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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 16:20

 

L'enfant Jésus de Prague

 

Il neige.
Le grand monde est mort sans doute. C’est décembre.
Mais qu’il fait bon, mon Dieu, dans la petite chambre !
La cheminée emplie de charbons rougeoyants
Colore le plafond d’un reflet somnolent,
Et l’on n’entend que l’eau qui bout à petit bruit.
Là-haut sur l’étagère, au-dessus des deux lits,
Sous son globe de verre, couronne en tête,
L’une des mains tenant le monde, l’autre prête
À couvrir ces petits qui se confient à elle,
Tout aimable dans sa grande robe solennelle
Et magnifique sous cet énorme chapeau jaune,
L’Enfant Jésus de Prague règne et trône.
Il est tout seul devant le foyer qui l’éclaire
Comme l’hostie cachée au fond du sanctuaire,
L’Enfant-Dieu jusqu’au jour garde ses petits frères.
Inentendue comme le souffle qui s’exhale,
L’existence éternelle emplit la chambre, égale
À toutes ces pauvres choses innocentes et naïves !
Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrive.
On peut dormir, Jésus, notre frère, est ici.
Il est à nous, et toutes ces bonnes choses aussi :
La poupée merveilleuse, et le cheval de bois,
Et le mouton sont là, dans ce coin tous les trois.
Et nous dormons, mais toutes ces bonnes choses sont à nous !
Les rideaux sont tirés... Là-bas, on ne sait où,
Dans la neige et la nuit sonne une espèce d’heure.
L’enfant dans son lit chaud comprend avec bonheur
Qu’il dort et que quelqu’un qui l’aime bien est là,
S’agite un peu, murmure vaguement, sort le bras,
Essaye de se réveiller et ne peut pas.

 

Paul Claudel 

 

 

Ce poème de Paul Claudel, écrit en 1910 alors qu'il était consul à Prague, est un poème de  de trente vers alexandrins à rime plate, expression de la foi et de l' attachement de l'auteur au christianisme catholique. Il fait partie de la série de quatre textes poétiques intitulés "Images saintes de Bohème", tous écrits au cours de son voyage diplomatique à Prague, de décembre 1909 à septembre 1911. L'installation de Paul Claudel à Prague fut difficile, il se sentait dépaysé bien qu'il fut accompagné de sa famille. Il retrouva l'artiste peintre Zdenka Braunerova, amie de Rodin, qu'il connaissait déjà. Zdenka Braunerová (1858-1934) était la fille de František A. Brauner, avocat et homme politique tchèque mort en 1880. Graveur et peintre, elle accueillit Paul Claudel à son arrivée à Prague et entretint avec lui des liens d’amitié durables. Elle devient son guide à travers la Bohême. Elle fut aussi la marraine de sa fille Reine, troisième enfant de Paul Claudel, née à Prague en février 1910, et l'illustrarrice de certains de ses livres. Les Reine sont fétées le 07 septembre. Paul Claudel était le gendre de l'architecte de Notre Dame de Fourvière à Lyon, Louis Sainte Marie Perrin, où est exposée la statue de la Vierge dorée réalisée par Duboys. Cette statue fut installée le 8 décembre 1852, début de la tradition des illuminations à Lyon. Cette dévotion à la Vierge est issue de celle, initiée par les échevins après la peste de 1643 qui sévit dans le sud de la France.C'est également à cette époque (8 décembre 1857) que fut inaugurée à Marseille la vierge dorée, dont les plans ont été dréssés par l'architecte Henri-Jacques Espérandieu. 

 

Extrait résumé de commentaire de Sergio Villani :

 

A Prague, Paul Claudel achèva L'Otage et l'Annonce faite à Marie.  Dans " Les Images Saintes de Bohême", il rend  hommage à la tradition religieuse de ce pays. Les trois premiers poèmes illustrent les grandes figures de son héritage religieux : Saint Wenceslas, roi et martyr, Sainte Ludmilla, reine et martyre, et Saint Jean Népomucène, martyr. Le quatrième poème, " L'Enfant-Jésus de Prague ", est le point de focalisation de cet ensemble poétique : le sacrifice des saints à qui Paul Claudel rend hommage dans les trois premiers poèmes devient une voie qui mène à Dieu, à l'Enfant-Jésus . L'Enfant Jésus de Prague attirait la vénération depuis des decennies. L'église de Notre Dame de la Victoire et le Couvent de l'Enfant Jesus de Prague étaient en 1913, le centre d'une communauté de laiques. Paul Claudel fit la connaissance de la ferveur de cette dévotion dès son arrivée à Prague.

