer, Piero della Francesca, Rodin et Sargent. James A Ganz propose une biographie succincte de Sterling Clark, amateur autodidacte et héritier de la fortune des machines à coudre Singer, qui, avec son épouse, Francine, a réuni l'une des plus belles collections privées des États-Unis. Richard R Brettell présente les Clark dans le contexte plus large des collectionneurs du début du XXe siècle, comme Albert Barnes, Henry Clay Frick et Duncan Phillips. Ces textes sont suivis, pour chaque tableau de l'exposition, de notices et de reproductions. Remarquablement illustré et documenté, ce livre, qui nous mène des paysages évocateurs de l'école de Barbizon aux expérimentations audacieuses du post-impressionnisme, est une contribution significative à l'étude de l'originalité et de la diversité de la peinture du XIXe siècle.

 

En quelques mots

 

Le Sterling and Francine Clark Art Institute, crée en 1955,  est un musée et un centre de recherche et d'études dans le domaine des arts plastiques, renommé pour ses collections et ses expositions originales. Il détient de nombreux tableaux impresionnistes dont 30 Auguste Renoir. Sterling Clark, explorateur professionnel, éleveur de chevaux et amateur d'art a formé son goût en visitant les galeries, en assistant à des ventes et en développant des relations avec des marchands d'art. L'exposition "la collection Clark à Giverny, de Manet à Renoir", présente une sélection de chefs d'oeuvre de la collection du Clark. Les peintures de Manet, Degas, Monet, Pissaro, Sisley et Renoir cotoient ceux de Bouguereau, Gérôme ou Alfred Stevens.

 

Robert Sterling Clark, (1877-1856) issu d'un milieu fortuné, héritier du constructeur Singer, fut élevé à New York, vécu en Europe et voyagea dans le monde entier. A Paris, il rencontra sa femme Francine Clary, comédienne et  fille d'un tailleur parisien l'épousa en 1919. Toute sa vie, il a collectionné des chefs-d'oeuvre, aidé dans ses choix par sa femme.

 

En 1910, Clark acquit un hôtel particulier. Son salon devint la vitrine privée d'une sélection d'oeuvres. Avec ses acquisitions, il prit place dans le cercle fermé des colllectionneurs multimillionaires. Il développa sa collection jusqu'en 1914. Il acquit des Renoir. En 1917, il rejoignit l'armée et servit comme officier de liaison entre les Américains et les forces françaises. A 42 ans, il s'établit à New york. Il acheta des parcelles agricoles et se consacra à sa passion des chevaux, reprit ses activités de collectionneur et exporta certaines de ses acquisitions à Paris tout en restant anonyme. Il rompit toutes relations avec son frère et décida de tester en faveur du Petit Palais. Il se spécialisa dans l'achat de tableaux impressionnistes et la peinture du XIXème siècle.. Il créa des écuries de course en Normandie et en Virginie. Il multiplia ses achats de tableaux entre 1930 et 1940. Il devint l'un des plus grands collectionneurs privés de l'oeuvre de Renoir. L'approche de la guerre le contraignit à sortir sa collection de Paris. Ses tableaux furent expédiés par bateau vers un entrepôt de Montréal et à Denver. Robert Sterling Clark et sa femme quittèrent Paris pour New-York. Sterling Clark modifia son testament et laissa la totalité de sa collection à la ville de Richmond en Virginie. il exposa sa collection d'argenterie au bénéfice d'organisations de secours anglaises et françaises. Il pensa à  fonder un musée à New-York et rédigea un nouveau testament qui prévoyait la création d'une institution à but non lucratif en 1946. Les Clark retournèrent en France pour la première fois depuis 7 ans. Les acquisitions diminuèrent mais leur qualité etait plus élevée que jamais. Sterling Clark engagea les travaux de réalisation de son musée à proximité du Williams collège, une université d’histoire de l’art, à la frontière du Massachussetts et du Vermont, en Nouvelle Angleterre puis déplaça sa collection. Le musée fut  inauguré le 17 mai 1955. L'exposition fut complétée en 1956 par une grande galerie impressionniste juste avant le décés de Sterling Clark. Francine Clark continua à siéger au musée jusqu'en 1960.

 

Durant les dix premières années de sa vie, il a préféré les Maïtres anciens et recherché leurs oeuvres à Paris et à Londres. Il s' est intéressé par la suite à la peinture américaine. Il a acheté son premier Renoir en 1916. Il a amassé également des gravures et des dessins européens et américains depuis la Renaissance jusqu'au début du XXème siècle. Sterling Clark réunit aussi une collection de joaillerie d'argent anglaises et américaines et une bibliothèque de livres rares. Les oeuvres exposées au musée sont de petite taille et présentées par affinités.

