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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 16:29

le caftan jaune-copie-1

Résumé de l'éditeur


Loubaba Adnan El Alaoui fait revivre pour nous Fès, lieu de son enfance. Elle nous emmène, à travers les ruelles de la médina tout près de l'incontournable mausolée de Moulay Idriss, pour retrouver derrière les lourdes portes des maisons fassies et des personnages aussi émouvants qu'attachant. Elle nous replonge dans un passé coloré, plein d'humour, d'intrigues, de jalousie, de joie et de souffrance ; passé lointain toujours vivant. Ses nouvelles teintées d'une pudique nostalgie sont servies par une prose savoureuse.

 

En quelques mots

 

Le caftan jaune est un recueil de dix sept courtes nouvelles, publié aux éditions Marsam, à Rabat en 2010. Un mot d'abord sur la splendide couverture de ce livre qui représente une femme au foulard jaune, réalisée selon une technique mixte sur toile par Raji Abdelhalim. Loubada Adnan El Aloui sait créer l'ambiance, c'est le moins que l'on puisse dire. Une ambiance feutrée, typiquement marocaine, où se mêlent traditions et superstitions, dans laquelle ses personnages évoluent, discrets, modestes, immatériels. L'action de ces nouvelles se situe à Moulay Idriss, ville sainte abritant le sanctuaire d'Idriss Ier, fondateur du Maroc et père d'Idriss II, fondateur de Fès.

 

L'auteur a étudié la littérature française. Elle est titulaire d'un doctorat de 3ème cycle à la Sorbonne. Le champ lexical  de ces nouvelles est totalement dépaysant. La ville est décrite par petites touches tout au long du recueil. Les fleurs sauvages, les figuiers, les haies d'épines côtoient les mulets, les moutons et les poules. La terre  rouge et la rocaille, le vent en rafale, les branches épineuses complètent ce tableau. L'auteur nous entraîne dans la médina et l'on suit les personnages au delà des remparts, dans les ruelles, le quartier des tisserands, celui des menuisiers , les échoppes, les boutiques, les étals de dattes, de figues et de noix, et les gargotes. Ici une fontaine et là un mausolée, un minaret. On découvre des impasses, des anciennes maisons avec leur porte voutée, leur patio, leur terrasse ou leur fenêtre en ferronnerie. A l'intérieur des maisons, pudiquement, sont posés un tabouret, une armoire, un seau en cuivre, une malle en bois cloutée, un miroir biseauté et des coussins, des tentures, des draperies, des tapis et des bougies. Les éffluves sont capiteuses. Le décor prend vit ; les personnages sont  vêtus selon les traditions marocaines :  claquettes de bois à lanière, djellabas, foulard à fleurs, voile, caftan et mansouria en mousseline, ceintures en passementerie, mantille, étole et fichu. Les repas, les mêts et les odeurs, tout nous plonge dans cette ambiance marocaine intimiste : un plateau pour le thé, une bouilloire, une touffe de menthe, du pain de sucre, une botte de cardons, une tagine d'agneau, du poulet aux olives, des tomates, des poivrons des pastillas aux pigeons, du citron confit, des épices, du cumin, du coriandre, de la cannelle, des cornes de gazelles, des gâteaux au beurre et aux amandes, des oranges, des gâteaux concassés au miel. Les odeurs sont envoutantes, il y a beaucoup de réalisme dans ces nouvelles, une évocation constante de couleurs et de senteurs : eau de fleur d'oranger, bois de santal, musc, essences de roses.

 

Le contenu des nouvelles est assez harmonieux, sensuel, intimiste. L'intrigue est généralement familiale ou sociale. Il est question de tromperie, de répudiation, d'esclavage, de relations mixtes, de soumission, de rites, de rituels, de traditions aussi, et de danse.  

La Baraka par exemple raconte la vengeance audacieuse d'une femme, écrasée de corvées domestiques, sur sa belle-mère acariâtre et son époux vieillissant. Mkeltoum assiste au réveil d'Haj, son mari, et lui rappelle la visite de sa tante. Alors qu'il se rend à son échoppe, elle se prépare. Dans le secret, elle attend Fettah qui la courtise depuis des mois. La venue de sa tante est un prétexte et le départ de sa belle-mère une aubaine. A son retour, son mari remarque sa joie qu'il attribue à la présence de sa tante. La bienséance l'empêche de vérifier sa présence et il l'invite à dormir avec elle pour l'assister si besoin. Au bout de trois jours d'amour, d'ivresse et de folie, son amant doit partir. L'issue de cet amour saura pourtant combler Haj...

Au delà du miroir raconte les hallucinations merveilleuses de Larbi, un homme seul, vivant à l'étage d'une grande maison, dans l'indifférence de ses colocataires, sans ami et sans distraction.

Dans La main de Fatma, l'ainée de Zouhra, répudiée, est recueillie avec sa petite soeur après l'incendie de son lit. L'abandon, le manque affectif, l'exclusion la font déraper.

Le Caftan jaune relate l'état de Ghita qui participe à une cérémonie de mariage en tenue marocaine jaune canari. La fête bat son plein, des femmes dansent et Ghita se souvient avoir assisté trente ans plus tôt à des hadrats données par des vieilles tantes ou amies de sa mère. Elle se remémore l'orchestre, les chanteuses, les danseuses qui , possédées par leur génie, entraient en transe, participant à un rituel venu de l'Afrique noire que les esclaves avaient emporté avec eux.