 

 

C'est un texte à caractère personnel, intime. Claudel y évoque une scène de sa vie domestique à Prague : la petite chambre ,' des enfants avec deux lits, la cheminée et ses "charbons rougeoyants ", " I'eau qui bout à petit bruit et I'ombre au plafond, les jouets : la " poupée merveilleuse, le cheval de bois et le mouton, I'enfant qui dort paisiblement, les rideaux tirés et, sur l'étagère, la statuette de I'Enfant Jésus de Prague.

Claudel exprime le mystère de la nature double de l'enfant Jésus, sa divinité et son humanité. Il met I'accent sur la majesté de la représentation. L'Enfant, image de toute fragilité, symbolise paradoxalement le Tout-Puissant. Il n'est pas le roi martyre Wenceslas, mais  un roi qui domine la terre et protège ses habitants : L'une des mains tenant le monde, l'autre prête à couvrir ses petits qui se confient à elle. Il est petit mais paradoxalement grand : " aimable" "magnifique ", " dans sa grande robe solennelle ", "sous cet énorme chapeau jaune ". Il est Dieu qui protège contre le mal : Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrlve. Mais il est aussi un Enfant, "notre frère ',celui qui "garde ses petits frères ". L'étemel et le temporel se rencontrent, se fusent dans la figure de I'Enfant-Jésus : Claudel représente ici encore une fois le miracle et le mystère de I'incarnation, Dieu qui se fait homme, dans I'image de l'existence éternelle , qui .." emplit la chambre, comme un souffle invisible". L'existence éternelle , se matérialise et devient " égale / A toutes ces pauvres choses innocentes et naives, les simples possessions de cette famille à l'étranger.


Cette méditation sur le mystère de l'lncarnation est d'après Sergio Villani, professeur à l'Université d'York, tout à fait circonstancielle. La référence temporelle à la fin du premier vers, .. "c'est décembre" , est selon lui très révélatrice. C'est la saison liturgique de l'Avent. Les trente vers de ce poème représenteraient les jours de cette période d'attente.  Claudel, croyant fidèle, médite le mystère de l'lncarnation dans I'attente de Noël et la naissance de " I'Enfant-Dieu. La scène du foyer, de la " petite chambre , est encadrée d'une scène parallèle qui évoque le dehors et qui fait contraste à I'espace intérieur. Dehors il y a le froid et la nuit; à I'intérieur la chaleur et la douce lumière. Au début et à la fin du poème, il y a une référence à la nuit, à la neige qui tombe et surtout au silence : Il neige. Le grand monde est mort sans doute. C'est décembre. Dans la neige et la nuit sonne une espèce d'heure. Tout comme l'éternel et le temporel se rejoignent et se fusent dans I'image de I'Enfant-Jésus, ici I'extérieur et i'intérieur se rencontrent et se confondent dans ce silence profond de la nuit et de la " petite chambre ". Ce silence devient plus profond par les allusions faites à de petits bruits : I'eau qui bout "; I'enfant qui murmure vaguement "; " une espèce d'heure " qui sonne au lointain, étouffée par la neige qui tombe; la cadence imitative du bras de I'enfant qui tombe aussi et le vague murmure dans les dernières monosyllabes et labiales du poème :" et ne peut pas" ,. Ce silence d'ailleurs, est ponctué par les silences des coupes rythmiques du vers mais aussi par les silences faits par I'emploi des voyelles atoniques. Claudel évoque la nuit de Noël, une " Sainte Nuit ". En fait, cette "petite chambre " figure une Crèche de Noel. L'enfant se repose dans la paix du sommeil, sous la protection paternelle et divine...


Dans cet hymne qui est à la fois une prière et un acte de foi, Claudel célèbre le meilleur la chaleur humaine, de sa foi chrétienne...


