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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:14

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Résumé de l'éditeur

«C'est un samedi, à six heures du matin, que je suis mort après trois jours de maladie.»

Mais est-ce vraiment la mort, ce singulier état de torpeur, cette chair frappée d'immobilité tandis que l'intelligence fonctionne toujours ? Olivier Bécaille semble bien en faire l'expérience : son corps ne lui obéit plus mais sa conscience continue de percevoir, quoique de façon assourdie, les faits et gestes de son entourage. Puis soudain, c'est la panique... Et si on l'enterrait vivant ?

Quatre nouvelles, tour à tour graves ou satiriques, révèlent un Zola inattendu. Pour notre plus grand plaisir...

 

En quelques mots

Olivier Bécaille meurt un samedi à six heures du matin. Il entend sa femme Marguerite déclarer sa mort, à demi conscient, paralysé. Cette idée de la mort l'avait longtemps hanté. Il était chétif et souvent malade. Mariés à Guérande alors que Marguerite était encore enfant et avait été donnée sans attendre pour débarrasser ses parents, ils s'étaient rendus à Paris par la suite. Olivier craignait aujourd'hui qu'elle soit perdue, ignorante de tout. Il raisonne et espère se réveiller bientôt. La voisine, Mme Gabin, alertée par ses pleurs, tente de la consoler. Il assiste , impuissant, à ses moindres actions. Le fils de Mme Gabin le croit mort également. Mme Gabin rappelle les formalités d'usage à Marguerite, appelle un voisin, Monsieur Simoneau qui accepte de se charger de tout, de passer à la mairie et de commander le convoi. L'angoisse d'Olivier monte alors et il espère que le médecin se rendra compte qu'il est en simple léthargie. Mais ce dernier se limite aux formalités d'usage et laisse Olivier dans un profond désarroi. M. Simoneau et Mme Gabin éloignent Marguerite et bientôt, il est placé dans la bière et emmené jusqu'à l'église, puis dans un lieu désert, sous des arbres. Il est descendu , des cordes frottent comme des archers contre les angles du cercueil. Il s'évanouit puis sort brusquement de sa syncope. Il crie mais il est enfermé, écrasé sous la terre. Il parvient à se dégager et à rouler dans la fosse voisine, nouvellement ouverte. Pour ne pas effrayer le gardien, il décide de rentrer seul chez lui mais sur la route, il s'évanouit et demeure trois semaines sans connaissance, recueilli par un vieux docteur. Lorsqu'enfin il retourne chez lui, Marguerite n'y est plus et ses noces sont prévues. Olivier ne vaut même plus la peine qu'on se souvienne de son nom.

 

Ce texte est magistral. La montée de l'angoisse d'Olivier en particulier est remarquablement décrite. On se met très aisément dans la peau d'Olivier ce qui est à la fois dérangeant et totalement palpitant. Le texte est admirablement écrit. Le style de Zola est incomparable. Naturaliste, il dépeint toute la mécanique psychologique à l'oeuvre. Le texte est raconté à la première personne ce qui ne laisse aucun doute au lecteur sur l'être du narrateur. L'histoire se passe à Paris rue Dauphine, dans un hôtel meublé.  Elle est racontée des années plus tard, laissant au narrateur le temps de l'encaisser. Par un déterminisme sans faille, le  héros est entrainé par "le fatalisme de sa chair". Il est de faible constitution  et de nature anxieuse, mélancolique et sombre. Il a conscience de son état, de ce qu'il est et il expérimente la mort qui lui a toujours fait peur.  Il est aussi jaloux de M. Simoneau que la nature a gâté davantage. Marguerite est encore une enfant, effarouchable et soumise, tendre et douce. On lui prête volontiers un avenir. La scène de la mise en bière est vue de l'intérieur. Tous les sens d'Olivier sont en éveil. Sans pouvoir agir il a une conscience aigüe de son environnement. Il fait un rêve prémonitoire et rassemble ses forces. Le texte contient de nombreux indicateurs de temps. Dans la dernière partie du texte, les ellipses permettent d'accélérer le rythme de la narration très ramassé jusqu'alors. J'ai beaucoup aimé ce récit que je vous recommande.

 

Nantas

Nantas est une nouvelle réaliste publiée en 1878 et composée de 5 chapitres.
Depuis son arrivée de Marseille, Nantas vit à Paris, rue de Lille. Fils de maçon, instruit jusqu'au bac puis négociant avant de s'occuper de son père impotent, il est sans situation malgré tous ses efforts, des mois de recherche et d'humiliation. A cours d'argent et sans ami pour le dépanner, il est gagné par l'amertume et envisage de se suicider. Il reçoit alors la visite d'une dame de quarante cinq ans, Mademoiselle Chuin qui lui propose  un marché, le mariage avec une jeune fille très belle et très riche. Cette alliance lui permettra d'arriver à la situation la plus haute et de réaliser ses ambitions. La jeune fille est enceinte d'un homme déjà marié. Il accepte d'épouser Mademoiselle Flavie, fille du baron Danvilliers. Mlle Chuin lui remet un billet de 500 francs comme avance des premiers frais. Peu de temps après, il est reçu par le baron qui ignore sa véritable identité et apprend que Mlle Flavie a hérité à la mort de sa mère d'une somme de 200.000 francs qu'elle ne devait toucher que le jour de son mariage. Cette dot, il l'a lui donne, sa fille ne pouvant épouser un homme moins riche qu'elle. Il rencontre alors Mlle Flavie, belle et orgueilleuse qui lui demande d'abandonner ses droits sur elle, de mener une vie totalement distincte, dans l'absolue liberté. Dix ans plus tard, Nantas a conquis une des plus hautes situations financières et industrielles. L'empereur lui offre même le portefeuille des finances.  Mais son amour pour Flavie le submerge. Elle est devenue au fil des années l'unique but de toutes ses pensées. Elle le rejette alors qu'il est au sommet de la gloire, ce qu'il ne supporte pas. Dans un accès de violence il prend son père à témoin de l'infidélité de sa femme. Elle avoue alors la vérité sur son mariage. Nantas recourt aux services de Mlle Chuin à qui il demande de le tenir informé des moindres actions de sa femme. Mlle Chuin choisit de servir à la fois le mari et l'amant qu'elle accepte de cacher dans la chambre de Flavie. Découvrant sa présence et privé de l'amour de sa femme, Nantas envisage de se tuer. Au moment où il va appuyer sur le canon, Flavie entre violemment dans la pièce et lui crie son amour.

