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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 11:24

lady-susan.gifRésumé de l'éditeur

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s’amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question…

Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d’une aventurière, dans la lignée des personnages d’Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

 

En quelques mots

Lady Susan est un court roman épistolaire de 116 pages exposant les intrigues sentimentales d'une pauvre et jolie veuve et de sa fille Frederica. Le roman commence par une lettre de Lady Susan Vernon à son frère Charles, par laquelle elle accepte l'invitation qu'il lui a faite de les rejoindre, lui et sa femme Catherine à Churchill. Frederica, la fille de Lady Susan a 16 ans, et elle est récemment passée des mains d'une gouvernante peu scrupuleuse à celles de Mlle Summers, dans une pension de la capitale. Sir James Martin, qui hésite entre la mère et la fille, lui a fait une proposition de mariage qu'elle a refusée. Lady Susan porte le deuil de son mari depuis quatre mois. Elle entretient de difficiles relations avec son entourage, chez qui elle vient de mettre la zizanie, Madame et Mademoiselle Manwaring, jalouses de l'attention de Sir James pour ces femmes et de celle de Manwaring pour Lady Susan.

Catherine Vernon qui nourrit les plus vives réserves sur sa belle soeur, lui reproche l'éducation pitoyable de sa fille. Son frère Reginald De Courcy,  averti par un ami de la mauvaise réputation de Lady Susan, décide de les rejoindre à Churchill. Lady Susan souhaite pour sa fille l'apprentissage du piano et du chant et le mariage avec Sir James. Elle est bien décidée à rendre la vie de sa fille insupportable, aussi longtemps qu'elle n'aura pas accepté ce parti. Catherine Vernon, prévenant sa mère de la prolongation du séjour de son frère dans le Sussex, lui fait part de son indignation devant la conduite coquette de Lady Susan qui parvient à s'attirer les bonnes grâces de son frère. Lady Susan, triomphante, se réjouit en effet du changement d'attitude de Reginald, tombé amoureux d'elle mais vis à vis duquel elle n'envisage que de l'amitié platonique. Mais Catherine ne sera jamais dupe de la conduite de sa belle soeur...

Lady Susan est  manipulatice, sprituelle et déterminée. Ce roman, est remarquablement bien écrit , plein de rebondissements et très agréable à lire mais peut être un peu court. J'ai beaucoup apprécié le style épistolaire qui  construit le récit sans l'alourdir ni gêner la lecture, bien au contraire, et permet de découvrir les liens entre les personnages. C'est une histoire assez moderne finalement dans la description de toutes ces tensions familiales. Je vous le recommande vivement. C'est un très bon moment de lecture.

 

Editeur : Gallimard, 2000, 116 p.

Je participe au challenge j'aime les classiques

defi classique-300x116

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 18:07

le-magasin-des-suicides.jpgRésumé de l'éditeur

Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !..

Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre, en la personne du petit dernier, Alan...

 

Mon avis

Mishima et lucrèce Tuvache tiennent un commerce un peu particulier. Ils vendent de quoi se suicider en bonne et due forme : chanvre, munitions, lames de rasoir, sabre et veste de kimono, poisons, préservatifs percés, parpaing avec anneau et chaine..., toute une série de produits et de prestations pour mettre fin à ses jours de la façon la plus adaptée qui soit. Ils ont trois enfants. Marilyn, (pour Monroe) l'aînée et Vincent (pour Van Gogh) le second semblent leur donner toute satisfaction. Dépressifs comme ils se doit, ils adoptent les mêmes conceptions que leurs parents sur l'existence. Ils ressemblent un peu à la famille Addams. Alan (pour Alan Turing, célèbre suicidé), au contraire, est un garçon rieur et plein de joie qui voit la vie en rose et apporte la joie de vivre, ce qui n'était pas prévu.