Claudel emploie une versification traditionnelle : vers alexandrin, rime plate, - bien que cette rime soit parfois pauvre et comporte une alternance de rime masculine et féminine irrégulière. Le rythme ternaire établit un contretemps au va-et-vient binaire et contrastant de la pensée entre I'extérieur et l' intérieur, l'éternel et le temporel, la petitesse et la grandeur, I'enfant endormi et I'Enfant-Dieu, le froid et la chaleur la nuit et la lumière, le bruit et le silence, la veille et le sommeil, etc. ...puis il il se sert des ressources d'une versification qui est aussi traditionnelle et séculaire. Il témoigne de son adhésion d'une foi traditionnelle et catholique, universelle, en pratiquant une sorte de conversion, en I'exprimant à travers une nouvelle adhésion à la versification traditionnelle française...


Le titre de ce poème est repris par Claudel pour un texte en prose écrit vingt-huit ans plus tard, inspiré par le danger des invasions fulgurantes nazies. Le texte est une exhortation passionnée pour la défense des valeurs chrétiennes contre le paganisme germanique et moscovite."

 

Pour de plus amples informations sur l'oeuvre de Claudel et ce poème en particulier, lisez l'article de Sergio Villani, de l'Université d'York dont le commentaire ci-dessus est un extrait résumé. C'est ici

 

Pour en connaitre davantage sur l'histoire du Saint Enfant de Prague, statue offerte par Polyxène de Lobwitz au monastère des Carmes de Prague en 1628, c'est ici .

 

En quelques mots

 

D'après plusieurs sources,  cette statuette serait en réalité originaire d'Espagne. Elle aurait été sculptée par un moine  sur l'ordre de Jésus et aurait appartenu à sainte Thérèse d'Avila, contemporaine de Rodolphe II de Hasbourg (1552-1612), petit-fils de Charles Quint, fils de Maximilien II et  Marie d'Espagne, épris d’ésotérisme, protecteur des arts et des sciences, qui appuya la Contre Réforme, ce courant de réaction face au protestantisme, aspiration de renouveau du catholicisme en mouvement dès le XVème siècle.  Il céda à son frère Matthias la Hongrie puis la Bohême. Ferdinand II succéda à Matthias en 1617 et fut soutenu par  la Ligue catholique créee pour contrecarrer l'Union protestante. 

 

Thérèse d'Avila  avait pris pour nom de religion Tereza de Jesus. Elle aurait transmis cette statue à une amie, Maria Maximiliena Manrique de Lara y Mendoza (1531-1608), mariée au ministre des affaires étrangères de Perestano-Pernstejn Vratislao (1530-1582), baron de Pernstejn.  Les Manrique de Lara étaient ambassadeurs perpétuels de la couronne d'Espagne à Prague. Maria Maximiliana était pour sa part, dame d'honneur de Marie d'Espagne, épouse de Maximilien II.  La fille de Maria Maximiliena, Polyxène,  princesse de Lobkowicz, l'aurait rapportée à Prague.

 