 

Le catalogue présente les différentes oeuvres exposées. Une photo de chaque tableau est commentée.La première partie consacrée à la vie des Clark et à leur héritage esthétique est très illustrée. C'est certainement un livre à garder, en complément de l'exposition.

 

 

Editions : Skira, 2011, 224 p.

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 23:40




 

 

 

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Camille Pissaro réalise le "Portrait de Félix "  en 1881, pendant la "Période de Pontoise" (1872 -1884) marqué par l'influence de l'art de Cézanne. C'est pendant cette période aussi  que le groupe des impressionnistes se disperse . 

 

Plus d'informations sur Camille Pissaro

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 23:05

 

  Je ne sais pourquoi je m'étais figuré que Prague était niché dans un trou de  montagnes qui portaient leur ombre noire sur un tapon de maisons chaudronnées : Prague est une cité riante où pyramident vingt-cinq à trente tours et clochers élégants ; son architecture rappelle une ville de la Renaissance. La longue domination des empereurs sur les pays cisalpins a rempli l'Allemagne d'artistes de ces pays ; les villages autrichiens sont des villages de la Lombardie, de la Toscane, ou de la terre ferme de Venise : on se croirait chez un paysan italien si, dans les fermes à grandes chambres nues, un poêle ne remplaçait le soleil.

     La vue dont on jouit des fenêtres du château est agréable : d'un côté on aperçoit les vergers d'un frais vallon, à pente verte, enclos des murs dentelés de la ville, qui descendent jusqu'à la Moldau, à peu près comme les murs de Rome descendent du Vatican au Tibre ; de l'autre côté, on découvre la ville traversée par la rivière, laquelle rivière s'embellit d'une île plantée en amont, et embrasse une  île en aval, en quittant le faubourg du Nord. La Moldau se jette dans l'Elbe. Un bateau qui m'aurait pris au pont de Prague m'aurait pu débarquer au pont Royal à Paris. Je ne suis pas l'ouvrage des siècles et des rois ; je n'ai ni le poids ni la durée de l'obélisque que le Nil envoie maintenant à la Seine ; pour remorquer ma galère, la ceinture de la Vestale du Tibre suffirait.

     Le pont de la Moldau, bâti en bois en 795 par Mnata, fut, a diverses époques, refait en pierre. Tandis que je mesurais ce pont, Charles X cheminait sur le trottoir ; il portait sous le bras un parapluie ; son fils l'accompagnait comme un
cicerone de louage. J'avais dit dans le Conservateur qu'on se mettrait à la fenêtre pour voir passer la monarchie : je la voyais passer sur le pont de Prague. 

     Dans les constructions qui composent Hradschin
(*),  on voit des salles historiques, des musées que tapissent les portraits restaurés et les armes fourbies des ducs et des rois de Bohême. Non  loin des masses informes, se détache sur le ciel un joli bâtiment vêtu d'un des élégants portiques du cinquecento : cette architecture a l'inconvénient d'être en désaccord avec le climat. Si l'on pouvait du moins, pendant les hivers de Bohême, mettre ces palais italiens en serre chaude avec les palmiers !  J'étais toujours préoccupé de l'idée du froid qu'ils devaient avoir la nuit.

     Prague, souvent assiégé, pris et repris, nous est militairement connu par la bataille de son nom et par la retraite où se trouvait Vauvenargues. Les boulevards de la ville sont démolis. Les fossés du château, du côté de la haute plaine, forment une étroite et profonde entaille mainteannt plantée de peupliers. A l'époque de la guerre de Trente Ans, ces fossés étaient remplis d'eau. Les protestants ayant pénétré dans le château le 23 mai 1618, jetèrent par la fenêtre deux seigneurs catholiques avec le secrétaire d'Etat : les trois plongeurs se sauvèrent. Le secrétaire, en homme bien appris, demanda mille pardons à l'un des deux seigneurs d'être tombé malhonnêtement sur lui. Dans ce mois de mai 1833, on n'a plus la même politesse : je ne sais trop ce que je dirais en pareil cas, moi qui ai cependant été secrétaire d'Etat.
(...)
     Confusion, sang, catastrophe, c'est l'histoire de la Bohême ; ses ducs et ses rois, au milieu des guerres civiles et des guerres étrangères, luttent avec leurs sujets, ou se collettent avec les ducs et les rois de Silésie, de Saxe, de Pologne, de Moravie, de Hongrie, d'Autriche et de Bavière.