C'est une histoire pas banale et complètement farfelue, les dialogues sont décalés, tout comme les situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Mais passée la première surprise, on se lasse bien vite de ces détails lugubres et drolatiques. Heureusement ce livre n'est pas très gros et se lit rapidement. Franchement je n'ai pas accroché. Aborder avec humour le thème du suicide n'est pas choquant en soi. Mais cette histoire aurait gagné à être racontée dans une BD d'humour noir plutôt que dans un roman dont le style n'a vraiment rien d'époustouflant. Il a été adapté par Patrice Leconte et présenté au festival du film d'animation d'Annecy.   Il sortira sur grand écran en 2012. Il m'a été prêté par Sylvie  qui l'a fait voyager. livre voyageur

 

affiche-le-magasin-des-suicides.jpg

Editeur : Julliard, 2007, 157 p.


L'avis de Chris

ABC challenge 2010Je participe au challenge ABC 2010

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 08:49

La-dame-noire.jpgRésumé de l'éditeur

 

Ils sont beaux, riches, puissants, familiers de la Maison Blanche... Julia et Lemaster Carlyle forment l'un des couples africains-américains les plus jalousés de Nouvelle-Angleterre, ce bastion de la " blanchitude ". Un soir, alors qu'ils rentrent d'une réception à New England, la prestigieuse université que Lemaster dirige, ils sont pris dans une tempête de neige et leur voiture quitte la route. Près du lieu de l'accident, ils découvrent un cadavre. Julia, horrifiée, reconnaît le corps de son ancien amant, l'éminent économiste noir Kellen Zant.

Ravivant les plaies de la question raciale, ce crime va avoir sur la petite ville universitaire et sur chaque membre de la famille Carlyle des conséquences dévastatrices dont l'onde de choc se propagera jusqu'au Bureau ovale. Car l'enquête sur le meurtre de Kellen lève le voile sur un autre, vieux de trente ans, qui semble impliquer Lemaster et son ami le Président...

 

Mon avis

 

L'histoire se déroule à Tyler's Landing, une petite bourgade de 3000 habitants dans le comté d'Harbor en Nouvelle-Angleterre. Julia Carlyle, vice doyenne de la faculté d'études religieuses et son mari Lesmaster, intellectuel chrétien, président de l'Université d'Elm Harbor et ancien conseiller juridique de la Maison Blanche, reçoivent des anciens élèves de l'Université à Lombard Hall, un vendredi du mois de novembre 2003. Sur la route du retour, alors qu'ils s'apprêtent à retrouver leur fille Vanessa, ils ont un accident de voiture et découvrent, dans le fossé, le corps inanimé de l'économiste Kellen Zant, tué de 2 balles dans la tête. Julia avait dans le passé éprouvé pour cet homme des sentiments passionnés. Rapidement, elle apprend que Kellen avant de mourir, avait réuni et transmis des informations sur l' histoire non élucidée du meurtre de Gina Joule trente ans plus tôt, avec l'aide d'une mystérieuse dame noire. DeSchaun Moton, un jeune noir américain, tué quelques jours plus tard par la police, lors d'un vol de voiture, avait alors opportunément été accusé du meurtre. Afin de protéger sa fille, qui avait présenté sa thèse sur cette affaire, et présente depuis des troubles psychiatriques, elle mène une enquête parallèle à celle du lieutenant de police et de Bruce Valley, le responsable de la sécurité de l'Université. Elle découvre que Lesmaster et son ami le Président sont impliqués...

C'est un livre passionnant sur le société noire américaine privilégiée, ses difficultés d'intégration dans la communauté blanche, ses rapports et son influence sur le pouvoir politique, les secrets de ses clubs et de ses associations, ses castes et ses clans dans lesquels il est si difficile de se faire accepter. Jeux d'influence, manipulation, chantage, tous les moyens sont bons pour accéder au pouvoir. C'est un savoureux mélange de politique, de religion et d'économie, les références à cette discipline étant multiples dans l'ouvrage.