L''Ordre du Carmel est un ordre religieux catholique. Le mont Carmel "le vignoble de Dieu "est une montagne côtière en Israël surplombant la mer Méditerranée. La ville de Haïfa se trouve en partie à flanc du mont Carmel. Selon la Bible, le prophète Elie, annonciateur du Messie, y résidait, d'où son autre nom de « mont St Élie » . C'est sur le mont Carmel, qu'affrontant les prêtres de Baal au nom du Dieu d'Israël, il accomplit les miracles destinés à prouver aux Israélites l'inanité de leurs croyances idolâtres. L'ordre du Carmel a été fondé sur le Mont Carmel au XIIè siecle par Saint Berthold, (mort en 1192) pélerin ou croisé, qui avec quelques autres s'est mis à vivre en ermite en terre Sainte sur le mont Carmel comme l'avait fait avant eux le prophète Elie. Cet ordre a été organisé vers 1209 par Saint Albert Avogadro, Albert de Jérusalem, patriarche latin de Jérusalem qui lui a donné une règle prescrivant la plus grande pauvreté, la solitude et le régime végétarien, comme il l'avait fait quelques années plus tôt pour l'ordre des Humiliés une association de travailleurs laïcs mariés, fondé en Lombardie en 1140, ayant choisi de pratiquer la pauvreté volontaire et de prêcher la pénitence, sans aucun vœu et obligation de vie commune. Albert de Jérusalem, né dans le diocèse de Parme vers le milieu du XIIème siècle, contemporain de Saint François d'Assise, très actif dans le domaine politique,  fut nommé légat pontifical en Terre Sainte avec la faculté de recueillir des subsides pour la Croisade. Il établit son siège à Saint-Jean d’Acre, il couronna roi de Jérusalem Jean de Brienne .. Ses membres sont appelés Carmes (pour les hommes) et Carmélites (pour les femmes). Les Carmes (« Chaussés » ou « Grands Carmes », et déchaux), portaient au Moyen Age une robe brune et une chape blanche avec des barres de couleur brune, d'où le nom de Barrés qu'on leur donnait aussi. Dans le contexte de la tourmente protestante et du Concile de Trente, (1545-1563), deux grandes figures marquent en Espagne la vie du Carmel : sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) et Saint Jean de la Croix (1542-1591) qui fonde les Carmes déchaussés en 1568. Ils renouvellent dans l'ordre le sens de la prière et de la pauvreté à travers l'humilité et une vie cachée. À la suite de la fondation du premier monastère de la réforme, le couvent Saint Joseph à Avila en 1562, seize communautés féminines et quinze communautés masculines nouvelles naissent en l'espace de vingt ans. Cette réforme s'étend rapidement à la France où existent, en plus des carmels non réformés (au nombre de six) déjà présents, soixante-quatorze carmels féminins et soixante-sept couvents de Carmes à la fin du XVIIème siècle.

 

La présence des Carmes Dechaussés à Prague est liée à la participation à la bataille de la Montagne blanche (8 novembre 1620) du Carme Déchaussé Dominique de Jésus-Marie (1559-1630). Le couvent des Carmes fut bâti le 16 septembre 1624. L'église Sainte Marie de la Victoire fut donnée par Ferdinand II et le conseil municipal de Prague aux Pères Carmes qui s'étaient installés dans la ville à partir du 22 septembre 1624. Au XVIIè siècle en effet, les guerres de religion faisaient rage en Europe et en 1617, la Bohême calviniste avec le roi Frédéric, menaçait l’Autriche catholique dans sa foi par sa domination. L’empereur Ferdinand II de Habsbourg, devant ce danger, sollicita alors du Pape Paul V, le secours de prières publiques. Les pères carmes répondirent à cet appel, obtenant une brillante victoire à l’armée catholique d’Autriche, la bataille de la Montagne Blanche. En gage de reconnaissance, l’empereur Ferdinand II établit plusieurs monastères de carmes en Bohême, dont l’un à Prague, en 1624, avec une chapelle dédiée à Notre-Dame des Victoires. Le monarque pourvoyait également avec générosité aux besoins de cette communauté, mais après son départ, les religieux connurent un cruel dénuement. Les chroniques du couvent de Prague relatent que la situation économique de la communauté était difficile après le départ de la Cour impériale vers Vienne en 1628 et que le prieur allemand Jean Ludovic de l'Assomption donna mission au père Cyprien de Sainte Marie d'obtenir une statuette pour l'instruction de nouveaux religieux. Elle fut donnée par Polyxène de Lobwitz (1567-1642) en 1628, femme de  William Rosenberg, l'homme le plus riche du pays puis du chancelier Zdenek Vojtech de Lobkowicz. Elle même tenait cette statuette de sa mère qui la lui avait offerte pour son mariage.  Les époux étaient tous les deux partisans du régime des Hasbourg.


Ma grand mère, Marguerite, possédait une petite statue blanche (d'une trentaine de cm d'après les souvenirs de ma mère) de l'Enfant Jésus de Prague, support d'une dévotion envers l'enfance de Jésus dans le catholicisme. En France, en effet, l'Enfant Jésus de Prague trouva un terrain qui était préparé par le mouvement commencé par Sainte Marguerite de saint sacrement, morte à Beaune en 1646. Jeune novice, elle avait orienté sa piété vers l'enfant Jésus.  Elle eut notamment la révélation de la naissance de Louis XIV et  reçu en 1643 des mains du Baron Gaston de Renty, une statue du "Petit roi de gloire", en bois sculpté, habillé lui aussi de vêtements somptueux. Un mouvement national de pélérinage se manifesta en direction de l'Enfant Jésus de Beaune, à peu près contemporain de l'Enfant Jésus de Prague. Plus d'informations ici .  