     Pendant le règne de Venceslas VI, qui mettait à la broche son cuisinier quand il n'avait pas bien rôti un lièvre, s'éleva Jean Huss, lequel ayant étudié à Oxford, en apporta la doctrine de Wiclef. Les protestants qui cherchaient partout des ancêtres sans en pouvoir trouver, rapportent que, du haut de son bûcher, Jean chanta, prophétisant la venue de Luther.
(...)        
     En arpentant la ville et les faubourgs de Prague, les choses que je viens de dire venaient s'appliquer sur ma mémoire, comme les tableaux d'une optique sur une toile. Mais, dans quelque coin que je me trouvasse, j'apercevais Hradschin, et le roi de France appuyé sur les fenêtres de ce château, comme un fantôme dominant toutes ces ombres.


(Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe)

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 14:21

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  Plus d'informations sur Auguste Renoir

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Epreuve d'artiste, Pierre Skira

A  Bénédicte, l'amitié de Pierre

 

 

 

 

Renoir a peint cette"vie remarquable"  à Naples, en  Italie. A partir de ces objets banals - un groupe d'oignons jaunes et un couple de bouquets d'ail placé sur une table - Renoir a créé une composition dynamique. De rapides coups de pinceaux parallèles  figurent les peaux des oignons 'papyracées et la riche atmosphère qui les entoure. Disposés sur un torchon blanc froissé à bordure rouge et bleu, les oignons sont à la fois simples et essentiels. Les nuances sont douces. Les oignons ont probablement  été la peinture de l'artiste que  préférait Sterling Clark .


A ne pas manquer actuellement

La Collection Clark à Giverny, de Manet à Renoir

12 juillet - 31 octobre 2011

 

Le Sterling et Francine Clark Art Institute organise à travers l’Europe une grande exposition itinérante. Celle-ci rassemble près de 70 œuvres parmi les plus belles pièces de sa collection de peintures européennes du XIXe siècle.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 11:16

Science et vie Junior propose un numéro hors série sur les vrais Gaulois ce mois d'aout 2011. La revue propose un petit tour de Gaule par étapes, en commençant par Massalia, principal accès à la Gaule, fondée vers 600 avant JC pr des colons grecs Phocéens,  détruite par les Perses avant de devenir autonome jusqu'en 49 avant JC.

Lattara, actuelle ville de Lattes, à 5km de Montpellier, est un petit port commercial. On y pêche, on y chasse et on y cultive des céréales, de la vigne et des Oliviers.

Sur le Rhone, un traffic intense, permet d'échanger céréales, minerais, charcutaille, esclaves, amphores. Le passage est à péage, les routes et les bords des fleuves sont aménagés.

Bibracte, en Bourgogne dans le Morvan est un oppidum, une place forte, capitale du peuple éduen, située au sommet du Mont Beuvray. Ses remparts de pierre et de bois encerclent des maisons en bois, un quartier artisanal, des places de marché, des lieux dédiés au culte ou à la politique, des champs, des mines, des forges. La rue principale mesure 14m de large.

Dans les plaines du Nord, des fermes isolées et des parcelles cultivées cotoient des forêts. Les gaulois y cultivent du blé, de l'avoine, du millet, de l'orge, des lentilles, des pois et des fèves, du lin et du chanvre. les parcelles non cultivées servent de pâture aux vaches, aux moutons, aux chèvres et aux chevaux. L'habitat, en toit de chaume est conçu pour entreposer les récoltes et les protéger.

A Paule , dans les côtes d'armor, la demeure d'un puissant en pierre en bois et en torchis, conçue au VI ème siècle av JC est une rédidence sécurisée avec fossès et tours. Autour se trouvent des écuries, des réserves de grains, des ateliers de sidérurgie et des maisons sur une surface de 300 m de large et 1 km de long. Au Ier siècle av JC elle est devenue une agglomération.

 

Un chapître sur les Celtes présente le matériel de guerre, l'équipement militaire, tuniques en cuir, cote de maille, casque, bouclier, pointes de lances ou de flèches et l'organisation au combat, les formations d'infanterie sérrée, les combattants à cheval. Les Celtes ont coutume de trancher les têtes sur le champ de bataille pour prouver leur vaillance et conserver une trace de leurs prouesses. Les crânes sont nettoyés, les têtes sont bouillies, enduites d'argile pour y sculpter les traits de l'ennemi.

Bien avant les romains, les grecs avaient eu des contacts avec les gaulois à qui ils donnaient le nom de keltoï qui signifie celte. les Phocéens les ont rencontrés dans le languedoc. Ce sont en fait les Ségobriges. Les Celtes d'origine vivent dans le sud et ne forment qu'une partie des habitants de la Gaule. Au delà du pays des Celtes, jusqu'au Rhin et au plateau suisse, se trouvent les Galates, aculturés et très influencés par les celtes. A l'époque de César, la Gaule existe, peuplée de gaulois, peuples d'origines diverses ayant le sens d'un espace géographique et politique commun.