Ce roman de 650 pages est peut-être un peu trop long,  mais  il est plein de rebondissements et de personnages,  dont la description est remarquable et il se prêterait très bien à une adaptation cinématographique. Le style est détaillé et bien maîtrisé. C'est une histoire complexe, très bien articulée, un très bon polar sans hémoglobine, qui a une vraie dimension sociologique. Il m'a été prêté par Restling qui l'a fait voyager. livre-voyageur.gif

 

Editeur : Robert Laffont, 2009, 652 p.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 21:22

 

Près des étangs où la libellule voltige, valmrel-2010-036.JPG
Où, dans les soirs d'été, vient se baigner l'oiseau,
On aperçoit l'Iris, qui tremble sur sa tige
Et semble un papillon posé sur un roseau.

Du bleu foncé des mers elle reçut l'empreinte,
Prise à l'heure où la nuit noircit l'azur des cieux.
Seule parmi les fleurs elle offre cette teinte,
La plus chère à l'esprit et la plus douce aux yeux.

Sur la terre, du bleu la Nature est avare,.
Et les poètes sont réduits à le rêver ;
Si le pinceau s'applique à le rendre moins rare,
C'est que vers l'Idéal l'Art tend à s'élever.

Des Zéphirs printaniers docile messagère,
Comme une voile au vent toujours prête à flotter,
La forme de l'Iris, vaporeuse et légère,
Est l'image de l'âme en train de nous quitter.

Aux rayons du soleil qui brille sur la plage,
Sa transparence émet une lueur dans l'air,
Semblable au feu follet qui court avant l'orage
Et disparait soudain, absorbé dans l'éther.

Charles Rouvin (fin 19e siècle)

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 12:29

Ingrédients pour 8 personnesgateau-bananes-caramelisees-001.JPG

 

4 bananes

4 oeufs

250 gr de sucre

1 sachet de sucre vanillé

180 gr de farine

180 gr de beurre

1 pincée de sel

1/2 sachet de levure chimique

 

Temps de préparation : 45 mn

 

Faire fondre 70 gr de sucre et un peu d'eau jusqu'à l'obtention d'un caramel pas trop foncé. En enduire un moule à kouglof. Eplucher les bananes. Les couper en 4. Disposer les morceaux de banane contre le caramel. Préchauffer le four à 180 ° (Th. 6). Dans une terrine, mélanger les oeufs entiers avec le sucre et le sel et travailler jusqu'à ce que le mélange blanchisse et devienne mousseux. Ajouter alors, alternativement, la farine mélangée à la levure et le beurre ramolli, par petites quantité. Verser la pâte sur les bananes et glisser le moule dans le four.

Démouler chaud avant que le caramel ne colle et ne rende cette opération plus difficile.

 

Cette recette est une libre adaptation de la recette présentée p. 496 du livre de Camille Le Foll : Les classiques de Camille, Hachette, 2004 : Gâteau poires caramel

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 14:14

En ce moment, sur mon balcon, les fleurs se développent harmonieusement. J'ai planté des pensées, des primevères, du muscari, des jonquilles, des géranium lierre dont j'attends beaucoup cet été, de la verveine bleue, des pétunias...

 

Entrez

 

Le Narcisse et la Jonquille

Es-tu narcisse ou jonquille ?
Es-tu garçon, es-tu fille ?
Je suis lui et je suis elle,
Je suis narcisse et jonquille,
Je suis fleur et je suis belle
Fille.

Robert DESNOS (1900-1945)

 

 

 

Emblème de la nuit, ta fleur rougeâtre et sombre,

Géranium, attend la nuit pour embaumer,

Ton parfum hait le jour et se répand dans l'ombre,

Oh ! dites-moi, vous qui savez aimer,

Dieu, comme cette fleur, n'a-t-il pas fait votre âme ?

N'est-il pas vrai qu'à ceux dont le coeur est de flamme

Le monde et la clarté sont toujours opportuns ?