Dans La porte de l'enclos. Fatna vit seule dans sa vieille maison en pisé. Son fils Hmida lui rend visite. En pleine nuit, elle le retrouve gisant dans une mare de sang. Bouazza son ami semble être le seul à pouvoir soulager son chagrin. L'enquête sur l'assassinat n'apporte rien. Fatna connait la vérité et fait justice elle-même.

Intrigues de harem est une nouvelle inquiétante. Elle relate comment une petite fille par l'exemple de sa mère apprend  peu à peu ce que signifie le mot répudiation, ses circonstances, ses conséquences.

Oum Sidi est une belle nouvelle sur la vieillesse et la solitude. Oum Sidi souffre de rhumatisme et a du mal à se lever. Les seules visites qu'elle reçoit sont celles des Filles, enfants des épouses légitimes et autres esclaves qui comme elle ont eu des enfants avec Sidi, un grand notable de la ville. Elle reste couchée des journées entières. A la demande de son fils ainé qui l'a délaissée, un homme lui fait son marché. Dans son délire et dans sa solitude, elle invente un enfant qui accapare son temps.

Plus folklorique, Khlii raconte la mise à mort d'un chameau et le séchage des lanières de viande.

 

Ce recueil est une jolie découverte faite au salon du livre 2011. J'ai appris que ce livre était disponible chez certains libraires en France. Une page face book a été ouverte.

 

Editions Marsam, 2010, 102p.

 

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Moulay Idriss

Je participe au défi Afrika organisé par Choupynnette

defi Afrika Choupynette-copie-1

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 09:05

"La parole est tout.

Elle coupe, écorche.

Elle modèle, module.

Elle perturbe, rend fou.

Elle guérit ou tue net.

Elle amplifie, abaisse selon sa charge.

Elle excite ou calme les âmes."

 

Komo-Dibi, chantre malien du Komo (société d'initiation bambara)


le jeudi c'est citation-copie-1

Une idée originale de Chiffonnette

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 17:27

amkoullel-l-enfant-peulRésumé de l'éditeur

Voici un étonnant livre de Mémoires qui nous révèle la formation d'un des esprits les plus brillants et les plus profonds de l'Afrique noire. Amadou Hampâté Bâ raconte ici sa petite enfance et son adolescence, du temps où il portait le surnom d'Amkoullel, et où - dans le Mali du début de ce siècle - il s'initiait aux traditions ancestrales, fréquentait l'école française en même temps que la coranique, courait la savane alors que beaucoup partaient pour une guerre lointaine (la Première Guerre mondiale), découvrait le colonialisme et s'apprêtait à devenir l'un des derniers grands dépositaires d'une civilisation orale en pleine mutation.

A la fois roman d'aventures, tableau de moeurs et fresque historique, ce livre restitue dans une langue savoureuse et limpide toutes les richesses, les couleurs et la vie du grand récit oral africain. C'est aussi et surtout une belle leçon d'humour, de tolérance et d'humanité qu'y trouveront les passionnés de littérature, les chercheurs, ou tout simplement les amateurs d'aventures vécues.

 

En quelques mots


Amkoullel, l'enfant Peul est un roman autobiographique, le récit d'un parcours initiatique  écrit par Amadou Hampâté Bâ, ethnologue malien né aux alentours de 1900 à Bandiagara, descendant d'une famille peule noble et adopté par le second époux de sa mère à la mort de son père. Lui-même conteur, il fut un fervent défenseur de l’oralité africaine et de ses traditions et contribua à faire connaitre et comprendre les cultures traditionnelles africaines. Théodore Monod dira dans sa préface : "Ses souvenirs et sa démarche d'historien nous fait approcher la société Peule sous l'angle de l'honneur, du respect de la mère et de la pratique de la générosité." La mémoire de l'auteur est  prodigieuse et précise.  Il raconte dans ce livre son parcours, son éducation et ses pérégrinations dans l'ancien Soudan français, crée en 1891, de sa naissance vers 1900 jusqu'à son agrément comme écrivain temporaire à Ouagadougou. 

 

Ce roman est avant tout le récit d'une naissance au sein d'une famille, membre de plusieurs communautés,. Le héros s'inscrit dans une lignée et un contexte socio-politique bien particulier. Amadou Hampâté Bâ ne parle pas de lui-même à la première personne. Il s'introduit sous la forme d'un personnage à part entière dans cette lignée, confronté au sein de sa famille  et de la communauté, aux évenements  régionaux. Amadou est issu de lignées peules, ce peuple pasteur nomade venu de l'est au cours des grands courants migratoires, islamisé puis fondateur des grands empires du Sokoto au XVIIIè siècle et du Macina au début du XIX è siècle. Le peuple Toucouleur a combattu les Peuls du Macina en 1862. Pâté Poullo son grand-père maternel était dans l'armée Toucouleure, grand maître en initiation pastorale et chef spirituel de la Tribu. Converti à l'islam auprès d'El Hadj Omar, il se lia d'amitié avec le neveu de ce dernier qui fonda la ville de Bandiagara, Tidjani Tall. Il  guida l'oncle puis le neveu au cours de leurs explorations.