 

Par ailleurs, toujours autour de cette dévotion, le bienheureux Nicolas Barré fut le fondateur de la fondation des soeurs de l'enfant Jésus en 1686 et  des Maîtresses Charitables du Saint-Enfant Jésus, dites aussi Dames de Saint Maur qui s'est installée au Japon en 1903, par l'intermédiaire de Jean-Pierre Rey, missionnaire et futurarchevêque de Tokyo. Celui-ci avait été affecté à l'orphelinat de Tokyo depuis 1882 puis de Sekiguchi. La congrégation est active depuis peu en République Tchèque.

 

Wikipédia donne de la statuette de Prague la description suivante : Elle " mesure environ 48 centimètre de hauteur et est faite de cire. Elle représente l'Enfant Jésus levant la main droite en signe de bénédiction tandis qu'il soutient le globe terrestre de sa main gauche. La statuette est également coiffée d'une couronne. Le globe et la couronne, symboles royaux, manifestent la toute-puissance de Jésus qui est également le fondateur et le protecteur du Royaume de Dieu. La statuette est revêtue de tenues brodées qui lui sont offertes par des fidèles en signe d' action de grâce, c'est-à-dire pour remercier l'Enfant-Jésus d'avoir exaucé leurs demandes."

 

Le pape Benoit XVI au cours de son voyage apostolique en république tchèque s'est rendu à l' Eglise Sainte Marie de la Victoire de Prague (Mala strana) où est conservée la statuette le 26 septembre 2009 et a tenu devant le maire Pavel Bem, psychiatre, un discours sur l'image de l'enfant Jésus, sur les familles en difficulté, "éprouvées par la maladie et par la souffrance, pour celles qui traversent une crise, qui sont séparées ou meurtries par la mésentente et l’infidélité." Nous les confions toutes au Saint Enfant-Jésus de Prague, sachant combien est importante leur stabilité et leur bonne entente pour le vrai progrès de la société et pour l’avenir de l’humanité...Chaque être humain est fils de Dieu et donc, chacun de nos frères est, comme tel, à accueillir et à respecter...Cela vaut par-dessus tout pour les enfants...Vous qui êtes les préférés –du cœur- de l’Enfant-Jésus, sachez rendre son amour, et, en suivant son exemple, soyez obéissants, délicats et affectueux. Apprenez à être, comme Lui, le réconfort de vos parents. Soyez de vrais amis de Jésus et recourrez toujours à Lui dans la confiance."

 

Le discours du pape Benoit XVI

 

Il existe aussi une église baroque, sainte Marie de la Victoire à Rome, chef d'oeuvre baroque, dédiée à la Vierge Marie et en mémoire de Ferdinand II d'Habsbourg qui  remporta la victoire contre les protestants de Prague en 1620. Elle a été reconstruite au XVIIème siècle pour célébrer la victoire des catholiques contre les protestants à Prague en 1620. Elle est connue pour sa statue du Bernin, l'Extase de Sainte Thérèse, (réalisée entre 1644 et 1652) pour le cardinal vénitien Federico Cornaro.

 

Sur l'histoire des relations franco tchèques, lisez l'article publié sur les site de l'ambassade de France en république Tchèque  et de l'ambassade de la République tchèque à Paris.

 

On y apprend notamment que celles-ci remontent au XIIIème siècle. Les relations officielles ont été établies en 1897, date de la création du Consulat français à Prague, au Numero 8 du quai Masaryk, qui s'appelait à l'époque quai Riegler, alors que les pays tchèques appartenaient encore à l’Empire austro-hongrois.