 

L'innondation

Louis Roubieu est né près de Toulouse, à Saint-Jory. Il est le plus riche fermier de la commune, entouré de son frère cadet Pierre, de sa soeur Agathe, de son fils jacques, de sa femme Rose et de leurs trois filles, Aimée, Véronique et Marie. La première est mariée à Cyprien Bouisson, la seconde doit épouser Gaspard Rabuteau. Il ont une vie professionnelle et de famille très heureuse jusqu'au jour où la Garonne sort de son lit. Des vagues roulantes cassent les peupliers, engloutissent les cabanes et détèlent les charrettes.  L'eau monte avec une rapidité effrayante et ils se réfugient chez eux. Le sauvetage du bétail est impossible et leurs servantes meurent en tentant de sauver leurs économies. Ils montent sur le toit et envisagent de rejoindre l'église. Cyprien, sa femme et leurs enfants traversent les toits des maisons voisines mais l'une d'entre elle s'écroule et Cyprien disparait, coincé entre les poutres. Rejoint par le reste de la famille, il meurt dans une lente agonie. Le fleuve charrie les poutres et les toitures. Une épave aborde le toit et ils embarquent utilisant des perches en guise de rames. En rejoignant Aimée qui est isolée et perchée sur un autre toit, Jacques a la tête fracassée par le heurt d'une poutre. La nuit tombe. A bout de force Pierre se laisse mourir en se précipitant dans la Garonne. Gaspard entreprend de porter Véronique jusqu'à l'église. Tous disparaissent sauf Louis qui se souvient des jours heureux et prospères.

 

En juin 1875, de terribles crues de la Garonne dévastaient tout sur leur passage. Les eaux atteindront 9m 47 à Toulouse. Cette catastrophe a probablement inspiré Émile Zola. Cette nouvelle relate le combat inégal des hommes contre les forces de la nature, le destin tragique d'une famille de paysans brisée en une nuit apocalyptique.

 

inondations_p.jpg

 

Les coquillages de M. Chabre.

A son grand regret, M. Chabre n'a pas d'enfant. A quarante cinq ans, c'est un riche bourgeois, marié à Estelle, âgée de vingt deux ans.Son médecin lui recommande de manger des coquillages. Ils se rendent ensemble au Poulighen, près de saint Nazaire et couchent à Guérande. En se promenant, ils rencontrent Hector qui leur conseille de se rendre à Priac. Estelle s'y baigne et retrouve dans l'eau Hector de Plougastel. Sur place, M. Chabre se bourre de coquillage. Hector leur rend visite tous les jours et devient le grand ami de M. Chabre qui lui confie le motif de son voyage. Estelle retrouve Hector à la messe le dimanche puis va voir les bateaux de sardines. Ensemble ils vont pêcher les crevettes un jour de grande marée. Hector trouve Estelle charmante. M. Chabre, parisien et anxieux ne pense qu'à rentrer. Il gêne Hector qui se promet de faire une déclaration à Estelle. La prenant sur son dos lors d'un passage difficile, il attrape ses mains et les couvre de baisers. Puis, envoyant M. Chabre dans la mauvaise direction en pleine marée montante, il déclare son amour à Estelle. Il propose par la suite une nouvelle promenade. M. Chabre, peu assuré, préfère les abandonner aux premières difficultés de la marche et les suivre sur la crête de la falaise. Comme l'avait prévu Hector, ils ne peuvent échapper à la marée croissante et se trouvent tous les deux pris dans la Grotte à Madame, ayant pour deux heures à attendre. Hector prévient M. Chabre sur la crête puis prend la main d'Estelle...Neuf mois plus tard, à Paris, Estelle accouche d'un garçon, miracle que M. Chabre a tôt fait d'attribuer aux arapèdes.

 

Cette nouvelle courte et très facile à lire est extrêmement drôle. Les situations sont cocasses et les jeux de mots innombrables. La description de Guérande et de ses environs est tout à fait remarquable.

 

Editions Librio, 1994, 128 p.

 

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Published by Bénédicte - dans Littérature française
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commentaires

lecture 28/12/2016 15:12

merci au revoir

lecture 28/12/2016 14:39

il y a personne

lecture 28/12/2016 14:37

mais sinon j'adore vos résumé

lecture 28/12/2016 14:36

car je ne sais pas s'ils vivaient à Gérante ou à Pinac

boss 28/12/2016 14:52

tu sais lire ou pas

lecture 28/12/2016 14:35

merci beaucoup,ce résumé m'a beaucoup servi mais une question,
ou vivait Marguerite et son mari avant leur départ à Paris?
merci

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