 

Les relations entre communautés, Peules et  Toucouleures  sont  exposées par l'auteur dont la situation familiale  est tout aussi complexe. Le père d'Amadou décédé alors qu'il avait 3 ans, était lui-même orphelin. Sa famille avait été décimée à Sofara. Afin de rétablir la paix, Tidjani avait imposé des mariages croisés entre les deux peuples. Anta N'Diobdi avait ainsi épousé Paté Poullo et enfanté Kadidja, la mère d'Amadou. Elle était la tante d'Hampâté, garçon boucher qui, enrichi par une donation, fut par la suite un intermédiaire sûr entre les éleveurs et les marchands de bétail. La situation modeste d'Hampâté ne l'empêchait pas de défendre certaines valeurs et d'adopter un comportement tout à l'honneur de ses origines et de sa famille. Il utilisait ses revenus pour racheter les captifs malheureux, en particulier les enfants comme Beydari, et pour améliorer leur sort. Hampaté épousa une de ses cousines, Baya qui fut rapidement divorcée par l'ami d'Hampâté pour avoir insulté sa belle-mère en public. Plus tard, il épousa Kadidja et adopta Baya une petite fille de 2 mois à qui il donna le nom de Nassouri. Kadidja mit au monde 3 enfants. Amadou fut le seul survivant. Kadidja divorça avant la mort de Pâté Poullo et d'Hampâté et se remaria avec Tidjani Amadou Ali Thiam, d'un clan Toucouleur rival du clan Tall, chef de la province de Louta. Elle devint sa troisième épouse. Tidjani Amadou Ali Thiam adopta Amadou surnommé Amkoullel peu avant la mort d'Anta N'Diobdi. C'est alors qu'une révolte éclata à Toïri. Tidjani , qui avait mis trop de zèle à défendre ses valeurs, fut arrêté, incarcéré et ses biens confisqués. Kadidja, aidé par les membres de sa famille se mit à enquêter pour connaître le sort de son mari.  Le rapport à sa belle-mère qui l'a chargée de cette mission est emblématique. Elle parvint à le voir en prison et y retourna chaque nuit jusqu'au procès qui dura 15 jours et aboutit à la condamnation pour trois ans d'enfermement à la prison de Bougouri. Installée à proximité, Kadidja lui rendit visite quotidiennement. Une remise gracieuse fut finalement introduite et Kadidja rentra à Bandiagara pour régler la succession de son frère décédé. Puis, enceinte,  elle retourna à Bougouri  en compagnie d'Amadou et de ses deux autres filles, sur la rive droite du Niger. Elle accoucha d'un petit garçon et fut rejointe par Tidjani dans son village de Kadidiabougou. Amadou découvrit alors son père adoptif les pieds enchaînés. Une fois libéré, Tidjani donna à son fils le nom de Cheik Mohammed el Ghaali et devint un guide religieux écouté. Sa réinsertion est natuellement acquise dans cette société qui lui fait confiance au retour de son enfermement.

 

Commence alors pour Amadou une étape décisive de sa vie et de son parcours initiatique. Ce roman est aussi descriptif d'un trajet éducatif, associatif  et spirituel. A 7 ans, Tidjani annonça  à Amadou la mort de sa petite enfance. Converti à l'islam, il reçut l'enseignement du Coran. Les références au grand chef Bambara Tiemokodian, protecteur de sa mère et ami de son père sont nombreuses et éclairent le lecteur sur les modes de transmission de la culture orale. Cet homme possédait toutes les connaissances de son temps, en histoire, sciences humaines, religieuses, symboliques et initiatiques, sciences de la nature (botanique, pharmacopée, minéralogie), mythes, contes, légendes et proverbes. C'était un merveilleux conteur. Il était aussi musicien, chanteur et danseur. Amadou  de son côté récoltait les traditions orales. Il poursuivait ses études dans une petite école coranique. Il était inséparable de son ami Daouda Maïga, avec lequel il chassait, pêchait, et "fourrageait dans les dépotoirs des blancs". Avec quelques amis il fonda sa première association et en devint le chef. C'était un lieu de rassemblement très codifié de la jeunesse. ILes rivalités et les alliances se créaient. Amadou négocia le jumelage de son association avec celle des jeunes filles. Ils se réunissaient pour bavarder, chanter ou danser au clair de lune. Ils regardaient s'affronter les lutteurs, ils entendaient des contes des épopées et des poèmes. "C'était une grande école orale traditionnelle où l'éducation populaire se dispensait au fil des jours." Il apprit à développer sa mémoire. Il s'occupait aussi des enfants de Bandiagara, ces gavroches spirituels, moqueurs, taquins mais braves et généreux.

 

Les marques d'affection au sein de la famille, bien que réelles, sont sobres et discrètes. La polygamie est présentée comme une valeur,  une marque de solidarité sociale et familiale. Mais dans ce cadre familial élargi, les unions sont aussi très facilement remises en cause. Les autres épouses de Tidjani imposèrent à Kadidja la répudiation. Tidjani, faible devant les siens ne put s'opposer à cette décision. Kadidja partit pour Mopti puis pour Bamako. Elle fut finalement rejointe par Tidjani, incapable de vivre sans elle, qui délaissa ses autres épouses. Amadou fut alors confié à sa famille paternelle sous le regard de son oncle maternel avec son grand frère Hammadoum. Cette situation les rapprocha beaucoup. Hammadoum fut circoncis. La cérémonie s'accompagna de nombreuses manifestations festives, opératoires et rituelles plusieurs jours durant et d'un enseignement sur les sciences de la nature et ses règles.