 

Un colloque intitulé Dissonances et accord-Paul Claudel et la Bohême, s'est tenu à Paris du 18 au 21 juin 2010. Il était présidé par Antoine Marès, Professeur des Universités, Directeur du Centre d’Histoire de l’Europe centrale contemporaine et de l’Institut Pierre Renouvin, membre de l' Unité Mixte de recherche  IRICE, identités, relations internationales et civilisations de l'Europe, qui a fait paraitre le 01 septembre 2009 un ouvrage intitulé "La Tchécoslovaquie sismographie de l'Europe au XXème siècle. L'IRICE est un laboratoire de recherches en histoire des relations internationales contemporaines et des mondes étrangers, regroupant les Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris 4 Paris Sorbonne et le CNRS.

 

A l'occasion de ce colloque, l'Ambassadeur Pavel Fisher, a rappelé le contexte de création du consulat de Prague   et de la nomination de paul Claudel : Paris était reconnaissant à la partie tchèque de sa sympathie après le désastre de Sedan en 1870. Sur cette bataille et sur la place de Sedan en particulier, c'est  . "On voyait alors des analogies entre la Bohème et l'Alsace Lorraine, tandis qu'une communauté de sentiments anti-allemands, s'ajoutaient l'Alliance Franco russe et un attrait certain pour les peuples slaves. "Veuillez lire à ce sujet le Bulletin n° 32 de l'Institut Pierre Renouvin  et en particulier l'article d'Antoine Marès, du 09 décembre 2010.

 

"Le combat était aussi culturel, comme l'illustre la création des Alliances Françaises. La maison mère avait été crée en 1884. Sa première implantation à l'étranger fut Prague en 1886, arme culturelle anti-germanique. Claudel a inauguré celle de Pilsen en 1910. Il s'agissait donc pour le Consul d'entretenir des relations amicales mais discrètes avec les chefs du parti tchèque, (les rencontres de Claudel avec Karel Kramar ou avec Josef Steiner, Président du Sokol seront régulières mais sans chaleur particulière) sans nuire aux relations correctes avec les fonctionnaires impériaux, tout en gardant une neutralité polie envers les Allemands. Il convenait également d’afficher une déférence rassurante avec l'Ambassade de Vienne, peu encline à comprendre les spécificités pragoises. ...La Bohême est pour Claudel ...un poste d'initiation aux questions européennes et à certains aspects de la confrontation des nationalités. Dans ce contexte, ses débuts à Prague ne sont guère encourageants. Son Ambassadeur à Vienne,...aurait préféré un autre candidat à ce poste difficile en cette période de tension internationale et de passions exacerbées entre germanophones et tchécophones...

 

Claudel va s'appliquer, au cours de ces deux années, à renforcer les liens entre les Pays de la couronne de Saint Venceslas et la France, en expliquant à Paris les spécificités de la Bohème, ...de la diète de Bohème dont la minorité allemande parvenait souvent à bloquer le fonctionnement, il donne un éclairage particulier sur le renouveau d'un mouvement néo-slave des peuples de la double monarchie et le resserrement des liens avec la Russie, non sans conséquences pour l'Alliance franco-russe. Il accorde une attention particulière aux affaires économiques, relatant ses visites aux usines de Pilsen, ou enquêtant minutieusement sur les appels d'offres pour l'adjudication des conduites d'eau praguoises pour une usine de Pont à Mousson. ..

 

Ses amitiés personnelles - Zdenka Braunerova, la plus française des peintres tchèques et l’illustratrice de bon nombre de ses textes, mais également le climat de sympathie collective à l’égard de la France qui existait en Bohême dans ces années 1910, l'ont profondément marqué Quelques semaines après sa prise de poste, la sympathie des Tchèques pour les victimes des inondations parisiennes de janvier 1910, ont permis au diplomate et à l’écrivain de mieux saisir l’importance de l’attachement des Tchèques à la France..."

 

Le discours intégral est consultable sur le site de l'ambassade dont les coordonnées figurent ci-dessus.

 

 

 

mise à jour le 18 novembre 2011

Dernière mise à jour le 02 décembre 2011




 
 

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Published by Bénédicte - dans poésie
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commentaires

La plume et la page 08/11/2011 13:26


Je pense que je vais te piquer ce texte pour un futur dimanche poétique. Très beau!