 

Les Gaulois étaient d'excellents artisans. Ils ont inventés tous les outils de fer utilisés en occident. Ils fabriquent aussi des outils quotidiens, de la vaisselle en métal, des lampes à l'huile, des bijoux ou des statuettes. le bronze sert à fondre des récipients. Les Gaulois se couvrent de bijoux d'or, colliers, bracelets, poignets, de biceps ou de cheville, de larges ceintures pour les femmes, des épingles, des fibules. Ils créent des fourrures de loup, de renard et de chien, ils tissent des étoffes de laine de mouton, crin de cheval, blaireau, vache, soie de porc. les etoffes sont teintées à l'aide de fruits, de coquillages ou de plantes. La viande de porc tient une place importante dans l'alimentation. La viande est salée. Le bois sert à la construction de tonneaux, de charpentes, de planchers, de murs, de mobilier et de boucliers, de vaisselle, de statues, de véhicules, de sabots. Le troc est le principal moyen de paiement des marchandises. la monnaie est importée de grèce au IVème siècle av JC puis sont adaptées à la culture gauloise.

 

Les Gaulois sont surtout des éleveurs de cochon, vache, mouton, cheval et chiens. Avec la farine, ils faisaient du pain et des biscuits, les grains grillés étaient mangés en bouillies et galettes. Les lentilles, pois, fèves, pommes noisettes, poires fraises des bois poussaient dans les jardins. Les gaulois buvaient du vin d'Italie et ils en produisaient dans le sud de la gaule. La cervoise était fabriquée à partir d'orge. ils buvaient de l'hydromel, à base de miel.

 

Dans la vallée de la Seille, en Moselle, on exploitait le sel depuis l'âge du fer, pour conserver les aliments et maintenir le bétail en bonne santé. Il était exporté en Franche Comté et dans le bassin parisien. Etre ouvrier de sel était gratifiant. Les bassines sur grands fourneaux furent progressivement remplacées par de petits moules. La disparition des arbres nécessaires à sa production met le sol à nu.

la culture est orale. De très rares textes gaulois datent du IIIème siècle av JC. ils écrivaient peu, les druides y sont opposés pour protéger leurs secrets. Ils écrivaient sur la tuile, la pierre, le plomb pour jeter des sorts, déclarer leur flamme.

 

Les peintres du XIXème siècle les ont beaucoup représentés. Ils ont fait de nombreuses erreurs historiques.

 

Les druides sont des "princes prêtres", impliqués dans la vie militaire, les assemblées politiques et la représentation diplomatique de leur tribu. Les bardes composent et interprètent des chants, poèmes, intermèdes, récits de hauts faits héroïques. Ils participent aux cérémonies religieuses. Les Gaulois pratiquent le sacrifice et les devins lisent dans les entrailles des animaux. Ils vénèrent de nombreux dieux dans des sanctuaires. ils pratiquent le sacrifice humain. Ils craignent les orages, les catastrophes naturelles, les phénomènes célestes. Ils croient à la migration des âmes. Ils organisent de nombreux banquets.
.

A la chute d'Alésia, Jules César a rédigé 7 livres de commentaires consacrés à la guerre des Gaules, minimisant ou mettant en valeur certains épisodes. Il terrasse les Belges, les Vénètes et envahit tout l'ouest de la Gaule, bat les Germains à l'est jusqu'aux côtes anglaises puis concentre l'action sur le centre de la Gaule et vainc Vercingétorix à Alésia en 52 av JC. Les Gaulois adoptent alors le mode de vie des romains.

 

Ce numéro hors série de 97 pages est très complet et illustré de cartes, dessins, photos, bande dessinée. Les articles sont clairs, très bien organisés. Les sources sont citées, des encars "Coté Fouilles" sont plus scientifiques et s'intéressent aux procédés de recherche historique.

 

Pour de plus amples informations sur l'histoire des celtes, c'est ici

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 22:57

"L'amitié est une vertu."


Albert Camus, L'été (1954)

le jeudi c'est citation-copie-1

Une idée originale de Chiffonnette


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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 17:40

Le tulipier de Virginie


Originaire du sud et de l'est des Etats d'Amérique, le tulipier  s'étend de l'Arkansas et l'Alabama jusqu'au Michigan, New York et le sud du Canada . Dans les forêts mixtes, il est associé au Noyer Noir, au Caryer et au chêne blanc d'Amérique. Il a été introduit en France au début du XVIIIème siècle. Le plus connu fut planté au Petit Trianon de Versailles pour la Reine Marie-Antoinette en 1771 et abattu par la tempête de décembre 1999.

 

le-tulipier-de-Virginie.JPG

En savoir plus

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 00:20

La femme en rose Alfred Stevens(1823-1906)

la-dame-en-rose.jpg

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 09:16
Elévation



Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1861

 

Une idée originale de Celsmoon

La liste des participants est tenue par Bookworm

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