 

Amadou fut envoyé à l'école des blancs avec Madani sur ordre du commandant. Il apprit des textes en français. Mais sa mère aurait voulu le racheter pour ne pas faire de lui un infidèle. Il apprit par la méthode du "langage en action "à parler le français. Wangrin, son moniteur d'enseignement travaillait à recueillir le texte des contes.

Amadou perdit son frère et se rendit à l'école de Djenné pour y préparer le certificat d'études indigène. Avec ses camarades, il voyagea et s'arrêta à Mopti avant d'atteindre  Djénné. La description de la région est  instructive à de nombreux égards.

 

Extrait : "Ce n'est pas pour rien qu'on a surnommé Mopti "la Venise du Soudan" : toutes ses activités sont plus ou moins liées à la vie du fleuve et au rythme de ses crues. Les Bozos qui sont les plus anciens occupants du lieu, fabriquent à la main ces longues et merveilleuses pirogues que l'on voit fendre silencieusement les eaux et dont certaines sont capables de transporter des tonnes de marchandises. Peuple de pêcheurs et de chasseurs, ils sont les "maîtres de l'eau" traditionnels de toute la région. Dans cette zone de confluence des eaux noires et des eaux blanches, on rencontre des ethnies de diverses origines, des plus claires aux plus sombres. Après les Bozos, les plus anciennes sont les Songhaïs et les Peuls. Les Bambara et les Dogons n'y sont venus que plus tardivement. Toute la région de la Boucle du Niger constituait autrefois, dans sa partie ouest, un véritable réservoir des richesses du pays en matière d'agriculture, d'élevage, de pêche et de chasse, sans parler des traditions religieuses et culturelles. L'homme y vivait à l'aise et l'artisanat traditionnel y était particulièrement développé. Le Macina, où les Peuls vinrent se fixer jadis en raison de la richesse de ses pâturages, est situé au coeur de cette région dont Mopti est l'un des fleurons. "

 

Ce roman traite aussi de la solidarité africaine. Une famine effroyable en 1914 causa la mort de d'un tiers de la population dans le pays de la Boucle du Niger. A Sofara, Amadou fut confronté au spectacle horrible des charniers à ciel ouvert. L'administration, dépassée par l'ampleur de la catastrophe ne put rien faire pour aider les populations. A Bandiagara la situation était la même qu'à Sofara et la solidarité africaine permit de survivre dans certains quartiers.

 

Amadou Hampâté Bâ s'appesantit aussi sur le contexte de la Première Guerre mondiale et sur les différences de traitement entre les tirailleurs indigènes et les soldats français. Lors du déclenchement de la guerre en Europe, l'administration mobilisa les réservistes et fit appel aux volontaires, aux jeunes gens par classe. Elle procéda aux réquisitions de céréales et de bestiaux. Amadou apprit à détester les allemands. Il obtint son certificat d'études en fin d'année mais, pour ne pas être envoyé à l'internat de l'école professionnelle de Bamako, il fugua, en compagnie de M. Bodje et de son neveu. Le voyage tient une grande place dans ce roman. Après quelques journées de marche, ils arrivèrent à Say entre le Bani et le Niger, accueilli par les aboiements effroyables des chiens de sentinelle puis par le chef de la ville qui mit à leur disposition une escorte. Après dix jours de voyages, ils arrivèrent à Bégou, capitale des rois bambaras et toucouleurs. Ils embarquèrent sur la "Mage". A Koulikouro, ils prirent le train pour Bamako, qu'il appelle "la pirogue métallique de fer" puis rejoignirent Kati, "ville surpeuplée, bigarrée et trépidante".

 

Après une circoncision effectuée auprès de sa tante et dans la clandestinité, il s'occupa au sein de son association, faisant face aux obligations d'entraide dévolues aux jeunes gens et retourna à l'école primaire. Il devint vaguemestre, auxiliaire de l'armée à titre civil. Blaise Diague, seul député noir au parlement français fut chargé de promouvoir dans l'Ouest africain une vaste levée de troupes en 1918. En septembre 1918, Amadou fut affecté à la 2ème classe de l'école régionale de Bamako puis sommé d'accepter un poste d'écrivain temporaire à Ouagadougou.

 

Ce livre, publié après la disparition du romancier, est  vivant, passionnant, riche d'informations  diverses et pluridisciplinaires, mais aussi d'évenements et de rebondissements, plein d'humour et très bien écrit ce qui ajoute du plaisir à sa lecture. C'est le livre d'un conteur qui  dépayse,  fait  connaître la période de la colonisation et partage ses connaissances sur les coutumes et traditions  de communautés africaines, du peuple Peul en particulier. Dès le début du roman sont abordées les relations complexes entre toucouleurs et peuls. A travers le récit de sa famille, de son enfance, on découvre des personnalités fières, mues par le sens de l'orgueil et de l'honneur mais aussi de la solidarité et de la générosité. J'en ai beaucoup appris sur l'histoire de cette partie de l'Afrique, son organisation administrative, les tribus, les associations de jeunes, la polygamie, les rites, l'usage de la langue et notamment le multilinguisme des populations, le rôle de chacun, hommes, femmes,  enfants, oncles et tantes au sein de la famille, la religion. Les descriptions des paysages du Niger sont merveilleuses. Il transmet son savoir et sa passion pour la culture traditionnelle, même s'il revendique ici une véritable place d'écrivain. C'est un très bon moment de lecture. 