Et n'est-ce pas la nuit, et sous l'oeil solitaire

De la lune voilée, amante du mystère,

Que l'amour doit sur nous épancher ses parfums ?

 

 Lamartine (1790-1869 )

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 07:49

Vous avez été 2120 visiteurs à venir sur ce blog au 1er trimestre 2010 et vous avez vu 6239 pages.

Merci pour vos 676 commentaires qui donnent vie à ce blog.

 

Depuis le mois de janvier, j'ai écrit 63 articles et 4 pages. J'ai participé à 5 challenges et à 1 partenariat avec un éditeur.

 

 

Vos recettes préférées ont été :

 

1- La timbale de petits pois au jambon 

2- La tarte aux poivrons

3- La sole grillée au persil et pommes vapeur

4- La quiche au bleu

5- Le gâteau au yaourt

 

 

Le palmarès des livres les plus commentés est le suivant :

 

1- Romans et nouvelles de Stephan Zweig : Conte crépusculaire, Brûlant secret et La peur

2- Orgueil et préjugés de Jane Austen

3- Romans et nouvelles de Stephan Zweig : Amok, La femme et le paysage, La nuit fantastique, Lettre d'une inconnue

4- Romans et nouvelles de Stephan Zweig : La ruelle au clair de lune, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, La confusion des sentiments

5- Ensemble c'est tout d'Anna Gavalda

 

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Joyeuses Pâques !

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 08:17

La-peste-A-Camus.jpgRésumé de l'éditeur

 

- Naturellement, vous savez ce que c'est, Rieux ?

- J'attends le résultat des analyses

- Moi, je le sais. Et je n'ai pas besoin d'analyses. J'ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j'ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d'années. Seulement on a pas osé leur donner un nom, sur le moment... Et puis, comme disait un confrère : "C'est impossible, tout le monde sait qu'elle a disparu de l'Occident."

Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c'est...

- Oui, Castel, dit-il, c'est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

 

Mon avis

 

La peste a été publié en 1947 au lendemain de la seconde guerre mondiale et a connu un immense succès.  Camus imagine une épidémie de peste. Le récit à la fois réaliste et épique  est divisé en cinq parties, suivant la progression de la maladie. L'histoire se déroule dans les années 40, à Oran, une ville fermée qui tourne le dos à la mer.

Au printemps, le docteur Rieux sort de son cabinet et découvre un rat mort sur le palier. Le concierge, Mr. Michel, croit à de mauvais plaisants. Mais le lendemain, il en découvre d'autres. Rieux accompagne sa femme à la gare qui, malade, part se soigner en montagne. Quelques jours plus tard, une agence de presse annonce que six mille rats ont été ramassés le jour même. L'inquiétude commence à gagner. Mr Michel tombe malade et ne peut être sauvé. Rieux est appelé par Grand, un employé de mairie qui vient d'empécher son voisin Cottard de se suicider. En quelques jours, vingt cas de décès sont dénombrés et Rieux se rend à l'évidence en compagnie de son confrère Castel : il s'agit de la peste. Il obtient la réunion à la Préfecture d'une commission sanitaire. Une dératisation scientifique, une surveillance étroite de l'alimentation en eau et l'isolement des malades sont décidés. Les mesures sont rapidement renforcées. Les portes de la ville sont fermées.

La peste apporte l'exil, la séparation d'avec les siens et la solitude. Le ravitaillement est limité. Le Père Paneloux organise une semaine de prières collectives et exorte les fidèles au repentir. Une sorte de peur générale et profonde gagne les oranais, certains essayant de tromper la vigilance des barrages pour fuir hors de la ville. Le journaliste Rambert, qui n'est pas d'Oran, multiplie les démarches et espère être renvoyé dans sa résidence habituelle pour y retrouver sa femme. Un élan de solidarité se manifeste également. Castel met toute son énergie à fabriquer des sérums, Grand assure une sorte de secrétariat des formations sanitaires. Tarrou, fils d'un procureur, forme des équipes d'assistance préventive dans les quartiers surpeuplés et seconde les médecins dans les visites à domicile. Il assure le transport des malades et des morts. Il se concentre sur l'écriture d'un livre et tient une chronique de l'épidémie. Certains incendient leur maison par peur de l'épidémie. Un couvre-feu est instauré et les cérémonies mortuaires sont groupées et exécutées au plus vite. De nombreux fossoyeurs meurrent de la peste et les chômeurs sont sollicités.