Bénédicte 08/11/2011 14:23



Il ne m'appartient pas mais il est évocateur. Je viendrais voir ton article Bonne journée



Alex-Mot-à-Mots 18/10/2011 14:44


Un très beau commentaire sur cette poésie.


Bénédicte 08/11/2011 17:26



Bonjour Alex,


ce texte est essentiel comte tenu des fonctions de l'auteur à l'époque.  Segio Villani, auteur du commentaire littéraire sur ce texte dont est professeur à l'Université d'York, au
département de littérature française.


http://www.yorku.ca/laps/fr/


Cette dévotion était animée par le pape lors de son voyage à Prague en septembre 2009


Le colloque intitulé Dissonances et accord - Paul Claudel et la Bohême" s'est tenu au centre tchèque à Paris du 18 au 21 juin 2010


Le site de l'église orthodoxe d'Europe présentait la visite du patriarche roumain à Prague le 11 octobre 2011


http://europe.orthodoxe.over-blog.com/article-la-visite-en-republique-tcheque-du-patriarche-roumain-86388898.html



sophie57 16/10/2011 12:39


bonjour Bénédicte, de Claudel je n'ai lu que "Le" soulier de satin", et je n'avais pas aimé! mais ce poème est très beau.


Bénédicte 08/11/2011 14:34



il a son importance culturelle et continue d'être cité par le pape qui y a fait référence dans son discours, c'est un texte touchant, d'une grande qualité littéraire



denis 15/10/2011 22:03


merci Bénédicte pour ces précieuses précisions
quelle carrière autour du monde! et qui a pu nourrir son oeuvre


Bénédicte 25/10/2011 11:06



J'ajoute que c'est le comte Robert de Billy, ambassadeur proche de Marcel Proust qui lui a succédé au Japon de 1927 à 1929. Le comte de Billy avait épousé Jeanne Mirabaud en l'église réformée de
l'Étoile. Elle était la fille d'un gouverneur de la Banque de France. A bientôt



denis 15/10/2011 20:03


je suis athée mais j'ai toujours aimé le théâtre de Claudel
je connais peu sa poésie
et de fait il fut diplomatique et j'avais oublié Pragues car on parle plus de sa découverte de l'orient


Bénédicte 15/10/2011 21:56



Bonsoir denis, je suis ravie de te lire. Paul Claudel n'a effectué qu'un court séjour en Bohême. Il y a commencé sa mission diplomatique en Europe (il quitte Prague pour son nouveau poste à
Francfort-sur-Main en septembre 1911) Mais il semble que ce séjour ait influencé considérablement sa vie et son œuvre. Au moment de son arrivée à Prague, deux amis très proches l'ont accueilli :
le critique littéraire et essayiste Miloš Marten et la femme-peintre Zdenka Braunerova. Marten a fait découvrir Claudel aux lecteurs tchèques grâce à ses traductions. Profondemment catholique,
Paul Claudel refusait l’idée de la division de l’empire austro-hongrois et  s’opposait au protestantisme et au socialisme. Il éprouvait peu de sympathie pour les hommes politiques tchèques
et n'a pas approfondi les relations franco-tchèques pendant son séjour en Bohême. Le site suivant apporte de nombreuses informations sur son oeuvre et sa carrière diplomatique. :
http://www.paul-claudel.net/oeuvre/tchequie. On y apprend notamment que lauréat du concours  d'admission aux carrières diplomatique et consulaire,en 1890, il fut nommé vice-consul à New
York, il exerça ensuite la gérance du consulat de Boston, avant de commencer un long séjour de 15 ans en Chine. Il fut consul suppléant à Shangaï, en 1895, puis gérant des consulats d'Hankeou et
de Fou-tcheou avant d'être nommé consul à Fou-tcheou en 1898: il y demeurera jusqu'en 1905. Il fut nommé ministre plénipotentiaire au Brésil en 1917. Il avait auparavant rempli en Italie en 1916
une mission d'attaché commercial. Il a également au Danemark (août-septembre 1919). Puis il devient ambassadeur au Japon, entre 1921 et 1927, aux Etats Unis, de 1927 à 1933, pour finir sa
carrière en Belgique de 1933 à 1935



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