Editions Actes Sud, 1991, 535 p.

  Mopti sur le fleuve Niger                                                                Bandiagara Palais Toucouleurs

 

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defi Afrika Choupynette-copie-1Je participe au défi Afrika organisé par Choupynnette

 

 

 


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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 15:50

 

 

Japon-Evita

 

Cette carte que j'ai vue pour la première fois chez Chrys, est arrivée chez Agathe  qui  propose de  la faire voyager sur nos blogs, par solidarité. Si vous vous sentez inspirés, prévenez la. Bon après-midi                        

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 00:03

Assis sur un fagot, une pipe à la main,

Tristement accoudé contre une cheminée,

Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,

Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.

 

L'espoir qui me remet du jour au lendemain,

Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée,

Et me venant promettre une autre destinée,

Me fait monter plus haut qu'un empereur romain.

 

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,

Qu'en mon premier état, il me convient descendre,

Et passer mes ennuis à redire souvent :

 

Non, je ne trouve point beaucoup de différence

De prendre du tabac à vivre d'espérance,

Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent.

 

Marc-Antoine Girard de Saint Amant, (1594-1661), poète libertin Oeuvres "la Pipe"

 

Une idée originale de Celsmoon

La liste des participants est tenue par Bookworm

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 21:04

verdunRésumé de l'éditeur

"La guerre 1914-1918 a été gagnée à Verdun", disait le général de Castelnau. Quoiqu’il en soit, pendant 300 jours et 300 nuits, Verdun a tutoyé l’histoire de France, d’Allemagne et, au-delà, de l’Europe et du monde, une histoire faite de grandeur et d’abjection, de beauté et d’horreur, d’héroïsme et d’abnégation, mais aussi de boue, de sécheresse, de chaleur, de froid, de faim, de soif, d’odeurs insoutenables. Tout y a été démesuré : les méthodes employées, les moyens utilisés, tant humains que matériels, les bilans. Jamais jusque-là deux camps ennemis s’étaient combattus avec autant de pugnacité, de hargne, de volonté, de conviction, de peur, d’angoisse, sur si peu d’espace, aussi longtemps, dans de telles conditions, pour si peu de résultats, du moins en apparence. Les objectifs allemands étaient de réduire le saillant de Verdun et prendre la ville. Les Poilus, individuellement et collectivement, par leur héroïsme, conscient ou non, fruit de sacrifice, de volonté têtue, d’intelligence, d’imagination, d’adaptation, en ont fait le tremplin du sursaut de l’armée et, au-delà, de la France qui devait les conduire à la victoire. Les causes, la nature, l’expression de cette confrontation expliquent que, à l’heure actuelle dans les consciences allemandes et françaises, Verdun ait ce statut si particulier et soit resté "la bataille" de la Première Guerre mondiale.

 

En quelques mots

Un mot d'abord sur l'introduction de cette BD que j'ai trouvée remarquable. Au delà des conséquences humaines désastreuses de la bataille de Verdun, qualifiée d'"incroyable bataille boucherie", ce texte analyse en effet la rupture entre deux conceptions philosophiques et stratégiques de la guerre, et aborde la bataille sous l'angle des moyens militaires utilisés, fantassin, côté français, artillerie côté allemand. Le combattant qui refuse dans un premier temps de cesser le combat, se veut "héritier de la patrie et fils de la nation". Le sacrifice consenti par tous parvient à réunir les deux Frances qui ne se parlent plus depuis la Révolution. Nombreux sont ceux qui dénoncent la folie de cette bataille et de la guerre. Mais pour le Poilu, l'essentiel est la résistance, volonté populaire sur laquelle le Haut commandement s'est appuyé.

 

Les trois premières planches rappellent les circonstances du déclenchement de la guerre,  à partir  du 28 juin 1914, date de l'attentat, à Sarajevo contre l'archiduc François-Ferdinand et sa femme. Les auteurs décrivent les étapes de la mondialisation du conflit, l'évolution des formes de la guerre, de la stratégie employée par les différentes forces en présence et l'adaptation de l'équipement des combattants à cette stratégie, sur terre et sur mer. Ils dépeignent l'effort des français sous le commandement du Général Joffre, qui tente en vain de percer les lignes allemandes, en Champagne, en Artois, dans les Vosges. Dessins et cartes illustrent les évènements, les situations et les manoeuvres décrites. La guerre de mouvement devient une guerre de position.

Puis le récit se concentre sur l'histoire de la ville de Verdun, ses origines, connues à la fin du IIIème siècle, sa situation routière et géographique et les étapes de son entrée dans l'Histoire : traité de Verdun en 843, rayonnement politique, artistique intellectuel et militaire au centre d'un dispositif de surveillance des frontières sous les capétiens, sa situation dans le Royaume de France sous Henri II et jusqu'à la Révolution Française. La ville est investie par les Prussiens en 1792 puis en 1870 et se retrouve sur la frontière allemande après la cession de l'Alsace Moselle par le traité de Francfort en 1871. Verdun est devenue "l'avant-garde de la France". Dès le début des conflits, elle joue un rôle de premier ordre.