Les gens s'habituent au desespoir. Ils sont épuisés. Seul Cottard semble à l'aise dans la terreur. Rambert renonce à quitter la ville et décide de lutter jusqu'au bout aux côtés de Rieux et de Tarrou. Le jeune fils du juge Othon tombe malade et sa famille est mise en quarantaine. Son agonie trouble Rieux et Paneloux  se réfugie dans la foi . Il meurt sans demander le soutien d'un médecin.

Au mois de janvier on enregistre un recul de la peste. Les statistiques tombent si bas que l'épidémie peut être considérée comme enrayée. Le soulagement est profond. Othon puis Tarrou meurrent pourtant et Cottard est arrêté par la police après une crise de démence. Juste avant l'ouverture des portes de la ville, Rieux apprend la mort de sa femme.

Le roman est rédigé dans un style neutre, sobre et objectif. On apprend dans les dernières pages que Rieux est le véritable narrateur de cette chronique tenue à la troisième personne . Il appelle à la vigilance.

 

Ce pourrait être une métaphore du nazisme comme cela a souvent été avancé en raison probablement de la date de parution de ce récit. Dans la première partie du récit personne mis à part Rieux ne semble vraiment convaincu ou décidé à  y croire. Ce récit est proche de la montée en puissance du nazisme au cours des années 30 en Europe. La deuxième partie qui décrit la fulgurante emprise de la peste sur Oran pourrait être comparée à l'invasion de la Pologne et de l'Europe par les nazis et à la surprise causée par l'ascension de l'Allemagne, au début de la mobilisation des pays de l'Ouest. Il y a en effet l'exclusion de la population, la privation de liberté, la spéculation, le marché noir et le transport des morts qui pourrait évoquer les trains de déportés et les fours des camps d'extermination. La quatrième partie décrit les tentatives de fuites d'Oran par Rambert, contraint de passer par les pseudos mafias locales pour tenter de s'enfuir tout en échappant à la vigilance des gardes. Cette partie pourrait faire allusion à l'enfer vécu par les prisonniers des ghettos assiégés et des camps de concentration. La fin de cette partie peut être comparée aux rudes batailles menées par le bloc de l'ouest.

 

Il ressort quoiqu'il en soit un certain humanisme de ce récit et une réelle combativité. A travers le personnage de Rieux et la banalité des autres personnages, Camus nous sensibilise à la souffrance morale, à l'amitié, à la solidarité, à la tendresse humaine, au courage face à l'épreuve de l'absurde épidémie. La Peste inaugure le cycle de la révolte et de la solidarité. L'action est utile mais consciente de ses limites. Le docteur Rieux est le symbole de l'homme révolté qui lutte et se sauve de l'absurde par des moyens purement humains.  Tarrou ne parvient pas à dépasser sa condition d'homme absurde. Il ne croit pas véritablement en l'homme et a renoncé à l'action collective. Il est dans sa position de victime et il privilégie l'intellectuation, l'abstraction et le langage au détriment de l'action ce qui le condamne à mourir à la fin du roman. Le père Paneloux cherche une réponse dans l'au delà. Sa mort montre l'échec de toute tentative de solution à l'absurde par des moyens qui dépassent l'homme. Cottard est le symbole de l'homme moyen , pas véritablement conscient de l'absurdité de l'existence, profiteur égoIste qui sera finalement jugé à la fin de l'oeuvre.

 

Editeur : Gallimard, 1947, 279 p.

