Partager l'article ! La gloire de mon père - Marcel Pagnol: Résumé de l'éditeur Un petit Marseillais d'il y a un siècle : l'école primaire ; le co ...
Résumé de
l'éditeur
Un petit Marseillais d'il y a un siècle : l'école primaire ; le cocon familial ; les premières vacances dans les collines, à La Treille ; la première chasse avec son père... Lorsqu'il commence à rédiger ses Souvenirs d'enfance, au milieu des années cinquante, Marcel Pagnol est en train de s'éloigner du cinéma, et le théâtre ne lui sourit plus. La Gloire de mon père, dès sa parution, en 1957, est salué comme marquant l'avènement d'un grand prosateur. Joseph, le père instituteur, Augustine, la timide maman, l'oncle Jules, la tante Rose, le petit frère Paul, deviennent immédiatement aussi populaires que Marius, César ou Panisse. Et la scène de la chasse à la bartavelle se transforme immédiatement en dictée d'école primaire... Les souvenirs de Pagnol sont un peu ceux de tous les enfants du monde. Plus tard, paraît-il, Pagnol aurait voulu qu'ils deviennent un film. C'est Yves Robert qui, longtemps après la mort de l'écrivain, le réalisera. «Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers.»
En quelques mots
Publié en 1957, la gloire de mon père est un roman autobiographique restituant les souvenirs d'enfance de l'auteur, adapté au cinéma en 1990 par Yves Robert. Marcel Pagnol raconte sa naissance à Aubagne, sous la colline de Garlaban et les origines de sa famille.
Son père Joseph, d'origine espagnole, était le cinquième enfant d'un tailleur de pierre de Valréas près d'Orange, issu d'une famille d'armuriers devenus artificiers puis cartonniers. Il devint instituteur public, véritable missionnaire d'une morale inflexible, après avoir reçu un enseignement anti-clérical, républicain et anti-alcoolique. Installé à Aubagne, il épouse Augustine, une petite couturière. Marcel grandit à Saint Loup, dans la banlieue de Marseille, apprenant à lire précocemment, jusqu'à ce que son père soit nommé à la plus grande école communale de Marseille, celle du chemin des Chartreux. Avec sa tante Rose, il se promène au parc Borély et y rencontre Jules, chef de bureau à la Préfecture dont la voix rocailleuse roule le R du Roussillon et qui deviendra le mari de Rose. La famille Pagnol loue pour les vacances une bastide près d'un petit village, située entre les massifs de Tête Rouge et du Taoumé, dans un vallon verdoyant. Joseph la meuble chez le brocanteur et tous s'y rendent à pied derrière la charrette du père François. Avec Jules, Joseph s'initie à la chasse. Il est l'auteur d'un coup de fusil magistral qui lui vaut l'admiration de tous, à commencer par celle de son fils.
Extrait :
"- J'étais à bonne portée, et je crois bien que j'en ai touché une !
- Allons donc, répliqua l'oncle Jules avec mépris. Vous auriez pu peut être en toucher une, si vous les aviez laissé passer ! Mais vous avez eu la prétention de faire le "coup du roi" et en doublé ! Vous en avez déjà manqué une ce matin, sur des perdrix qui voulaient se suicider, et vous l'essayez encore sur des bartavelles, et des bartavelles qui venaient vers moi !
- j'avoue que je me suis un peu pressé, dit mon père d'une voix coupable... Mais pourtant...
- Pourtant dit l'oncle d'un ton tranchant, vous avez bel et bien manqué des perdrix royales, aussi grandes que des cerfs volants, avec un arrosoir qui couvriraient un drap de lit. Le plus triste c'est que cette occasion unique, nous ne la retrouverons jamais ! Et si vous m'aviez laissé faire, elles seraient dans notre carnier.
- Je le reconnais j'ai eu tort, dit mon père. Pourtant j'ai vu voler des plumes...
- Moi aussi ricana l'oncle Jules, j'ai vu voler de belles plumes, qui emportaient les bartavelles à soixante à l'heure, j'usqu'en haut de la barre, où elles doivent se foutre de nous !
Je m'étais approché, et je voyais le pauvre Joseph. Sous sa casquette de travers, il machonnait nerveusement une tige de romarin, et hochait une triste figure. Alors je bondis sur la pointe d'un cap de roches, qui s'avançaient au dessus du vallon et, le corps tendu comme un arc, je criai de toutes mes forces : " Il les a tuées ! Toutes les deux ! Il les a tuées ! " Et dans mes petits poings sanglants, d'où pendaient quatre ailes dorées, je haussai vers le ciel la gloire de mon père en face du soleil couchant".
Ce que j'en pense
Ce livre chantant est absolument merveilleux. Merveilleux de découvertes, celles des collines, de la garrigue, des jeux de la nature, des plantes, des insectes, des oiseaux, bartavelles, perdrix, bécasses, merles et autres grives. Marcel Pagnol raconte son enfance avec beaucoup d'humour, de tendresse et d'émotions. Il dépeint remarquablement les lieux et l'atmosphère méridionale. Il projette véritablement devant nos sens intérieurs ces paysages provençaux et le chant des cigales.
Editeur : Fallois, 2004, 220 p.
Je participe au challenge J'aime les classiques, au challenge ABC 2010 et au challenge Marcel Pagnol organisé par Couette.
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