  Le 21 février 1916 correspond à la première offensive allemande à Verdun. Les auteurs racontent le déroulement de la bataille, les bombardements intenses et méthodiques des allemands, destinés à désorganiser les lignes françaises, le rôle de l'aviation allemande, les destructions massives. Les troupes d'assaut avancent sur les lignes de front et les services de santé sont débordés. L'avancée allemande semble inéxorable ; les allemands prennent le fort de Douaumont. Pétain est alors convoqué par le Général Joffre. Il préconise l'usage de l'artillerie et de l'aviation. Les pilotes entrent dans la légende. Mais les pertes françaises sont énormes et les soldats doivent aussi subir les poux, les puces et les rats. La détérioration du moral des troupes est telle que Joffre se rend à Souilly. Attaques et contre-attaques se succèdent, les obus à gaz toxiques tombent toutes les cinq secondes. Les allemands prennent le fort de Vaux. Les desertions, abandons de poste, réditions, mutineries se multiplient. certains soldats sont fusillés pour l'exemple. La dernière offensive allemande se solde par un échec ; les troupes françaises progressent au prix de pertes énormes et reprennent Vaux. Le 18 décembre 1916, la bataille de Verdun est finie. Le bilan humain est désastreux : 163.000 morts côté français, 143.000 côté allemand.

 

Ce texte destiné aux enfants à partir de 11 ans est fidèle aux évenements historiques. Les dessins sont assez traditionnels, pas d'effet particulier, pas de fioriture. Les auteurs utilisent un style sobre et efficace qui retranscrit les données de manière intelligible et synthétique. Ils abordent la guerre sous différents aspects de la stratégie militaire aux costumes, en passant par les moyens d'armement et la vie quotidienne du Poilu. Cet aspect aurait  toutefois pu être davantage exploré, il n'est que survolé. Je suis ravie de cet achat effectué au salon du livre qui je l'espère aidera mon garçon à intégrer cette partie du programme d'Histoire de son année de 3ème.

Albverdun1_14072009_163359.jpgEditions Reynald Seycher, 2008, 48 p.

 

challenge histoire-copie-1Je participe au challenge Histoire organisé par Jelydragon

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 16:04

L'empire de l'amour propre

 

"L'amour-propre est l'empire de soi-même et de toute chose pour soi ; il rend les hommes idolâtres d'eux-mêmes, et les rendraient les tyrans des autres, si la fortune leur en donnait les moyens...Rien n'est si impétueux que ses désirs ; rien de si caché que ses desseins, rien de si habile que ses conduites : ses souplesses ne se peuvent représenter, ses transformations passent celles des métamorphoses, et ses raffinement ceux de la chimie...Il est dans tous les états de la vie et dans toutes les conditions ; il vit partout et il vit de tout, il vit de rien ; il s'accomode des choses et de leur privation ; il passe même dans le parti des gens qui lui font la guerre, il entre dans leurs desseins, et ce qui est admirable, il se hait lui-même avec eux, il conjure sa perte, il travaille même à sa ruine ; enfin il ne se soucie que d'être, et pourvu qu'il soit, il veut bien être son ennemi. Il ne faut donc pas s'etonner s'il se joint des fois à la plus rude austérité, et s'il entre si hardiment en société avec elle pour se détruire, parceque, dans le même temps qu'il se ruine en un endroit, il se rétablit en un autre ; quand on pense qu'il quitte son plaisir, il ne fait que le suspendre ou le changer et qu'on croit en être défait, on le retrouve qui triomphe dans sa propre défaite...

L'amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs.

Quelque découverte que l'on ait faite dans le pays de l'amour propre, il y reste encore bien des terres inconnues.

L'amour-propre est plus habile que le plus habile homme du monde."

 

La Rochefoucauld (1613-1680), Maximes


  Les Maximes illustrent une thèse pessimiste sur l'Homme. La Rochefoucauld comme Pascal, considère les hommes "dans cet état déplorable de la nature corrompue par le péché." Il dénonce l'empire de l'amour-propre où il voit la source des passions les plus diverses, le ressort de presque toutes nos actions, même lorqu'elles semblent inspirées par quelque vertu désintéressée. (Lagarde et Michard XVIIè s)

le jeudi c'est citation

Une idée de Chiffonnette

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 11:59

En visitant le blog de Marion j'ai appris que le 21 mars était la journée mondiale de la poésie. 

 

 

Aussi, je vous livre ici un poème de Jacques Prévert, issu du recueil Arbres, publié chez Gallimard en 1976, illustré par les gravures de Georges Ribemont-Dessaignes . Je l'ai déniché au salon du livre et je le découvre avec vous. J'ai respecté les normes d'édition de ce poème qui ajoutent un mouvement scriptural à ce premier texte.