 

Je participe au défi j'aime les classiques et au challenge Camus

Challenge CAMUS

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 11:56

L-ete-Camus.jpgRésumé de l'éditeur


Qu'il suive le fil d'Ariane sur les trace du Minotaure pour évoquer Oran et ses alentours, qu'il revisite le mythe de Prométhée à la lumière de la violence du monde moderne, ou qu'il rêve de la beauté d'Hélène et de la Grèce, Albert Camus nous entraîne tout autour de la Méditérranée et de ses légendes. Un court recueil de textes lyriques et passionnés pour voyager de l'Algérie à la Grèce en passant par la Provence.

 

En quelques mots


Albert Camus dépeint l'Algérie, Alger, Constantine mais plus particulièrement la ville d'Oran. Il rapproche sa description des mythes du minotaure et de Prométhée qu'il incarne. Cet essai lyrique a été publié pour la première fois en 1954 mais a été écrit à différents moments de sa vie, entre 1939 et 1953. C'est une invitation au voyage dans son Algérie natale.

D'Oran, il décrit la rue, vouée à la poussière, aux cailloux et à la chaleur, avec ses boutiques de mauvais goût, ses cireurs de chaussures, sa jeunesse inspirée des vedettes américaines empruntant les boulevards le soir, ses constructions, ses monuments, ses champs de cailloux et le désert qui entoure la ville, séduisante par la solitude qu'elle reflète. Il décrit aussi l'animation de la ville ; le ring et les combats attirent de nombreuses personnes, une foule hurlante et exaltée. Il évoque ses monuments ; la maison du colon et ses pierres multicolores, placée au milieu d'un carrefour, les deux lions de Caïen sur la place d'Armes et leur légende. Il décrit les grands travaux qui transforment la corniche oranaise, la montagne Santa Cruz et les plages d'Oran. Il note aussi les similitudes  avec des villes italiennes et espagnoles mais différencie Oran des grandes villes européennes. C'est une ville sans passé, "sans attendrissement". Les gens y sont beaux. Puis il raconte son retour après 15 ans d'absence, sur le site des ruines romaines de Tipasa, près d'Alger. Il y redécouvre un merveilleux paysage, une ambiance totalement méditérranéenne. Enfin, dans son journal de bord de sa traversée de l'Océan, il évoque la haute mer, qui aide à tenir debout et à mourir sans haine.

 

Dans ce récit, l'auteur alterne descriptions et philosophie et c'est à ce moment là que la lecture de ce livre , au demeurant très bien écrit, m'a paru un petit peu plus difficile.

 

Editeur : Gallimard, 1959, 130 p.

 

C'est un livre voyageur  

livre voyageur

 

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Challenge CAMUS

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 09:45

jane-austen-orgueil-et-prejuges-10-18_.jpgEn quelques mots

Le choix de ce livre m'a été suggéré par la Blogosphère. Je n'avais jamais lu Jane Austen auparavant. J'ai été interpellée par l'engouement qu'il suscite et je me suis littéralement plongée dans ce roman, à la découverte de l'univers si particulier de Jane Austen. Ce roman psychologique et sentimental a paru en 1813 et a connu un immense succès dès sa parution. Il a été adapté plusieurs fois au cinéma et à la télévision. Il décrit les aventures sentimentales des cinq filles Bennet, personnages d'un microcosme étriqué et dépeint les rigidités de la société anglaise de la fin du XVIII è siècle.