 

Arbresarbres jacques prevert

               chevaux sauvages et sages

à la crinière verte

au grand galop discret

                dans le vent vous piaffez

debout dans le soleil vous dormez

                                                 et rêvez

 

Et le dessinateur

                le chasseur de bonheur

         sans vous faire aucun mal

vous tire le portrait

                 et vous vous réveillez

                 et vous le laissez faire

                 et même vous l'aidez

modèles exemplaires

                 et désintéressés

 

entre l'arbre et l'écorce

                 une déesse de moelle

           et de chair et d'eau fraiche

                  et de sève de printemps

                                         et de rêve d'été

                   une reine souterraine

                   une dryade heureuse

                Chante sa chanson nue

 

logés à la même enseigne

                     de la vie et de la mort

 

vous et moi et ces arbres

                     et Ribemont-Dessaignes

aujourd'hui vivons encore

mais les dents de scie de la scierie

crient toujours

                                de plus en plus fort

La sciure sur l'herbe

                             aussi bien que le sang

fait tâche dans le décor

 

Mais

il n'y a pas que la terre qui tourne

                                            d'autres astres

                                            d'autres arbres

d'autres êtres peut-être

Et peut-être que sans le savoir

           Georges Ribemont-Dessaignes

dans ses dessins

                               est quelque part

leur interprète

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 00:08

passage des larmesRésumé de l'éditeur


Djibril a quitté Djibouti depuis de longues années. A Montréal, il est devenu un homme neuf : le pays de son enfance n’est plus pour lui qu’une terre étrangère, poussiéreuse, un terrain vague. Employé par une agence de renseignement, il doit pourtant y retourner pour une mission de quelques jours. Djibouti est devenu un enjeu géostratégique majeur : la France, les Etats-Unis, Dubaï, les islamistes se disputent ce morceau de basalte. Djibril n’a que faire de leurs querelles mais il se sent trahi par ce pays né, comme lui, un 17 juin 1977, jour de l’Indépendance. Les plaies s’ouvrent, les fantômes des siens viennent le hanter, son enquête piétine. Chaque jour, il se laisse entraîner sur les chemins dangereux de la mémoire. De sa prison cachée sur les îlots du Diable, au large de Djibouti, Djamal, le frère jumeau de Djibril, né quelques minutes après lui, a appris le retour de son aîné prodigue : il le suit en pensée où qu’il aille, l’interpelle, ne le laisse pas en paix. On ne revient pas impunément sur les traces de son passé.

 

En quelques mots


"Passage des larmes" est avant tout un roman d'espionnage. Le titre a été choisi en référence au détroit séparant la péninsule arabique et l'Afrique, reliant la Mer Rouge au golfe d'Aden dans l'Océan Indien : Bab el Mandeb, la porte des larmes, un emplacement stratégique important et l'un des couloirs de navigation les plus fréquentés au monde.

A 29 ans, Djibril vit  à Montréal. Il est de retour à Djibouti, le pays de son enfance, pour raisons professionnelles. Il prend des notes, des photos, il scrute le pays à l'endroit et à l'envers, il mène une enquête et vérifie la stabilité de la situation dans le pays. Il travaille pour une société d'intelligence économique installée à Denver dans le Colorado, spécialisée dans le repérage des sites. Djibouti, vitrine des Emirats Arabes Unis dans la Corne de l'Afrique, a séduit les stratèges américains et les hommes d'affaire du Golfe persique, par sa position et sa stabilité. La construction d'un pont y est programmée, enjambant la Mer Rouge et reliant le Yemen et Djibouti, l'Asie et l'Afrique. Le troisième complexe portuaire du pays sort des gravats du village de Doraleh. Les américains se sont installés dans un centre de commandement, deserté par l'armée française et protégé par les Marines pour repérer et défaire les groupes terroristes transnationaux. La région est tenue pour la plus grande poudrière du monde après l'Afghanistan et l'Irak.

Le livre se compose de carnets de voyage, dans lesquels Djibril inscrit les évenements, les renseignements qu'il obtient, ses rendez-vous et ses contacts.

Il complète cette intrigue de récits d'enfance autobiographiques. Djibril est né en Côte française des Somalies, le 26 juin 1977, la veille de l'Indépendance. Djamal est son frère jumeau, Assod son grand-père, qui lui parlait de ses ancêtres, de leurs croyances et de leur mode de vie, honorant la terre "sans chercher à la posséder". Djibril se souvient de sa mère qui lui préférait son frère jumeau et de son choix de suivre seul son chemin, de son ami David. Tout l'éloigne de son frère et son ami avait définitivement pris sa place. Il s'était très jeune intéressé aux médias. Il avait été projectionniste et avait trouvé dans le cinéma une véritable famille. il avait fait de solides études scientifiques. Il lui fallait "de puissants rails, des bases fixes, pour que la vie cesse d'être un flottement permanent." A Montréal, il avait étudié les sciences de l'information.  C'est à la Cité internationale de Paris qu'il avait rencontré sa femme Denise, une québécoise de père autrichien, émigré en pleine Révolution de velours. Elle lui avait parlé du philosophe juif Walter Benjamin. L'auteur raconte tout au long du roman le parcours d'exilé de cet homme jusqu'à son suicide en Espagne.

Le livre est assez complexe. Outre la passionnante intrigue d'espionnage, l'auteur nous fait partager l'expérience de Walter Benjamin fuyant l'oppression nazie et l'inscrit dans un contexte actuel. La lecture n'est pas toujours évidente car les références à la pensée de cet homme, assez peu connu en France, nécessitent pour être comprises  quelques recherches parallèles . Il nous fait entendre aussi la voix de son frère, islamiste emprisonné. il décrit le terrorisme au quotidien, les martyrs, les projectiles, les bombes humaines, malgré le déploiement des forces de sécurité internationales. Il parle en des termes extrêmement poétiques et sensibles de son ami David, de leur passion commune pour la plage et la mer, de leurs rituels d'écriture. Il se souvient de son père, de sa pauvreté, de la honte qu'il lui inspirait et avec laquelle il est obligé de composer. La voix de son frère, le poursuit et le hante. Il lui parle de Dieu, de son pays, de ses coutumes, de son évolution, de son rapport à la religion, aux croyances millénaires. Il le prend à parti, le juge et le menace. Les souvenirs  de Djibril l'envahissent, malgré les distances qu'il a mises et on perçoit  peu à peu une montée de l'insécurité globale de ce personnage plongé dans le contexte troublé de Djibouti. C'est un livre surprenant car il est construit de manière originale et complexe à la fois. L'écriture est belle. Le lyrisme de certains passages ne laisse pas indifférent. Il manque quelque chose toutefois au récit de ces voix et le rapport au frère ne se comprend que tardivement. Malgré tout, l'intrigue est palpitante et les repères tant géographiques que politiques sont extrêmement instructifs sur la situation actuelle de ce pays. Les citations encyclopédiques sont fréquentes.

 

290px-Red_Sea_topographic_map-fr.svg.png

Le Bab-el-Mandeb au Sud de la mer Rouge (source wikipédia)

 

Editions JC Lattes, 2009, 250 p.

defi Afrika Choupynette-copie-1Je participe au défi Afrika organisé par Choupynette

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 19:06

salon-du-livre-2011Je rentre à l'instant du salon du livre 2011. Je n'ai pas pu tout voir en une après-midi, tellement il y avait d'éditeurs et de livres présentés mais je me suis pas trop mal débrouillée quand même et surtout je ne suis pas rentrée bredouille. La file d'attente pour prendre les billets était plutôt conséquente. J'ai du attendre 20 mn environ avant de pouvoir entrer. Il y avait beaucoup de monde cet après-midi.

Après un rapide coup d'oeil aux premiers stands, je me suis attardée aux éditions Gallimard. J'ai trouvé un recueil de poèmes de Jacques Prévert, illustré de gravures de Georges Ribemont-Dessaignes, qui m'a tout de suite plu et que j'ai acheté.Je partagerai certains poèmes avec vous lors des dimanches poétiques. Le premier aperçu que j'ai pu avoir de ces textes me laisse rêveuse.

arbres-jacques-prevert.gif

En continuant mes prospections chez Gallimard, j'ai acheté un livre de Tolstoï Les cosaques et un livre de Dostoïevski : Les nuits blanches et Le sous-sol, deux histoires réunies dans le même recueil chez folio classique, avec lesquelles je commencerai mon challenge "Une année en Russie".

 

les-nuits-blanches-le-sous-sol.jpg

les-cosaques-tolstoi.jpg

 

 

Les traductions de ces deux ouvrages sont de Pierre Pascal et Boris de Schloezer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En poursuivant, je me suis arrétée aux éditions Reynald Secher. J'y ai trouvé une bande dessinée de Guy Lehideux et Jean-Claude Cassini : Verdun, 21 février 1916 - 18 décembre 1916. Je l'ai achetée pour mon fils qui est en 3ème cette année et qui a étudié la Première guerre mondiale en Histoire, mais je vous dirai ce que j'en ai pensé.

verdun.gif

Puis je suis passée par les stands de littérature étrangère, présentée par pays. J'ai acheté un livre tunisien de Wahiba Khiari : Nos silences, aux éditions elysad, qui a reçu le prix Senghor de la création littéraire en 2010. Ce prix du Premier Roman Francophone a été créé en 2006 à l’initiative de la « Plume Noire » présidée par Dominique Loubao en hommage au « poète-président » sénégalais Léopold Sedar Senghor et à son oeuvre. Son objectif est de distinguer et promouvoir des écrivains d’expression française débutants qui ont réussi à créer, en utilisant la langue qu’ils ont en partage, « des œuvres de Beauté », rythmées de leur vie propre, chargées d’humanité, expressives d’un langage neuf et d’harmonies originales.

nos-silences.jpg

J'ai également acheté deux livres marocains, un roman de Dounia Charaf : La maison de Mama Ghoula aux éditions Marsam et un recueil de nouvelles de Loubada Adnan El Alaoui : Le caftan jaune.

le-caftan-jaune-copie-1.jpg

 

la-maison-de-Mama-ghoula.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis je me suis attardée au stand de livres présentés par l'Institut Français, Etablissement public à caractère industriel et commercial, ex culture France, devenu l'agence du Ministère des Affaires Etrangères pour l'action culturelle extérieure de la France. J'y ai acheté le livre de Jean Divassa Nyama : Le roi de Libreville, aux éditions Mdzé, qui a reçu le grand prix littéraire de l'Afrique noire 2008. divers-008.JPG

Enfin, juste avant de quitter le salon, ereintée j'ai acheté le livre du russe Panteïmon Romanov : Des gens sans importance. c'est un recueil de nouvelles naturalistes, édité chez Ginkgo.

des-gens-sans-importance.jpg

Je n'ai pas perdu mon temps. J'ai fait le plein de livres qui viendront enrichir mes rubriques challenges et défis. j'ai hâte de les découvrir et je retournerai volontiers visiter le salon l'année prochaine.

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