Résumé de l'intrigue

A Loungbourn, petit bourg du Hertordshire, Mrs Bennet est déterminée à marier ses cinq filles, Jane, Elisabeth, Mary, Catherine et Lydia pour les mettre à l'abri du besoin et assurer leur avenir. Des dispositions testamentaires prévoient en effet le legs des biens paternels à leur cousin mâle, Mr Collins, et le mariage devient pour elles la seule possibilité pour assurer leur sécurité économique et leur satut social. Mrs Bennet espère que le jeune et riche Mr Bingley, nouveau locataire du domaine voisin de Netherfield, épousera une de ses filles. Accompagné de ses deux soeurs, Caroline et Louisa, et d'un ami très proche, Mr Darcy, il fait leur connaissance au bal de Merytown. Elisabeth apprécie Mr. Bingley mais trouve Mr Darcy orgeuilleux, hautain et méprisant. Elle se montre presqu'impertinente lorsque qu'il cherche à se rapprocher d'elle, appréciant de plus en plus sa vivacité et son intelligence. Elle observe avec plaisir l'évolution des sentiments de Jane pour Bingley, et prête une oreille attentive au beau Wickham, jeune officier du régiment de Merytown, proche de la famille de Mr Darcy, envers lequel elle ressent une vive sympathie. Elle reçoit la visite de son cousin Mr Collins, qui cherche à se marier comme le lui a conseillé sa protectrice, Catherine de Bourgh et lui déclare ses intentions, avec l'assentiment de Mrs Bennet qui se réjouit déjà de leur alliance prochaine. Mais elle refuse ses avances. Au cours du bal organisé à Netherfield où il invite Elizabeth à danser, Darcy  convainc Charles Bingley de passer l'hiver à Londres et, avec l'aide de Caroline Bingley, qui souhaite que  son frère épouse Miss Darcy., il l'éloigne de Jane. Mr Collins, refusé par Elizabeth, demande la main de sa meilleure amie, Charlotte Lucas, l'épouse et l'emmène dans le Kent. Mr Wickham qui est sans fortune, se confie à Elisabeth et dénigre ouvertement Darcy . Il se tourne vers une jeune héritière, Miss King.  Les Gardiner, oncle et tante des filles Bennet,  passent Noël avec elles et emmènent Jane à Londres. Invitée à passer quelques semaines chez son amie Charlotte, Elizabeth  y rencontre Darcy et elle est invitée chez Lady Catherine de Bourgh, tante de Darcy. A sa plus grande surprise, Darcy la demande en mariage avec condescendance, en insistant sur l'infériorité de l'entourage d'Elisabeth. Elle le refuse lui reprochant d'être responsable de la distance qui s'est établie entre Jane et Bingley et d'avoir honteusement traité Wickam. Il entreprend de lui adresser une lettre pour expliquer son rôle dans l'idylle de Jane et Bingley et les motifs de son attitude à l'égard de Wickham, coureur de dot,  qui a déjà tenté de s'enfuir avec sa jeune soeur.

Mrs Gardiner la convainc de visiter le beau domaine de Pemberley, propriété de Darcy et elle entrevoit Mr Darcy sous un jour différent. Pendant ce temps, Lydia s'enfuit avec Wickham, imposant à sa famille humiliation et chagrin.  Avertie par une lettre de Jane, Elisabeth repart immédiatement. Elle apprend que Darcy est intervenu pour sauver Lydia et obliger Wickham à l'épouser, puis découvre qu'il a permis à Bingley de renouer avec Jane ; elle accepte alors ses sentiments pour lui, et finit par accueillir avec joie le renouvellement de sa demande en mariage.

 

Ce que j'en pense

Ce roman, drôle et romanesque, est très bien construit et contient de nombreux rebondissements. Le style est à la fois simple, précis et élégant. Le livre se lit vite et facilement ce qui est particulièrement plaisant. Les personnages sont finement caractérisés, avec humour et précision. L'auteur donne de nombreux repères psychologiques, géographiques et temporels qui permettent de camper ses personnages et d'inscrire l'intrigue dans un contexte très réaliste. C'est une très jolie découverte et je lirai probablement d'autres récits de l'auteur.

 

Editeur : Christian Bourgeois, 1979, 380 p. 

 

Cette lecture s'inscrit dans le Matilda's contest,  le challenge ABC 2010 et dans le défi j'aime les classiques

Matildacopie1

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ABC challenge 2010

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